September 27, 2018 / 2:20 PM / 3 months ago

Benalla change d'avocats, audition par les juges reportée

PARIS (Reuters) - L’audition de l’ex-collaborateur de l’Elysée Alexandre Benalla par les trois juges chargés de l’affaire qui porte désormais son nom, initialement prévue vendredi, est reportée, a annoncé à Reuters l’un de ses nouveaux avocats, Me Jacqueline Laffont.

L'audition de l'ex-collaborateur de l'Elysée Alexandre Benalla par les trois juges chargés de l'affaire qui porte désormais son nom, initialement prévue vendredi, est reportée, a annoncé à Reuters l'un de ses nouveaux avocats, Me Jacqueline Laffont. /Photo prise le 19 septembre 2018/REUTERS/Gonzalo Fuentes

Jacqueline Laffont et Pierre Haïk remplacent Laurent-Franck Liénard, qui a renoncé à défendre l’ancien chargé de mission et homme de confiance d’Emmanuel Macron accusé d’avoir malmené des manifestants le 1er mai à Paris en se mêlant à des CRS.

“Je vous confirme que nous avons été désignés par Alexandre Benalla pour assurer la défense de ses intérêts et que l’interrogatoire est reporté”, a dit jeudi Me Laffont à Reuters.

Me Haïk est un des avocats de l’ancien président Nicolas Sarkozy, de même que Me Laffont, qui appartient au même cabinet.

Ils assuraient jusqu’ici la défense de Vincent Crase, gendarme réserviste salarié de La République en Marche (LaRem) qui se trouvait aux côtés d’Alexandre Benalla le 1er mai et sera désormais défendu par un autre avocat, Christian Saint-Palais.

“En accord avec M. Benalla, j’ai décidé de quitter sa défense pour les faits du 1er mai”, avait pour sa part annoncé mercredi soir Me Liénard sur sa page Facebook. “Je lui souhaite beaucoup de courage pour affronter la suite.”

La veille, le parquet de Poitiers avait ouvert une enquête préliminaire après la diffusion par le site d’information Mediapart d’un “selfie” montrant Alexandre Benalla brandissant un pistolet dans un restaurant, semble-t-il pendant la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, donc à un moment où il n’était pas censé avoir un permis de port d’arme.

Ces grandes manoeuvres interviennent alors que le volet judiciaire de l’affaire va entrer dans le vif du sujet avec l’audition sur le fond des protagonistes par les juges, qui entendent se concentrer sur les événements du 1er mai.

Ils ont déjà recueilli le 19 septembre la version du couple à l’arrestation duquel Alexandre Benalla a vigoureusement prêté main forte sur la place de la Contrescarpe.

Selon une source proche de l’enquête, ils veulent entendre tous les protagonistes d’ici le 20 octobre.

ANOMALIES

Alexandre Benalla, 27 ans, a été mis en examen pour violences en réunion, immixtion dans l’exercice d’une fonction publique, port prohibé d’insignes réglementés par l’autorité publique et licencié de la présidence de la République.

Quatre autres personnes ont été mises en examen, dont trois policiers soupçonnés de lui avoir fourni des enregistrements des événements du 1er mai et Vincent Crase.

Le parquet a par la suite étendu l’enquête à d’autres faits impliquant Alexandre Benalla et Vincent Crase le même jour, au Jardin des Plantes, à la suite de deux plaintes pour violences.

Jusqu’ici, hormis les premières étapes judiciaires, la chronique a surtout été alimentée par la dimension politique de cette affaire, dont l’opposition s’est emparée, au fil des auditions des commissions des lois de l’Assemblée nationale et du Sénat constituées en commissions d’enquête.

Celle de l’Assemblée a achevé ses auditions dans la confusion fin juillet. Celle du Sénat, qui a entendu Alexandre Benalla le 19 septembre en l’absence des sénateurs LaRem, n’en a plus qu’une à son programme, du moins à ce stade.

La commission sénatoriale veut encore analyser des documents demandés lors de ses auditions et comparer l’organisation de la sécurité des chefs d’Etat et de gouvernement en France et dans les grands pays comparables.

Pour le syndicat de policiers Vigi (CGT), l’épisode du “selfie” de Poitiers n’est qu’une zone d’ombre parmi d’autres.

Il dénonce ainsi des anomalies dans l’enquête, le fait notamment qu’un coffre dans lequel Alexandre Benalla rangeait ses armes ait été déplacé avant la perquisition de son domicile le 21 juillet et qu’il ait refusé de remettre son téléphone personnel aux enquêteurs.

Il réclame un réquisitoire supplétif pour dissimulation de preuves et demande que les investigations soient étendues à la période courant de l’entrée à l’Elysée d’Emmanuel Macron le 14 mai 2017 au 19 juillet 2018 et ne se limitent plus au 1er mai.

Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet

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