September 23, 2018 / 4:40 PM / 22 days ago

Bayrou réclame une majorité "sans corset"

PARIS (Reuters) - Le président du MoDem, François Bayrou, a appelé dimanche à une plus grande “liberté d’expression” au sein de la majorité présidentielle et a invité l’exécutif à “accepter les contre-pouvoirs”.

Le président du MoDem, François Bayrou, a appelé dimanche à une plus grande "liberté d'expression" au sein de la majorité présidentielle et a invité l'exécutif à "accepter les contre-pouvoirs". /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

François Bayrou clôturait l’université d’été de son parti à Guidel dans le Morbihan, après trois jours de débats sur l’avenir du pays, à l’heure où des fractures se dessinent entre La République en marche (LaRem) et la formation centriste.

“La majorité a besoin de voix libres qui s’expriment en son sein,(...) pas de corsets”, a déclaré François Bayrou. “C’est naturellement toujours quand on est responsable (...) qu’on a envie que tout soit aligné, carré. Mais en réalité, la liberté d’expression, la liberté de pensée, est beaucoup plus fructueuse que ça.”

“J’appelle tout ceux qui croient à cette vision de la majorité à exprimer les attentes profondes et les propositions qui sont les leurs sans que l’on considère qu’il y ait eu une atteinte à quelque pacte majoritaire que ce soit.”

De nombreux députés MoDem ont fait part dans les dernières semaines de leur désir d’être davantage entendus par la majorité, désir symbolisé par la candidature de Marc Fesneau à la présidence de l’Assemblée nationale, lequel a recueilli 86 voix, soit presque le double du nombre de députés MoDem.

“Nous sommes là parce que nous sommes alliés, nous sommes là parce que nous sommes solidaires et nous sommes là parce que nous avons choisi librement cette alliance et cette solidarité et nous continuerons à la faire entendre dans notre expression”, a déclaré François Bayrou qui rappelle que le MoDem a conclu une alliance avec LaRem lors des élections présidentielles.

Il a ajouté que pour se faire entendre, il faut être “fort”, “il n’y a pas besoin d’autres concessions de cet ordre”.

François Bayrou a également critiqué les “craintes infondées” de la majorité concernant la commission d’enquête menée par le Sénat sur l’affaire Benalla. La majorité considère comme cette affaire une ingérence du pouvoir législatif dans le fonctionnement du pouvoir exécutif.

“C’est le jeux des institutions et c’est le bienfait de la démocratie”, a-t-il dit. “Le parlement, la presse, les associations, l’opinion organisée, le pouvoir doit accepter les contre-pouvoirs, les regarder comme nécessaires et comprendre que c’est cet équilibre qui tient lieu de garde-fou”.

UN PLAN D’ENSEMBLE

Il a estimé par ailleurs que les Français ne voyaient plus où conduisaient les réformes, ce qui expliquait selon lui la chute de la popularité d’Emmanuel Macron dans les sondages.

“Les Français ont besoin non pas seulement de l’énoncé des réformes successives et séquentielles mais les Français ont besoin de plan d’ensemble. La politique ce n’est pas dossier après dossier. (...) On a besoin non pas seulement de savoir les pas qu’on fait mais on a besoin de savoir où on va.”

Emmanuel Macron a perdu cinq points dans les sondages en septembre, selon le baromètre Ifop pour le Journal du dimanche. Seules 29% des personnes interrogées se disent satisfaites du chef de l’Etat, contre 34% à la fin du mois d’août.

Le secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement, Christophe Castaner, invité à prononcer un discours, a promis des changements.

“Est-ce que tout a été parfait pendant ces quinze premiers mois ? Ce serait totalement idiot de le prétendre”, a-t-il dit.

“J’ai déjà eu l’occasion de dire que nos deux formations auraient dû travailler plus étroitement ensemble. (...) J’évoquais même un excès d’arrogance de La République en marche.”

“Alors que nous effectuons notre deuxième rentrée (...), je crois que nous pouvons dire que la première phase du quinquennat mérite une amélioration”, a-t-il ajouté.

Il a également rappelé l’importance d’une réconciliation en vue des élections européennes de 2019, menacées, selon lui, par une montée des partis populistes et anti-européens, ainsi que des élections municipales, prévues en 2020.

Caroline Pailliez, édité par Pierre Sérisier

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