September 24, 2018 / 11:47 AM / 24 days ago

New Delhi confirme le contrat Rafale, l'opposition indienne veut une enquête

NEW DELHI (Reuters) - Le gouvernement indien a confirmé le contrat conclu en 2016 avec la France sur la livraison d’avions de chasse Rafale de Dassault Aviation mais le Parti du Congrès (opposition) réclame une enquête sur cette affaire.

Le gouvernement indien a confirmé le contrat conclu en 2016 avec la France sur la livraison d'avions de chasse Rafale de Dassault Aviation mais le Parti du Congrès (opposition) réclame une enquête sur cette affaire. /Photo d'archives/REUTERS/Abhishek N. Chinnappa

Le groupe indien Reliance, dirigé par Anil Ambani, a été choisi comme partenaire local de Dassault dans le cadre de ce WXcontrat, conformément aux règles indiennes en matière de défense qui prévoient, en guise de compensation, que toute entreprise étrangère doit réinvestir en Inde l’équivalent d’au moins 30% du montant d’un contrat.

Dans un article mis en ligne vendredi par le site français Mediapart, François Hollande, président de la République au moment du contrat, indique que New Delhi a fait pression sur Dassault pour que le groupe Reliance soit son partenaire local.

“Nous n’avions pas notre mot à dire à ce sujet”, dit-il. “C’est le gouvernement indien qui a proposé ce groupe de service et Dassault qui a négocié avec Ambani. Nous n’avons pas eu le choix, nous avons pris l’interlocuteur qui nous a été donné.”

Le contrat signé porte sur la livraison de 36 Rafale, pour un montant estimé à 8,7 milliards de dollars.

Les déclarations de François Hollande ont provoqué une tempête politique en Inde.

Depuis des mois, l’opposition indienne réclame au gouvernement des explications sur le choix de Reliance au détriment d’Hindustan Aeronautics, société aéronautique publique qui produit des avions depuis des décennies, pour l’essentiel sous licence russe.

Le porte-parole du Parti du Congrès, Sanjay Jha, a annoncé que sa formation allait demander une commission d’enquête parlementaire et entendait organiser des manifestations pour dénoncer “une fraude massive aux dépens de l’argent des contribuables”.

Le ministre indien des Finances, Arun Jaitley, a affirmé dimanche que le contrat était maintenu et que tout se déroulerait comme convenu. “Ces appareils seront livrés à l’Inde. Ils amélioreront les capacités opérationnelles de l’armée de l’air indienne”, a-t-il dit à l’agence de presse ANI.

Dans un tweet samedi, le ministère indien de la Défense a souligné que ni le gouvernement indien, ni le gouvernement français n’avaient eu leur mot à dire dans le choix de ce partenaire local.

Dassault Aviation a de son côté affirmé avoir sélectionné le groupe Reliance pour des raisons industrielles.

“Cette décision est le choix de Dassault Aviation, comme l’avait déjà expliqué Eric Trappier (PDG de Dassault Aviation) dans une interview publiée par le journal MINT le 17 avril 2018”, a rappelé l’avionneur dans un communiqué publié vendredi.

“Dassault Aviation et Reliance ont construit à Nagpur une usine pour produire des pièces de Falcon et de Rafale. Le choix du site de Nagpur a été motivé par la disponibilité de terrains avec accès direct à une piste d’aéroport, condition essentielle à toute activité aéronautique”, ajoute Dassault.

Aditya Kalra; Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français

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