September 19, 2018 / 4:42 PM / 3 months ago

Les Républicains face à l'inextricable question européenne

PARIS (Reuters) - A huit mois des élections européennes, le rapport à l’UE n’en finit pas de nourrir les divisions chez les Républicains, comme l’ont de nouveau illustré les échanges peu amènes entre Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse sur le cas Viktor Orban.

A huit mois des élections européennes, le rapport à l'UE n'en finit pas de nourrir les divisions chez les Républicains, comme l'ont de nouveau illustré les échanges peu amènes entre Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse sur le cas Viktor Orban. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé

Soupçonné d’euroscepticisme par certains de ses rivaux, le président du principal parti de droite a arrêté sa position sur le sujet à la fin juin lors d’un conseil national de LR à Menton (Alpes-Maritimes) sans parvenir à clore tout débat.

Mardi, la présidente de la région Île-de-France l’a mis en demeure, en plein bureau politique, de clarifier sa position vis-à-vis du Premier ministre hongrois Viktor Orban, sous le coup d’une procédure de sanction votée à Strasbourg.

Elle a réclamé que “les Républicains condamnent sans réserve le démantèlement de l’Etat de droit en Hongrie”, selon un communiqué diffusé par son mouvement, “Libres !”.

Car les eurodéputés LR ont étalé à Strasbourg leurs divergences lors du vote sur une résolution condamnant la politique de Viktor Orban, accusé de violer les valeurs fondamentales de l’UE, en faisant des choix différents - pour, contre et abstention.

La direction du parti n’avait donné aucune consigne de vote à ses parlementaires.

“Le sujet n’est pas Orban”, a rétorqué Laurent Wauquiez à Valérie Pécresse, d’après des propos rapportés par son entourage. “Le sujet, c’est l’Europe. A Menton, nous avons pris un engagement pro-européen, nous avons été très clairs.”

“JEU DE POSTURES”

Au passage, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a accusé Valérie Pécresse et son allié Maël de Calan, issu des rangs juppéistes, de semer “le trouble” au sein de LR.

En réalité, la question européenne, jamais définitivement tranchée à droite, fait l’objet de querelles rituelles depuis les origines de la construction européenne.

Depuis l’an dernier, l’équilibre est d’autant plus difficile à trouver pour LR que le parti doit se ménager une place entre un Emmanuel Macron pro-européen et une Marine Le Pen hostile à l’UE, entre “progressistes” et “nationalistes” selon la terminologie qu’essaie d’imposer le chef de l’Etat.

Valérie Pécresse tente de fédérer l’aile pro-européenne de LR, avec le renfort d’ex-juppéistes, afin de faire pièce à Laurent Wauquiez, qui a fait sa profession de foi eurocritique en publiant, en 2014, un livre au titre évocateur, “Europe : il faut tout changer”, avant de modérer son discours.

Pur “jeu de postures” de la part de l’ancienne ministre chiraquienne, balaie un membre de la direction. “Entre Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse, il n’y a pas de différences de fond, il y a une différence de ton et de posture parce qu’il y a derrière une différence de stratégie et d’ambition.”

Le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, essaie lui aussi de faire entendre sa sensibilité.

L’ex-filloniste, qui fut proche du souverainiste Philippe de Villiers en Vendée, a publié en avril ses propres propositions sur l’Europe, notamment pour que la Commission passe entièrement sous le contrôle des parlements nationaux.

“LR A EXPLOSE EN VOL”

“Vous avez autant d’avis que d’interlocuteurs”, juge l’eurodéputé Alain Lamassoure, traditionnelle voix pro-européenne de la droite française, sans affiliation partisane depuis son départ de LR il y a un an.

A l’occasion du vote de la résolution anti-Orban, “LR a explosé en vol”, ajoute l’ancien président de la délégation française au Parti populaire européen (PPE). “Ça signifie que, sur les fondements de l’Europe, soit il n’y a pas de position de LR, soit il n’y a pas de leader.”

Marine Le Pen, pour qui la bataille se joue entre “nationaux” et “mondialistes”, s’efforce de tirer profit de ces interrogations internes à la droite.

“Wauquiez veut nous faire du en même temps macroniste, en nous disant qu’il parle en même temps à Merkel et à Orban”, a écrit mercredi la dirigeante d’extrême droite sur Twitter. “Mais ce grand écart est impossible : ce sont bien deux visions antagonistes de l’avenir de l’Europe qui s’affrontent.”

L’identité de la future tête de liste LR aux européennes de mai prochain, qui sera connue fin 2018 ou début 2019, donnera un indice du niveau d’engagement européen du parti.

Plusieurs noms ont circulé dans la presse et parmi les dirigeants LR, dont ceux de Jean Leonetti et de Michel Barnier, négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, lequel a eu droit à un hommage appuyé de Laurent Wauquiez dans une interview au Figaro parue fin août.

Edité par Yves Clarisse

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