September 4, 2018 / 10:21 AM / 2 months ago

Tollé en Birmanie après la condamnation des journalistes de Reuters

Plusieurs organes de presse et des dizaines d'organisations de la société civile de Birmanie ont dénoncé la condamnation de deux journalistes de Reuters à des peines de sept ans de prison pour détention de secrets d'Etat, estimant qu'il s'agissait d'une atteinte à la liberté d'informer. /Photo prise le 31 mars 2018/REUTERS/Tom Lasseter

RANGOUN (Reuters) - Plusieurs organes de presse et des dizaines d’organisations de la société civile de Birmanie ont dénoncé la condamnation de deux journalistes de Reuters à des peines de sept ans de prison pour détention de secrets d’Etat, estimant qu’il s’agissait d’une atteinte à la liberté d’informer.

Les deux journalistes condamnés, Wa Lone, 32 ans, et Kyaw Soe Oo, 28 ans, ont été reconnus coupables d’avoir enfreint la loi sur les secrets d’Etat, qui date de l’ère coloniale, lorsqu’ils se sont procurés des documents relatifs aux forces de sécurité birmanes alors qu’ils enquêtaient sur le massacre de dix Rohingyas au cours d’une opération de l’armée menée il y a un an dans l’ouest de la Birmanie.

Le quotidien 7 Jours, l’un des journaux les plus lus du pays, reproduit mardi en page de une un bloc noir avec en marge un éditorial ainsi titré : “Un jour triste pour la Birmanie”.

“Chacun doit savoir que la démocratie ne survivra pas à un âge sombre de l’information”, écrit le journal.

Le vice-ministre de l’Information, Aung Hla Tun, a écarté l’idée que le verdict soit une atteinte à la liberté de la presse mais il a reconnu que certaines lois, dont celle en vertu de laquelle les journalistes ont été condamnés, n’étaient pas favorables aux gens de presse.

“Cette loi n’a pas été adoptée par le gouvernement actuel, nous en avons hérité”, a-t-il dit à Reuters. “Nous cherchons à revoir les lois. Certaines seront abrogées, si nécessaire, et d’autres amendées”.

Le Myanmar Times, journal à capitaux privés, reproduit une photo en une de Kyaw Soe Oo, quittant menotté le tribunal, et parle du verdict comme d’un “coup contre la liberté de la presse”.

Quant au journal gouvernemental Global New Light of Myanmar, il rapporte les faits en quatre paragraphes, dans une page intérieure. Il ne mentionne pas les critiques visant la décision de justice mais note que la défense pourrait faire appel.

Shoon Naing et Thu Thu Aung; Eric Faye pour le service français

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