September 13, 2018 / 10:33 AM / 2 months ago

Suu Kyi justifie l'emprisonnement des journalistes de Reuters

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a déclaré jeudi que la condamnation de deux journalistes birmans de l'agence Reuters à sept ans de prison n'était pas liée à la liberté d'expression. Wa Lone et Kyaw Soe Oo (photo) ont été reconnus coupables d'avoir enfreint la loi sur les secrets d'Etat /Photo prise le 3 septembre 2018/REUTERS

HANOI (Reuters) - La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a déclaré jeudi que la condamnation de deux journalistes birmans de l’agence Reuters à sept ans de prison n’était pas liée à la liberté d’expression et que les deux journalistes pouvaient faire appel de cette décision de justice.

Wa Lone, 32 ans, et Kyaw Soe Oo, 28 ans, ont été reconnus coupables d’avoir enfreint la loi sur les secrets d’Etat, qui date de l’ère coloniale, lorsqu’ils se sont procurés des documents relatifs aux forces de sécurité birmanes dans le cadre de leur enquête sur le massacre de dix Rohingya au cours d’une opération militaire menée il y a un an dans l’ouest de la Birmanie.

Plusieurs organes de presse et des dizaines d’organisations de la société civile birmane ont dénonce la condamnation des deux journalistes, estimant qu’il s’agissait d’une atteinte à la liberté d’informer.

“Je me demande si beaucoup de gens ont vraiment lu le résumé du jugement, qui n’a rien à voir du tout avec la liberté d’expression, mais qui est lié à la loi sur les secrets d’Etat”, a déclaré Suu Kyi en réponse à une question posée lors du Forum économique mondial de l’Asean, à Hanoï.

“Au regard du droit, ils ont tout à fait la possibilité de faire appel du jugement et de montrer pourquoi le jugement était erroné”, a-t-elle ajouté.

Reuters a réagi aux propos d’Aung San Suu Kyi en assurant que “nous continuons de penser que Wa Lone et Kyaw Soe Oo n’ont pas violé la législation birmane sur l’espionnage, et qu’à aucun moment ils ne se sont livrés à des activités susceptibles de nuire à ce pays”.

La lauréate du prix Nobel de la paix en 1991 a dit par ailleurs qu’il apparaissait, “avec le recul”, que son gouvernement aurait pu “mieux gérer” la situation dans l’Etat de Rakhine (ou Arakan), où l’armée a mené une répression contre la minorité musulmane rohingya qualifiée de “nettoyage ethnique” par l’Onu.

Plus de 700.000 Rohingya ont fui vers le Bangladesh depuis le début des représailles militaires lancées après l’attaque coordonnée, le 25 août 2017, d’une trentaine de commissariats par les séparatistes de l’Armée du salut des Rohingya de l’Arakan (ASRA).

James Pearson; Jean Terzian et Eric Faye pour le service français, édité par Tangi Salaün

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