September 4, 2018 / 11:11 AM / 14 days ago

Macron opte pour un remaniement gouvernemental a minima

PARIS (Reuters) - Une semaine après la démission surprise de Nicolas Hulot et quelques heures après celle tout aussi inattendue de Laura Flessel, Emmanuel Macron a procédé mardi à un remaniement a minima du gouvernement d’Edouard Philippe avec lequel il espère tourner la page des adversités.

Une semaine après la démission surprise de Nicolas Hulot et quelques heures après celle tout aussi inattendue de Laura Flessel, Emmanuel Macron a procédé mardi à un remaniement a minima du gouvernement d'Edouard Philippe avec lequel il espère tourner la page des adversités. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Pour remplacer ces ministres, le chef de l’Etat a nommé respectivement l’actuel président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, à la Transition écologique et solidaire, et la première Française championne du monde de natation, Roxana Maracineanu, aux Sports, a annoncé l’Elysée dans un communiqué.

Quatrième personnage de l’Etat depuis son élection au “perchoir” en juin 2017, François de Rugy renoue à 44 ans avec un secteur dont il connaît les enjeux pour avoir entamé sa carrière politique chez les Verts.

“Le sens de ma décision ce n’est pas de baisser les bras, c’est de lever les yeux, c’est de regarder en face une dure réalité que nous avons ensemble à étreindre”, a déclaré Nicolas Hulot, ému, lors de la passation de pouvoirs.

“Je n’ai pas en l’état réussi à combler cette ligne de faille entre deux cultures entre deux intelligences, l’écologie et l’économie, mais ça n’est pas une fatalité”, a-t-il ajouté.

François de Rugy a assuré qu’il s’appuierait “sur les acquis précieux” de son prédécesseur et s’est dit déterminé à “agir pour l’écologie avec méthode, détermination et persévérance”.

“J’entends bien que l’on puisse faire marcher main dans la main économie et écologie”, lui a-t-il répondu. “Je serai toujours à l’écoute des contraintes réelles, économiques, sociales, techniques, mais je ne dévierai pas de la voie de la transformation écologique voulue par les Français”, a-t-il dit.

L’annonce de sa nomination s’est accompagnée d’une mise en garde de plusieurs élus qui ont appelé l’exécutif à accélérer la transition écologique et solidaire. “Il est urgent d’agir : des preuves du nécessaire sursaut politique collectif doivent être apportées face à l’électrochoc envoyé par le départ de Nicolas Hulot”, a déclaré le député La République en Marche (LaRem), Matthieu Orphelin, proche de l’ancien animateur de télévision.

CHUTE DE POPULARITÉ

“Le président de séance (François de Rugy-NDLR) qui a planté l’amendement contre le glyphosate à deux heures du matin devient ministre des apparences écologiques”, a pour sa part ironisé le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon sur Twitter.

Le choix de Roxana Maracineanu pour remplacer la discrète Laura Flessel confirme la volonté d’Emmanuel Macron d’élargir l’exécutif à la société civile malgré le départ de deux de ses plus populaires figures.

Fragilisée ces dernières semaines par l’ouverture d’une enquête sur la maison d’édition Actes Sud qu’elle a cofondée, la ministre de la Culture Françoise Nyssen conserve finalement son maroquin malgré la rumeur persistante la donnant sur le départ.

Ce troisième remaniement gouvernemental du quinquennat - après celui technique de juin 2017 et un ajustement a minima en novembre de la même année - survient dans une période délicate pour le couple exécutif, déjà bousculé par l’affaire Benalla.

Un mois après cette première crise d’ampleur, le chef de l’Etat a connu une rentrée agitée avec le coup de théâtre “Hulot”, ses propos controversés sur le “Gaulois réfractaire”, la nomination de l’écrivain Philippe Besson au poste de consul de France à Los Angeles - perçue comme un “fait du prince” - ou encore l’avertissement du “Monsieur Patrimoine”, Stéphane Bern.

Dans les sondages, le chef de l’Etat voit sa cote de popularité chuter. Selon une étude Ifop pour Paris Match et Sud Radio publiée mardi matin, seuls 31% des Français déclarent approuver son action, contre 41% en juillet. A titre de comparaison, François Hollande rassemblait 32% d’opinions positives à la même période et Nicolas Sarkozy 41%.

Quand on est président, “il y a des jours qui sont faciles et d’autres non”, a déclaré Emmanuel Macron lors d’un échange avec des collégiens de Laval (Mayenne) lundi.

Avec Simon Carraud et Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet

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