September 7, 2018 / 3:57 PM / 2 months ago

"N’ayons pas l’Europe honteuse", dit Nathalie Loiseau

STRASBOURG (Reuters) - La ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, a invité vendredi les Français à ne pas avoir “l’Europe honteuse” et à défendre le projet européen contre les “extrémistes” et les “populistes” qui veulent y mettre fin.

La ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau (photo), a invité vendredi les Français à ne pas avoir "l’Europe honteuse" et à défendre le projet européen contre les "extrémistes" et les "populistes" qui veulent y mettre fin. /Photo d'archives/REUTERS/Benoît Tessier

A Strasbourg pour l’inauguration de la 86e Foire européenne, elle a défendu le “front progressiste” qu’Emmanuel Macron veut bâtir contre les forces “nationalistes” dans la perspective des élections européennes de mai prochain.

“N’ayons pas l’Europe honteuse. L’Europe n’est pas le cheval de Troie de la mondialisation ou de transformations que nous subirions sans les vouloir, c’est le moyen de maîtriser ces transformations”, a déclaré la ministre.

L’ancienne directrice de l’Ecole nationale d’administration a cité la révolution numérique et le règlement européen sur la protection des données personnelles, devenu un modèle pour certains parlementaires américains.

Elle a également mentionné l’accord de Paris sur le climat, qui n’aurait pu être ratifié, selon elle, sans l’engagement de l’Union européenne.

Elle est revenue sur la stratégie présidentielle en vue des européennes, moquant les “commentateurs intérieurs” pour qui “Emmanuel Macron instrumentaliserait une confrontation entre progressistes et extrémistes en Europe”.

“Faut-il refuser de la voir, cette confrontation, faut-il la considérer comme secondaire ? Faut-il se préparer, se résigner, à ce que demain (...) ce soient les extrémistes, les nationalistes, ceux qui ont inventé ce terme de démocratie illibérale pour cacher le fait qu’ils étaient bien peu démocratiques, (...) qui prennent la conduite du projet européen ?”

“Eh bien non, ce n’est pas de l’instrumentalisation, ce n’est pas de la politique politicienne de dire que ce n’est pas pour cela que nous avons construit l’Union européenne, ce n’est pas à cela que nous croyons et ce n’est pas cela que nous défendons en disant que nous sommes des pro-européens.”

Nathalie Loiseau a toutefois pris soin, comme le chef de l’Etat, de se démarquer des fédéralistes partisans des Etats-Unis d’Europe.

“Oui (nous sommes) des pro-Européens mais non, pas des Eurobéats, pas des fédéralistes à tout crin qui penseraient que toutes les solutions consisteraient à oublier les souverainetés nationales”, a-t-elle dit.

La présidente du Rassemblement national (ex-Front national), Marine Le Pen, a repris vendredi le sentier de la guerre contre Emmanuel Macron l’”européiste” et l’Union européenne.

A Marseille, le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a de nouveau dénoncé en Emmanuel Macron “le petit copiste” de “l’Europe allemande” avant une rencontre entre le président français et la chancelière allemande Angela Merkel.

Gilbert Reilhac avec Emmanuel Jarry et Jean-François Rosnoblet à Marseille, édité par Sophie Louet

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