September 28, 2018 / 11:01 AM / 22 days ago

Un abattoir de l'Ain détruit par un incendie criminel

LYON (Reuters) - Un abattoir de Haut-Valmorey (Ain) a été ravagé dans la nuit de jeudi à vendredi par un incendie qui a détruit plus de 2.000 m2 de bâtiments ainsi que plusieurs véhicules, notamment des semi-remorques frigorifiques stationnés sur place.

La gendarmerie dit privilégier la piste criminelle car “six départs de feu ont été constatés sur place”. Six bidons de carburant ont été retrouvés autour des bâtiments. Le grillage d’enceinte de l’entreprise a par ailleurs été découpé.

L’incendie intervient dans un contexte de vives tensions entre la filière boucherie et des militants vegan antispécistes opposés à la consommation de viande, qui ont multiplié les actions ces derniers temps.

L’acte n’a pas été revendiqué. Les abattoirs Gesler, qui emploient 80 personnes, avaient reçu récemment un label de qualité pour le traitement réservé aux animaux. Il n’a jamais été la cible des associations antispécistes.

    “J’ai été alerté vers 01h00 du matin par des voisins de l’entreprise. Il y avait une cinquantaine de bêtes à l’intérieur des bâtiments, j’ai donc appelé des éleveurs à l’aide pour qu’ils viennent m’aider à sauver les animaux”, a déclaré Pierre Favre, le directeur général des Etablissements Gesler.

L’incendie n’a pas fait de blessé.

En dépit de l’absence de revendication, les représentants de la filière bovine ont dénoncé d’une même voix vendredi des “comportements extrémistes injustifiables”, selon les termes de la Fédération nationale bovine (FNB).

“Les discours et propagandes portés par les collectifs et associations extrémistes anti-viandes et antispécistes ne peuvent aujourd’hui plus durer”, estime la FNB dans un communiqué. “Leurs appels répétés depuis des semaines à faire brûler les abattoirs ne pouvaient conduire qu’aux conséquences dramatiques de cette nuit.”

Dans une lettre, l’interprofession bétail et viande Interbev demande pour sa part au président de la République d’”enrayer immédiatement ces offensives sectaires qui ne peuvent qu’aboutir à une guerre civile”.

L’association 269 Libération animale qui revendique l’”exfiltration” de 403 animaux des abattoirs depuis le début de l’année, avait appelé mercredi près de 600 militants à se rassembler devant cinq abattoirs en France pour perturber leur fonctionnement le temps d’une “Nuit debout”.

A Houdan (Yvelines), le rassemblement a été interdit par la préfecture, qui citait notamment un risque de blocage.

Samedi dernier, les membres d’un autre groupe partisan de l’arrêt de l’élevage, Boucherie Abolition, se sont postés devant des boucheries notamment parisiennes, des animaux morts dans les bras (porcelet, lapin, poule).

Catherine Lagrange avec Julie Carriat à Paris, édité par Sophie Louet et Elizabeth Pineau

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