September 27, 2018 / 10:20 AM / a month ago

Edouard Philippe tente de rassurer les élus locaux

MARSEILLE (Reuters) - Le Premier ministre Edouard Philippe s’est efforcé jeudi de rassurer des élus locaux inquiets des orientations budgétaires du gouvernement et de mesures perçues par les collectivités territoriales comme une forme de “recentralisation”.

Le Premier ministre Edouard Philippe s'est efforcé jeudi de rassurer des élus locaux inquiets des orientations budgétaires du gouvernement et de mesures perçues par les collectivités territoriales comme une forme de "recentralisation". /Photo prise le 5 septembre 2018/REUTERS/Philippe Wojazer

Le chef du gouvernement s’exprimait à Marseille, devant le congrès des régions de France, au lendemain d’un appel “pour les libertés locales” signé par 1.200 élus.

“La décentralisation est effective, incontestable et irréversible, personne ne veut la remettre en cause, certainement pas le gouvernement”, a-t-il assuré.

“Le lien indispensable qui doit se tisser entre nous a été distendu, je ne crois pas qu’il ait été cassé, je ne crois pas qu’il ait disparu”, a-t-il ajouté, devant plus de 1.600 personnes. “On ne peut pas réparer le pays sans travailler en confiance, y compris avec des désaccords, avec les collectivités territoriales”.

Le climat s’est envenimé ces derniers mois entre l’exécutif et les organisations représentatives des départements et des régions.

Les tensions se sont notamment cristallisées autour de la question de l’encadrement des dépenses des collectivités locales, en particulier des contrats que les 322 plus grandes collectivités locales étaient appelées à signer avec l’Etat avant le 30 juin pour limiter la progression de leurs dépenses de fonctionnement.

Ce dispositif de contractualisation, prévu dans la loi de programmation des finances publiques pour les années 2018-2022 et validé par le Conseil constitutionnel en janvier, a été mal accueilli par bon nombre d’élus locaux, qui y voient une atteinte à la décentralisation.

“Je ne nie pas nos désaccords, je ne nie pas l’importance des efforts que l’Etat vous demande, je ne nie pas non plus l’ampleur des transformations que nous engageons”, a dit Edouard Philippe. “Nous avons été mandatés pour les engager et mon objectif, c’est que le cap qui a été fixé par le président de la République soit tenu”.

“Nous demandons que la hausse des dépenses des collectivités ne dépasse pas 1,2% par an et 228 sur les 322 concernées ont décidé de s’engager dans ce sens”, a-t-il souligné. “La norme que nous appliquons aux dépenses de l’Etat pour 2018 et 2019, c’est 0,7%”.

APPEL DE MARSEILLE

L’effort de maîtrise des dépenses de l’Etat, a fait valoir le Premier ministre, “sera supérieur à l’effort demandé aux collectivités territoriales et cet effort supérieur sera réalisé dans un contexte où les concours de l’Etat aux collectivités locales seront stables”.

Edouard Philippe, qui s’est également engagé à faire avancer le droit à l’expérimentation locale dans le cadre de la réforme constitutionnelle, a annoncé avoir invité à Matignon le 19 octobre les 17 présidents de région et collectivités d’Outremer.

“Il s’agira de nous donner une feuille de route partagée, une méthode et un calendrier”, a-t-il dit. “Il faudra que nous parlions de tout, y compris des sujets qui fâchent”.

La veille de son intervention, 1.200 élus locaux ont lancé un appel solennel pour une relance de la décentralisation, “l’appel de Marseille”, et fondé l’association « Les territoires unis”.

Le président du Sénat Gérard Larcher, le président de Régions de France Hervé Morin, le président de l’Association des départements de France Dominique Bussereau et le président de l’Association des Maires de France François Baroin étaient notamment présents.

“Loin d’être une quelconque menace pour la République, la décentralisation en est une des chances, ce qui la mine, c’est l’ultra-concentration parisienne, ce sont les promesses non tenues d’un Etat thrombosé, c’est l’impression que l’avis des territoires ne compte pas, que les élus locaux sont vaguement consultés mais jamais écoutés”, écrivent les signataires de l’appel.

Edité par Sophie Louet

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below