September 17, 2018 / 6:48 PM / 3 months ago

Macron va dévoiler sa réforme d'un système de santé à bout de souffle

PARIS (Reuters) - Une semaine après la présentation du plan pauvreté, Emmanuel Macron poursuit mardi sa rentrée sociale en dévoilant sa “stratégie nationale de transformation du système de santé”, une réforme attendue par les professionnels d’un secteur à bout de souffle.

Une semaine après la présentation du plan pauvreté, Emmanuel Macron poursuit mardi sa rentrée sociale en dévoilant sa "stratégie nationale de transformation du système de santé", une réforme attendue par les professionnels d'un secteur à bout de souffle. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard

Le chef de l’Etat prononcera un discours à 10h00 à l’Elysée avant de céder la parole aux ministres de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn, et de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, qui préciseront les mesures lors d’une conférence de presse en début d’après-midi.

Pour accompagner cette “transformation”, l’exécutif va porter l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam), qui avait été fixé à 2,3% pour 2019, à 2,5%, soit 400 millions d’euros supplémentaires, a fait savoir lundi l’entourage d’Emmanuel Macron.

Parmi les 54 mesures du plan “Ma Santé 2022”, la création du métier d’assistant médical chargé de seconder les médecins libéraux - une demande formulée de longue date par les professionnels qui pointent le temps perdu à effectuer notamment des tâches administratives.

Au total, quelque 4.000 assistants médicaux seront recrutés d’ici 2022 pour un coût - charges comprises - de 40.000 à 50.000 euros par an et par assistant, indique-t-on à l’Elysée, où l’on précise que leur profil - infirmier, aide-soignant ou assistant administratif - reste encore à définir.

Pour faire face à la problématique des déserts médicaux, 400 médecins salariés recrutés sur la base du volontariat seront par ailleurs envoyés dans les territoires les plus défavorisés, une mesure conçue comme un dispositif d’urgence avant que les effets de la réforme ne se fassent sentir.

Si elle considère que contraindre les médecins à s’installer dans certains territoires est une “fausse bonne idée”, la présidence n’exclut pas des mesures coercitives dans “deux ou trois ans” en l’absence de “prise de conscience collective” et de sens de la responsabilité.

CASSE-TETE DU FINANCEMENT

Véritable casse-tête, le financement des hôpitaux va être revu, conformément à la promesse de campagne d’Emmanuel Macron de réduire la part de la tarification à l’activité (T2A) dont les dérives entraînent une inflation du nombre d’actes dans les établissements hospitaliers.

Mise en place en 2004 dans le cadre du plan “Hôpital 2007”, cette méthode de financement rémunère les établissements en fonction de l’activité médicale qu’ils effectuent et constitue quelque 63% des ressources des hôpitaux publics.

“L’objectif c’est que la T2A devienne minoritaire et que la partie du financement à la qualité et au parcours du soin prenne une place prépondérante”, explique-t-on à l’Elysée. Un forfait “patient diabétique” et “patient insuffisance rénale chronique” seront mis en place dès 2019 et “le bonus à la qualité” pour les établissements hospitaliers sera porté de 60 millions d’euros par an à 300 millions d’euros dès l’année prochaine.

Pour désengorger les urgences hospitalières pendant la journée, le gouvernement souhaite que les “communautés professionnelles de territoire de santé” se saisissent des urgences de ville sur un périmètre allant de 20.000 à 100.000 habitants.

Concrètement, ces réseaux auront la responsabilité d’organiser dans la journée le recours à une consultation ou à un médecin pour les urgences ne nécessitant pas d’hospitalisation. A titre d’incitation, une partie de la rémunération des médecins, celle du “forfait structure” et la “rémunération sur objectifs de santé publique” (Rosp) sera conditionnée au fait d’adhérer à ces communautés.

En matière d’hôpitaux de proximité, aucune fermeture n’est prévue, assure-t-on à l’Elysée, mais la fin de certains plateaux techniques (bloc opératoire, maternité) pourra toutefois être envisagée en fonction de “la qualité de la prise en charge”.

“Quand il y a moins d’un accouchement par jour, on peut se demander si les professionnels de santé qui sont présents, quand ils sont présents, sont suffisamment exercés”.

SUPPRESSION DU NUMERUS CLAUSUS EN 2020

Autre mesure phare, la suppression du “numerus clausus” qui depuis 1971 fixe chaque année le nombre de places disponibles en seconde année d’études de médecine - un système de quota qualifié de “gâchis” par Agnès Buzyn et d’”inefficace et injuste” par Emmanuel Macron pendant la campagne.

“On ne veut plus d’un système sélectif par la quantité mais ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de parcours sélectif, un étudiant de première année en médecine demain aura aussi à faire ses preuves et sera sélectionné sur ses compétences et son kit de connaissance”, explique-t-on à l’Elysée.

Cette mesure, comme d’autres contenues dans le plan, nécessitera un projet de loi, dont l’adoption est attendue au premier semestre 2019 pour une entrée en vigueur à l’année scolaire 2020-2021, précise-t-on.

Concernant le “virage numérique” souhaité par le gouvernement, quelque 4,9 milliards d’euros seront mobilisés pour “accélérer la numérisation du système de santé et de cohésion sociale” dans le cadre du grand plan d’investissement 2018-2022.

Attendu depuis plus de 10 ans et déjà expérimenté dans neuf territoires, le dossier médical partagé (DMP) sera généralisé à partir d’octobre. Autre nouveauté numérique, la télémédecine, qui doit permettre de lutter contre les déserts médicaux, est depuis samedi dernier remboursée par la Sécurité sociale.

Julie Carriat et Marine Pennetier, édité par Elizabeth Pineau

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