September 6, 2018 / 2:46 PM / 3 months ago

Européennes: Macron poursuit son offensive "progressiste"

LUXEMBOURG (Reuters) - Une semaine après un déplacement en Europe du Nord et à la veille d’une rencontre avec Angela Merkel, Emmanuel Macron a poursuivi jeudi au Luxembourg son marathon diplomatique à la recherche d’alliés “progressistes” en vue des élections européennes de mai.

Une semaine après un déplacement en Europe du Nord et à la veille d'une rencontre avec Angela Merkel, Emmanuel Macron a poursuivi jeudi au Luxembourg son marathon diplomatique à la recherche d'alliés "progressistes" en vue des élections européennes de mai. /Photo prise le 6 septembre 2018/REUTERS/François Lenoir

A neuf mois du scrutin, le chef de l’Etat français, qui s’est fait élire en mai 2017 sur un programme pro-européen, a participé à une réunion de travail avec le Premier ministre du Grand-Duché, Xavier Bettel, le chef du gouvernement belge, Charles Michel, et le Premier ministre des Pays-Bas, Mark Rutte.

Au menu des discussions, la question du Brexit, de la réforme de la zone euro, de la taxation du numérique et l’épineux dossier des migrations, source de crispations entre Etats membres depuis des mois.

Cette question a fait l’objet d’une passe d’armes ces dernières semaines entre les partisans d’une ligne dure en matière de migrations, défendue notamment par des responsables italiens et autrichiens, et ceux d’une ligne “progressiste”, revendiquée entre autres par le chef de l’Etat français.

Ce dernier, qui a accepté d’endosser le rôle de “principal opposant” aux gouvernements nationalistes, pousse en faveur de la constitution d’une plateforme progressiste d’ici la fin de l’année en vue des élections européennes tout en se défendant de mener “campagne”.

“A mes yeux, ces solutions progressistes sont les plus respectueuses des principes et de l’Histoire de notre Europe et les plus efficaces”, a-t-il dit lors d’une conférence de presse au château de Bourglinster, au Luxembourg. “Nous n’avons aucune naïveté et les politiques que nous conduisons dans nos pays ne sont pas naïves”.

A ses côtés, les trois dirigeants européens ont défendu de concert les “valeurs fondamentales” européennes, notamment de solidarité et de coopération, et ont appelé à accélérer la mise en place de solutions concrètes afin de couper court aux arguments des dirigeants nationalistes.

“ACCÉLÉRER LES DÉCISIONS CONCRÈTES”

Nous avons la “nécessité d’être efficaces, de délivrer des résultats tangibles, perceptibles par nos concitoyens” parce que “les populistes, ceux qui n’aiment pas le projet européen, tous les extrémistes (...) sont aussi rassemblés par l’inefficacité des solutions simplistes qu’ils préconisent”, a souligné le Premier ministre belge.

“Nous devons accélérer la mise en place de ces décisions”, a abondé Mark Rutte, citant l’échéance du prochain sommet informel européen qui se tiendra le 20 septembre à Salsbourg, en Autriche. “Nous devons faire en sorte de mettre en place des accords (sur la migration) comme avec la Turquie, avec des pays en Afrique, de le faire de manière pragmatique”.

A l’approche des élections européennes, Emmanuel Macron a par ailleurs appelé le Parti populaire européen (PPE) à éclaircir sa pensée, estimant qu’il ne pouvait pas être à la fois aux côtés d’Angela Merkel et de Viktor Orban.

“Il appartient au PPE de clarifier ses positions”, a-t-il dit. “On ne peut pas tout à la fois être du côté sur beaucoup de sujets de la chancelière (allemande) Merkel et du Premier ministre (conservateur hongrois) Orban”.

L’eurodéputé conservateur allemand Manfred Weber a annoncé mercredi sa candidature au sein du PPE pour les élections européennes.

Principal parti politique du Parlement européen, cette formation réunit entre autres Les Républicains (LR) de France, le parti du Premier ministre hongrois Viktor Orban et la CDU d’Angela Merkel qui a apporté son soutien à la candidature de Manfred Weber.

“Je regarde in concreto l’action de la chancelière, elle est totalement du côté des progressistes, elle a toujours pris ses responsabilités et a oeuvré en la matière”, a estimé Emmanuel Macron. “Je peux confirmer qu’il n’y a pas d’ambiguïté” de sa part.

Concernant la Hongrie, il faut que les parlementaires européens soient plus “durs” et “clairs” vis-à-vis de Budapest et de l’ensemble des Etats membres qui ne respecteraient pas l’état de droit, a déclaré le chef de l’Etat quelques heures plus tard lors d’un débat avec des citoyens.

Edité par Elizabeth Pineau

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