September 6, 2018 / 7:55 AM / 2 months ago

Collomb s'interroge sur les sondages, Macron dit être à l'écoute

PARIS/LUXEMBOURG (Reuters) - Emmanuel Macron, invité par son ministre de l’Intérieur Gérard Collomb à s’interroger sur une salve de sondages défavorables, a assuré jeudi être à l’écoute des Français et a expliqué les précautions prises sur la question du prélèvement à la source.

Emmanuel Macron, invité par son ministre de l'Intérieur Gérard Collomb à s'interroger sur une salve de sondages défavorables, a assuré jeudi être à l'écoute des Français et a expliqué les précautions prises sur la question du prélèvement à la source. /Photo prise le 6 juillet 2018/REUTERS/Régis Duvignau

“On doit toujours être à l’écoute de nos concitoyens et je ne suis pas sûr que ce soit cela qui explique les sondages que je me suis toujours refusé à commenter”, a dit le chef de l’Etat français lors d’une conférence de presse au Luxembourg. “Je crois en l’écoute et le doute sains, c’est ce que j’ai souhaité faire quand il s’agissait du prélèvement à la source”.

En Finlande la semaine dernière, Emmanuel Macron avait semé le doute en déclarant avoir “plutôt l’intention” de mener à son terme cette réforme, expliquant qu’il attendait des “clarifications” sur certains points. Le Premier ministre, Edouard Philippe, a finalement confirmé mardi soir que cette réforme serait mise en oeuvre comme convenu au 1er janvier 2019.

“Lorsqu’on est à l’orée de prendre une décision sur des sujets importants, il faut toujours écouter nos concitoyens, le ministre de l’Intérieur a raison”, a estimé Emmanuel Macron jeudi au Luxembourg.

“C’est pour cela que j’ai souhaité mettre à plat l’ensemble des dispositifs qui m’étaient présentés et j’ai confirmé que nous mènerions une réforme que jusqu’alors tous mes prédécesseurs s’étaient refusés à mener en actes”.

“Parce que j’ai écouté les craintes (...) parce que j’ai entendu, on a pu corriger des dispositifs qui étaient mal faits, alors que nous aurions eu trois millions de Français qui allaient perdre de l’argent dans les premiers mois de l’année 2019 il n’y en aura plus, on gagne toujours à écouter à prendre garde, à entendre”, a-t-il poursuivi.

“LES RÉFORMES SONT TOUJOURS UN PEU IMPOPULAIRES”

Pour autant, “cet esprit d’écoute, cette considération pour nos concitoyens, leurs inquiétudes légitimes, ne doit en rien entraver le coeur du mandat qui m’a été donné par les Français qui est de transformer en profondeur la France”.

Un mois après “l’affaire Benalla”, première crise d’ampleur du quinquennat, l’exécutif a connu une rentrée agitée rythmée par les propos d’Emmanuel Macron sur le “gaulois réfractaire”, la nomination controversée de l’écrivain Philippe Besson au poste de consul de France à Los Angeles ou encore une mise en garde du “Monsieur patrimoine”, Stéphane Bern.

Dans les sondages, le chef de l’Etat voit sa cote de popularité chuter.

Dans le baromètre mensuel Elabe pour Les Echos et Radio Classique publié jeudi, la cote de popularité d’Emmanuel Macron est en recul de cinq points à 31%, soit le niveau le plus bas depuis le début de son quinquennat.

“Peut-être évidemment cela demande interrogation de sa part, de notre part”, a estimé Gérard Collomb jeudi matin sur BFM TV, où il était interrogé sur les mauvais sondages qui se multiplient. “Au départ les réformes sont toujours un peu impopulaires, toujours forcément”, a-t-il cependant noté.

“Pour ma part, je pense qu’aujourd’hui peut-être les uns et les autres, nous avons manqué d’humilité”, a-t-il ajouté.

“L’hubris c’est la malédiction des dieux, quand à un moment donné vous devenez trop sûr de vous, que vous pensez que vous allez tout emporter, il y a une phrase qui disait : ‘les dieux aveuglent ceux qu’ils veulent perdre’, donc il ne faut pas que nous soyons dans la cécité”, a poursuivi l’agrégé de lettres classiques.

“Il faut que tous les ministres gardent leurs racines de manière à pouvoir entendre ce que disent les gens parce que très vite dans les palais de la République on perd la capacité de lien avec la population et l’écoute”, a-t-il ajouté.

Julie Carriat à Paris et Marine Pennetier à Luxembourg, édité par Elizabeth Pineau

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