September 26, 2018 / 11:48 AM / 2 months ago

Barnier loué de toutes parts en vue des échéances européennes

PARIS (Reuters) - Michel Barnier a acquis une nouvelle stature en sa qualité de négociateur en chef de l’Union européenne pour le Brexit, qui lui valent de nombreux égards en France en vue de la succession de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission et du renouvellement du Parlement de Strasbourg, l’an prochain.

Michel Barnier a acquis une nouvelle stature en sa qualité de négociateur en chef de l'Union européenne pour le Brexit, qui lui valent de nombreux égards en France en vue de la succession de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission et du renouvellement du Parlement de Strasbourg, l'an prochain. /Photo prise le 18 septembre 2018/REUTERS/Yves Herman

Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, le soutient officiellement pour la tête de l’exécutif européen, qui échappe à la France depuis le long mandat de Jacques Delors (1985-1995), sans lui offrir à ce stade la tête de la liste LR en France pour le scrutin de mai 2019, selon son entourage.

Lundi, il a plaidé la cause de Michel Barnier, membre de l’aile europhile des Républicains, auprès d’Angela Merkel, laquelle fait campagne pour le conservateur bavarois Manfred Weber, candidat déjà déclaré.

“J’ai toujours dit, et je l’ai redit à la chancelière, que si Michel Barnier était candidat, il aurait tout mon soutien, parce que je défends évidemment la voix de la France”, a déclaré Laurent Wauquiez après une rencontre d’environ une heure avec la chancelière allemande, à Berlin.

“J’ai beaucoup d’estime pour Manfred Weber qui est un ami, que je connais très bien, avec lequel on travaille depuis longtemps. Mais je suis Français. Et si Michel Barnier est candidat, c’est une grande figure européenne, il aura tout mon soutien”, a ajouté l’ex-ministre des Affaires européennes.

Michel Barnier, candidat malheureux face à Jean-Claude Juncker il y a quatre ans, n’est pas candidat à ce jour.

La présidence de la Commission a toutes les chances de revenir à un représentant du Parti populaire européen (PPE), coalition des partis conservateurs, après le scrutin de mai 2019 compte tenu des rapports de force à Strasbourg.

D’où l’importance des discussions entre Angela Merkel et Laurent Wauquiez, tous deux chefs de file de formations influentes au sein du PPE.

INCOMPATIBILITÉ

Une figure du PPE souligne toutefois une incompatibilité de calendrier pour Michel Barnier : le PPE prévoit en effet de désigner son “spitzenkandidat” - selon le vocabulaire en usage dans les institutions européennes pour désigner la tête de liste - lors d’un congrès à Helsinki, les 7 et 8 novembre.

Les candidats ont jusqu’au 17 octobre pour se déclarer. Rien ne l’empêche de se lancer dans la course mais, à cette date, l’ancien ministre français des Affaires étrangères n’aura théoriquement pas achevé sa mission de négociateur du Brexit.

La formule des “spitzenkandidaten” a été imposée en 2014 par le Parlement européen à des gouvernements majoritairement hostiles à ce mode de nomination qui les dépossède d’une partie de leur pouvoir puisqu’il permet à la tête de liste du parti victorieux des élections européennes d’être incontournable.

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE peuvent en effet nommer un autre candidat mais les députés ont alors le pouvoir de refuser d’investir la nouvelle Commission, une menace suffisante pour être dissuasive.

Un dirigeant de LR joint par Reuters s’interroge en outre sur la volonté de Michel Barnier d’être investi par Laurent Wauquiez.

Les deux hommes ont en effet un rapport différent à l’UE : l’ancien commissaire a toujours appartenu à la droite pro-européenne contrairement au second, qui a défendu la même ligne au début de sa carrière avant d’opter pour une position nettement plus eurocritique à partir de 2014.

En quête d’un équilibre difficile à trouver depuis toujours à droite, il se propose désormais de réconcilier Jean Monnet, l’un des fondateurs de la construction européenne, et le souverainisme de Philippe Séguin, fer de lance de l’opposition au traité de Maastricht, en 1992.

Michel Barnier a également droit aux éloges récurrents d’Emmanuel Macron qui a encore salué, lors du sommet informel de Salzbourg la semaine dernière, “la grande qualité des travaux conduits” sur le Brexit au nom des Vingt-Sept.

Comme Les Républicains, La République en marche (LaRem), le parti pro-européen du chef de l’Etat, se cherche une tête de liste pour le scrutin du 26 mai 2019.

LR promet de choisir son numéro un fin 2018 ou début 2019. “Laurent Wauquiez a en tête plusieurs hypothèses mais n’a proposé la tête de liste à personne à ce stade”, dit-on dans son entourage.

Simon Carraud avec Michel Rose, édité par Yves Clarisse

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below