September 18, 2018 / 2:45 PM / a month ago

Soixante nouvelles plaintes bientôt déposées contre l'utilisation du glyphosate

TOULOUSE (Reuters) - Soixante nouvelles plaintes vont être déposées devant le tribunal de Foix (Ariège) contre différents fabricants du glyphosate, principale substance du Roundup de Monsanto, et les décideurs qui l’ont autorisé, a-t-on appris mardi auprès de l’association Campagne glyphosate.

Soixante nouvelles plaintes vont être déposées devant le tribunal de Foix (Ariège) contre différents fabricants du glyphosate, principale substance du Roundup de Monsanto, et les décideurs qui l'ont autorisé, a-t-on appris mardi auprès de l'association Campagne glyphosate. /Photo d'archives/REUTERS/Christian Hartmann

Ces plaintes nominatives pour “mise en danger de la vie d’autrui” et “atteinte à l’environnement” seront déposées d’ici le milieu du mois d’octobre.

Elles s’ajouteront aux huit déjà enregistrées, les premières en France, le 15 juin dernier, devant la même juridiction.

La procureure de la République de Foix s’est dessaisie du dossier au profit du pôle Santé publique du tribunal de grande instance de Paris, en charge des investigations, a indiqué l’association Campagne glyphosate.

Lancée au printemps 2018 par le collectif des Faucheurs volontaires, la Campagne Glyphosate vise à rechercher le taux de ce pesticide dans les urines des citoyens et à porter plainte contre les fabricants et décideurs qui autorisent ces produits.

“Ces plaintes visent des individus, PDG et membres des conseils d’administration des groupes qui fabriquent des pesticides à base de glyphosate mais aussi les décideurs et organismes qui l’ont autorisé, comme le président et les membres de la Commission européenne ou du comité d’appel de la commission”, a expliqué à Reuters Dominique Masset, co-président de l’association Campagne glyphosate.

Limitées sur une période portant sur les deux derniers trimestres de 2017 et sur le premier trimestre 2018, elles visent également l’Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail et l’Afsa, son homologue européen.

PRÉCÉDENT AUX ETATS-UNIS

Les Etats membres de l’Union européenne ont voté en novembre 2017 en faveur d’une nouvelle autorisation pour cinq ans de cet herbicide, le plus utilisé au monde.

En France, alors qu’Emmanuel Macron s’était engagé à une sortie du glyphosate en 2021, les députés ont refusé en mai dernier de l’inscrire dans la loi agriculture et alimentation.

En Ariège, où a démarré la campagne et siège de l’association, quelque 300 personnes se sont portées volontaires pour faire analyser leurs urines et dénoncer “un scandale sanitaire mondial”.

Selon Dominique Masset, les prélèvements réalisés en août montrent une intoxication des urines au glyphosate — 14 fois la dose autorisée dans l’eau potable (0.1 ng/ml).

Dix Faucheurs volontaires, dont les urines ont été prélevées en 2017, s’associeront en octobre au cinquante plaignants.

Limitée pour l’instant au seul département de l’Ariège, la Campagne glyphosate devrait rapidement prendre une “ampleur nationale” selon l’association grâce à l’envoi dans les semaines à venir de “mallettes pédagogiques” donnant toute la marche à suivre, de la commande de matériel au texte de la plainte.

En juillet dernier, un juge fédéral américain a permis que des centaines de plaintes accusant l’herbicide de Monsanto de provoquer le cancer, soient portées en justice, considérant qu’il existe suffisamment d’éléments pour qu’un jury puisse entendre l’affaire. Selon Bayer, le nombre de plaintes déposées aux Etats-Unis contre Monsanto, qu’il vient de racheter, s’établissait à 8.000 à fin juillet.

Le 10 août dernier, un jury californien a considéré que le désherbant Roundup était à l’origine de la maladie d’un agent d’entretien souffrant d’un cancer en phase terminale, et a condamné Monsanto à lui verser 289 millions de dollars.

L’agence américaine de protection de l’environnement a conclu en 2017 que le glyphosate n’était probablement pas cancérogène pour les humains. Dès 2015, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a pour sa part classé la molécule parmi les produits “probablement cancérogènes pour les humains”.

Johanna Decorse, édité par Yves Clarisse

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