September 24, 2018 / 4:33 PM / 3 months ago

Appel aux Etats européens pour sauver la mission Aquarius

PARIS (Reuters) - SOS Méditerranée et Médecins sans Frontières, les deux ONG qui ont affrété le navire humanitaire Aquarius, ont appelé lundi les Etats européens à sauver la mission en lui accordant un pavillon et demandé à la France l’autorisation de débarquer 58 migrants à Marseille.

Francis Vallat, président de SOS Méditerranée France. SOS Méditerranée et Médecins sans Frontières, les deux ONG qui ont affrété le navire humanitaire Aquarius, ont appelé lundi les Etats européens à sauver la mission en lui accordant un pavillon et demandé à la France l'autorisation de débarquer 58 migrants à Marseille. /Photo prise le 24 septembre 2018/REUTERS/Christian Hartmann

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a rappelé, dans le sillage de cette requête, le principe d’accueil dans le port le plus proche.

“L’humanité, c’est de faire accoster le navire dans le port le plus proche et le plus sûr. C’est par la coopération avec nos partenaires européens que nous apporterons une solution”, a-t-il écrit sur son compte Twitter. “Ne tombons pas dans le piège que certains nous tendent”.

Les responsables des organisations non gouvernementales ont accusé l’Italie, qui a fait pression sur le Panama pour qu’il retire son pavillon au bateau, d’user de “méthodes d’Etats voyous” : “intimidations de pays tiers, menaces, mensonges sur notre activité”.

Le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini, qui a ordonné en juin la fermeture des ports d’Italie aux migrants, a nié dimanche toute intervention auprès du Panama. L’Aquarius, “fait obstacle aux opérations de secours en mer, refuse la coordination avec les gardes-côtes libyens, attaque des gouvernements démocratiques comme celui de l’Italie”, a-t-il dit.

“Il y a une stratégie de criminalisation des secours”, mais “on est plus déterminés que jamais à continuer”, a déclaré Frédéric Penard, directeur des opérations SOS Méditerranée, lors d’une conférence de presse.

Les ONG sont en contact avec le Panama et lui demandent de revenir sur sa décision, issue peu probable. L’Aquarius II, déjà privé d’immatriculation par Gibraltar, battait pavillon panaméen depuis le 20 août. Le Panama a justifié sa décision par le non-respect présumé des “procédures juridiques internationales en matière d’immigrants et de réfugiés secourus en mer”.

L’AQUARIUS FAIT ROUTE VERS MARSEILLE

“Je lance un appel aux pays européens pour que l’Aquarius puisse battre pavillon européen”, a déclaré Francis Vallat, président de SOS Méditerranée. “Le drame actuel est un problème européen, (...), les partenaires européens de l’Italie sont coupables par leur silence”, a ajouté Thomas Bischoff, président de SOS Méditerranée Suisse.

L’Aquarius, qui croise dans les eaux internationales au large de la Libye, perdra son pavillon dès qu’il accostera dans un port d’attache. L’Italie et Malte refusant de l’accueillir, il faisait route vers Marseille avec 58 rescapés à bord, dont 18 mineurs, a précisé lundi SOS Méditerranée.

“Nous faisons une demande solennelle aux autorités françaises pour qu’elles autorisent le débarquement de ces 58 personnes à Marseille”, a dit Frédéric Penard.

L’Aquarius est à environ quatre jours de mer de Marseille mais “il y a beaucoup de probabilités pour qu’on soit appelé sur d’autres détresses”, a dit Sophie Beau, directrice générale de Sos Méditerranée.

“L’Aquarius doit pouvoir accoster à Marseille. C’est notre devoir et notre honneur”, a déclaré sur Twitter Jean-Luc Mélenchon, député (La France insoumise) des Bouches-du-Rhône.

Le navire, qui a entamé sa mission en février 2016 et revendique le sauvetage de plus de 29.000 personnes, est le dernier bateau humanitaire croisant au large des côtes libyennes.

Le gouvernement italien et les autorités maltaises, qui estiment que l’Aquarius fait le jeu des trafiquants d’êtres humains, lui ont refusé en juin le débarquement de centaines de migrants qui ont finalement été pris en charge par l’Espagne.

SOS Méditerranée exclut de ramener les rescapés en Libye, pays qui n’est pas considéré “sûr” par le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Vendredi, le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, avait appelé de ses voeux la mise en place d’un mécanisme de répartition des réfugiés parmi des Etats volontaires, pour éviter les solutions trouvées dans l’urgence ces derniers mois.

Sophie Louet, avec Julie Carriat, édité par Yves Clarisse

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below