September 28, 2018 / 1:52 PM / 2 months ago

A Lille, Martine Aubry sur le chemin des municipales

LILLE (Reuters) - Comme dans d’autres grandes villes de France, la préparation des élections municipales de 2020 est déjà lancée à Lille, où les regards se tournent vers la maire sortante, Martine Aubry, prête à revenir sur son souhait naguère exprimé de passer la main.

Comme dans d'autres grandes villes de France, la préparation des élections municipales de 2020 est déjà lancée à Lille, où les regards se tournent vers la maire sortante, Martine Aubry, prête à revenir sur son souhait naguère exprimé de passer la main. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé

Celle qui fut numéro deux du gouvernement de Lionel Jospin de 1997 à 2000 avait annoncé en 2014 que son troisième mandat sous le beffroi lillois serait le dernier. Elle explique aujourd’hui que le contexte a changé.

“J’avais effectivement dit ‘pas plus de trois mandats sauf situation exceptionnelle’. Nous étions loin de penser que les partis traditionnels allaient vivre une telle déroute” en 2017, a expliqué vendredi Martine Aubry, 68 ans, en préambule à sa conférence de presse de rentrée.

“On est dans un autre contexte et moi je réfléchis dans ce contexte-là, le fait qu’Emmanuel Macron fasse une politique aussi libérale”, a-t-elle ajouté. “Je ne veux pas que Lille devienne comme la France.”

    Tout en maintenant le suspense sur ses intentions réelles, l’ancienne patronne du PS à la carrière riche et au caractère entier a fait un pas supplémentaire vers une candidature en créant cet été un groupe de réflexion baptisé “Lille 2030”.

Officiellement, “l’amour de sa ville” est l’unique moteur de “Madame la maire”, qui explique : “Vous savez que je suis de l’ancien monde, je préfère les idées aux ambitions personnelles. J’ai commencé, il y a plusieurs mois maintenant, à travailler avec des gens très différents sur l’avenir de Lille.”

Le contexte politique régional et national a profondément changé depuis 2014 pour le PS et les potentiels successeurs de Martine Aubry, qui ont mordu la poussière lors des dernières législatives. Battus, Audrey Linkenheld et l’ancien ministre François Lamy ont ainsi compromis leurs chances pour la mairie.

Pour Thierry Pauchet, chef de l’opposition de droite au conseil municipal, une candidature de Martine Aubry serait “un peu une candidature par défaut”.

“Je pense qu’elle était sincère quand elle disait ne pas vouloir faire un quatrième mandat”, a-t-il dit à Reuters.

Candidat déclaré, l’ex-UDI aujourd’hui non encarté a peu de doutes quant à la candidature de la maire sortante. “Martine Aubry sera la favorite. C’est une icône, c’est une personnalité, elle a une certaine popularité en ville”, prédit-il même.

DIVISIONS À DROITE ET AU RASSEMBLEMENT NATIONAL

    Face à elle, l’opposition de droite n’est pas encore en ordre de bataille. Les Républicains envisagent une future candidature face à Thierry Pauchet même si une partie de ses membres le soutient.

    Le score élevé d’Emmanuel Macron dans la région aux élections du printemps 2017 a attisé d’autres ambitions.

Christophe Itier, responsable de la campagne présidentielle dans le Nord, devenu haut-commissaire à l’Economie sociale et solidaire, sillonne ainsi le terrain lillois depuis des mois et vient de lancer “Lille C”, collectif destiné à “sonder les attentes des Lillois”.

Autre candidate potentielle : la député LaRem de la 9e circonscription du Nord, Valérie Petit.

    La multiplication des ambitions nourrit l’idée d’une possible alliance des formations de droite et du centre.

“Si on veut l’emporter, il faudra un grand rassemblement, nous ne sommes politiquement pas éloignés de La République en marche, nous sommes de centre-droit et nous avons commencé à discuter. Mais nous, on n’attend pas les européennes, on fonce”, explique Thierry Pauchet.

La France insoumise, riche de deux députés à Lille, espère pour sa part confirmer le bon score, proche de 30%, de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l’élection présidentielle.

Le député LFI, Adrien Quatennens, veut placer Marine Aubry devant ses contradictions. “En 2014, elle a dit ‘je ne serai pas candidate’, si elle l’est ce sera une faiblesse avouée”, juge l’élu, pour qui “l’enjeu municipal n’est pas seulement local”.

“Ce sera une campagne politique qui viendra après les européennes (de mai 2019). Si le PS nous soutient aux européennes, on pourrait ouvrir un dialogue au niveau local”, a-t-il dit à Reuters.

    L’extrême-droite, qualifiée pour le second tour en 2014, pourrait quant à elle partir divisée.

Candidat il y a quatre ans, Eric Dillies vient d’annoncer coup sur coup son départ du groupe Rassemblement national (RN) au conseil régional, sa démission prochaine du parti et sa candidature aux municipales, pour lesquelles le parti de Marine Le Pen devrait présenter un candidat.

    En 2014, Martine Aubry avait été élue avec 52% des suffrages au terme d’une triangulaire qui avait accordé 30% des voix à Jean-René Lecerf (UMP) et 18% à Eric Dillies (FN).

    Europe Ecologie Les Verts, dont le score est traditionnellement élevé aux municipales lilloises, avait passé la barre des 10% au premier tour avant de rallier Martine Aubry.

Avec Elizabeth Pineau à Paris, édité par Emmanuel Jarry

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