September 23, 2018 / 9:20 AM / 3 months ago

L'Iran promet de se venger après l'attentat d'Ahvaz

DUBAÏ (Reuters) - Le corps des Gardiens de la révolution islamique, unité d’élite des forces de sécurité iraniennes, ont promis dimanche une vengeance “mortelle et sans pitié” au lendemain de l’attaque terroriste qui a coûté la vie à 25 personnes lors d’un défilé militaire à Ahvaz dans le sud-ouest de l’Iran.

Les Etats-Unis veulent créer de l'insécurité en Iran mais n'y parviendront pas, a accusé dimanche le président iranien, Hassan Rohani, au lendemain de l'attaque contre un défilé militaire à Ahvaz, dans le sud-ouest du pays, qui a fait 25 morts et une soixantaine de blessés. /Photo prise le 22 septembre 2018/REUTERS/Tasnim News Agency

Cet attentat, l’un des plus meurtriers jamais commis contre les gardiens, organisation paramilitaire dépendant directement de l’ayatollah Ali Khamenei, constitue un coup dur porté à l’appareil sécuritaire iranien au moment où les Etats-Unis et l’Arabie saoudite tentent d’isoler l’Iran au Moyen-Orient.

Le pouvoir à Téhéran n’a d’ailleurs pas tardé à accuser certains de ses voisins du Golfe, accentuant la tension déjà grande avec le régime saoudien dans la région.

“Les Gardiens ont une connaissance complète des centres de déploiement des chefs des terroristes criminels (...) Dans un avenir proche, ils vont affronter une vengeance mortelle et sans pitié”, affirme un communiqué des Pasdaran, selon leur nom en persan.

Cette mise en garde a été reprise par le président Hassan Rohani qui s’exprimait avant son départ de Téhéran pour participer à New York à l’Assemblée générale des Nations unies.

“La réplique de l’Iran (à cette attaque) viendra, et se fera dans le cadre du droit et de nos intérêts nationaux”, a prévenu Hassan Rohani, en ajoutant que les Etats-Unis regretteraient leur “agressivité”.

“Les petits pays fantoches de la région sont soutenus par l’Amérique, et les Etats-Unis (...) leur donnent les capacités nécessaires”, a-t-il continué.

Pour le président iranien, les Etats-Unis soutiennent financièrement et militairement des groupes de l’opposition iranienne issus de la minorité arabe du sud-ouest du pays.

Washington se comporte comme une brute pour laquelle quiconque a un pouvoir peut agir en toute impunité à travers le monde, a-t-il poursuivi. Les Etats-Unis entendent créer une insécurité en Iran mais n’y parviendront pas, a-t-il promis.

L’ATTENTAT BOUSCULE L’ÉQUILIBRE POLITIQUE

Douze des 25 personnes tuées samedi à Ahvaz par quatre assaillants, qui ont eux-mêmes été abattus, étaient des membres des Gardiens de la révolution.

Cette attaque pourrait avoir une influence sur l’équilibre politique au sein de l’appareil dirigeant iranien en renforçant la position des tenants d’une ligne dure qui ne soutiennent pas l’approche pragmatique de Rohani.

Iraniens et Saoudiens se livrent une guerre d’influence indirecte au Moyen-Orient en soutenant des camps armés opposés au Yémen et en Syrie mais également des groupes politiques rivaux en Irak et au Liban.

Les Gardiens de la révolution, qui supervisent les opérations militaires extérieures de l’Iran, sont directement impliqués dans ces pays.

Le gouvernement saoudien n’a pas réagi aux accusations formulées par Rohani, non plus que ses alliés dans le Golfe. Seul, le Qatar qui a décidé de mener une politique étrangère indépendante et refuse de s’aligner sur Ryad a condamné l’attentat.

Le chargé d’affaires des Emirats arabes unis (EAU), pays proche des Saoudiens, a été convoqué dimanche au ministère iranien des Affaires étrangères, à Téhéran, au sujet de propos tenus sur l’attaque de samedi par un responsable émirati, dont le nom n’a pas été divulgué.

Un mouvement iranien arabe d’opposition, appelé Résistance nationale Ahvaz, a revendiqué l’attentat, tout comme le groupe djihadiste Etat islamique (EI). Ni l’un ni l’autre n’ont fourni d’éléments de preuve à l’appui.

Aux Etats-Unis, l’avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, a estimé que les sanctions imposées par Washington contre Téhéran entraînaient des difficultés économiques qui pourraient déboucher sur une “révolution réussie” en Iran.

Michael Georgy; Eric Faye pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below