September 7, 2018 / 7:47 AM / 16 days ago

Après la tribune dans le NY Times, Trump évoque une menace contre la démocratie

BILLINGS, Montana (Reuters) - Donald Trump, en meeting électoral jeudi soir dans le Montana, a estimé que la tribune anonyme publiée dans le New York Times révélait, si son contenu est exact, l’existence d’une menace contre la démocratie américaine au sein même des structures du pouvoir.

Donald Trump, en meeting électoral jeudi soir dans le Montana, a estimé que la tribune anonyme publiée dans le New York Times révélait, si son contenu est exact, l'existence d'une menace contre la démocratie américaine au sein même des structures du pouvoir. /Photo prise le 6 septembre 2018/REUTERS/Kevin Lamarque

“Des agents non élus de l’Etat profond qui s’opposent aux électeurs pour promouvoir leurs propres programmes secrets sont véritablement une menace pour la démocratie elle-même”, a dit le président américain à Billings.

L’auteur de cette tribune publiée mercredi par le New York Times dit appartenir à une “résistance intérieure au sein de l’administration Trump” et affirme que plusieurs responsables du gouvernement fédéral travaillent contre l’avis du président pour préserver les intérêts du pays et protéger les Etats-Unis de “ses pires inclinations”.

Trump, qui a mené campagne en 2016 en se posant en candidat hors système représentant le peuple contre les élites politiques et médiatiques de Washington, voit dans cette initiative un coup porté par un “Etat profond” qui n’a jamais accepté son élection et refuse de reconnaître ses succès.

“Est-ce de la subversion? Est-ce de la trahison? C’est une chose horrible”, a-t-il dit à ses partisans venus l’écouter à Billings.

“L’Etat profond et la gauche, et leur véhicule, les médias bidons (the Fake News Media), deviennent fous et ils ne savent plus quoi faire”, avait-il tweeté tôt jeudi matin avant d’égrener les performances de l’économie américaine et du marché de l’emploi.

Dès mercredi, la porte-parole de la Maison blanche, Sarah Sanders, avait insisté sur le thème du déni démocratique. “Près de 62 millions de personnes ont voté pour le président Donald J. Trump en 2016 (...) aucun d’eux n’a voté pour une source anonyme et trouillarde du New York Times en faillite”, avait-elle déclaré.

Dans une interview à Fox News enregistrée avant le meeting de Billings, et qui devait être diffusée vendredi, le président américain note par ailleurs: “Peu m’importe quand ils écrivent des livres et des mensonges, parce qu’ils se discréditent.” Mais dans le cas présent, ajoute-t-il, la situation est différente puisque l’anonymat de l’auteur de la tribune rend impossible son discrédit.

QUI EMPLOIE LE MOT “LODESTAR” ?

Depuis sa publication, une “chasse” est ouverte pour identifier l’auteur anonyme de ce texte.

“Nous avons agi ainsi à la demande de l’auteur, un haut responsable du gouvernement Trump dont l’identité est connue de nous et dont le travail serait menacé si nous la révélions. Nous croyons que la publication anonyme de ce texte est la seule manière de fournir à nos lecteurs un point de vue important”, précise le New York Times, qui n’a pas pour habitude de publier des tribunes anonymes.

Toute la journée de jeudi, des ministres de Trump ont nié être à l’origine de cette tribune.

Le vice-président, Mike Pence, a fait savoir que le texte ne venait pas de lui. “Le vice-président signe de son nom les tribunes qu’il écrit”, a dit son porte-parole, Jarrod Agen. En déplacement en Inde, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a affirmé de même qu’il ne s’agissait pas de lui et a lui aussi fustigé la décision du NY Times de la publier.

D’autres responsables de l’administration Trump ont suivi, dont le chef du Pentagone, James Mattis, le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, le directeur du Renseignement national, Dan Coats, la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kirstjen Nielsen, ou encore l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley.

La porte-parole de la Maison blanche, Sarah Sanders, a pour sa part estimé que “l’obsession des médias à connaître l’identité du lâche anonyme ternit la réputation de milliers d’Américains qui servent fièrement notre pays et travaillent pour le président Trump. Stop!”

Au dernier pointage sur le site PredictIt, qui permet de miser de l’argent sur des événements politiques ou financiers, Dan Coats est le favori des parieurs, devant Nikki Haley et Fiona Hill, membre du conseil de sécurité nationale de la Maison blanche. Suivent le vice-président Mike Pence et Kellyanne Conway, conseillère historique du président Trump.

Les compétences linguistiques sont également mises à contribution pour tenter de percer l’anonymat de celui ou celle qui affirme appartenir à une “résistance silencieuse”.

Un mot notamment attire toutes les attentions: évoquant la figure de John McCain, le sénateur républicain enterré le week-end dernier avec tous les honneurs - mais en l’absence de Trump -, l’auteur du texte le qualifie de “lodestar”, un terme rarement usité renvoyant à un modèle, un guide, une source d’inspiration, précise le dictionnaire Merriam-Webster.

avec Susan Heavey, Makini Brice, Roberta Rampton et Yeganeh Torbati à Washington; Tangi Salaün et Henri-Pierre André pour le service français

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