September 5, 2018 / 2:54 PM / 2 months ago

Wauquiez assume un SMS controversé aux lycéens de sa région

Le président d'Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez (au centre), qui a envoyé lundi un SMS aux lycéens de sa région, "assume" son geste et est prêt à le renouveler à la prochaine rentrée malgré la polémique qu'il a suscitée. /Photo prise le 26 août 2018/REUTERS/Emmanuel Foudrot

LYON (Reuters) - Le président d’Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez, qui a envoyé lundi un SMS aux lycéens de sa région, “assume” son geste et est prêt à le renouveler à la prochaine rentrée malgré la polémique qu’il a suscitée.

“C’est un banal message de rentrée, ce n’est pas un message politique”, a plaidé mercredi son cabinet. “Les lycées font partie des compétences de la région”, dit encore son entourage, qui considère que l’envoi de ce SMS est légal : “Les lycéens qui l’ont reçu avaient coché une case acceptant d’être destinataires d’informations et d’actualités de la région”.

Dans son court message, le chef de file des Républicains (LR) écrivait: “Je vous souhaite à tous une excellente rentrée, et que cette année vous réserve à tous de belles surprises ! Laurent WAUQUIEZ, Président de la Région”.

La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) va demander des précisions à la région pour savoir si l’utilisation du fichier lycéen ne contrevient pas à la législation, a-t-on appris auprès d’un porte-parole. Aucune plainte n’avait été reçue mercredi après-midi par la commission.

Dans un communiqué, la vice-présidente PS du parlement européen, Sylvie Guillaume, s’est interrogée sur la légalité de cet envoi : “Qu’est-ce qui autorise Laurent Wauquiez à utiliser les numéros de portables de ces jeunes récupérés à partir du fichier censé servir aux bénéficiaires du Pass’Région et à s’en servir à des fins de communication ?”

“En tout cas, ce n’est pas le droit européen !” assure-t-elle, citant le règlement général sur la protection des données entré en vigueur en France et dans tous les Etats membres le 25 mai 2018 “qui offre normalement des garanties et des conditions strictes pour l’utilisation des données par les autorités publiques et entités privées dans l’Union Européenne”.

Le groupe écologiste de la région a annoncé de son côté qu’il envisageait de saisir la Cnil.

Le groupe socialiste a également réagi à cet envoi : “Comment est-il possible que le président de la région puisse s’adresser directement aux lycéennes et lycéens de la région sans trahir la confidentialité des données ?” s’interroge Jean-François Debat, président du groupe dans un courrier envoyé à Laurent Wauquiez.

“Pouvez-vous nous indiquer les conditions dans lesquelles cette campagne de communication a été menée? En fonction des réponses que vous nous apporterez, nous nous réservons le droit de saisir la Cnil”, prévient-il.

Catherine Lagrange, édité par Sophie Louet

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