August 30, 2018 / 7:08 PM / 19 days ago

Les victimes de Lactalis crient à la dissimulation de preuves

PARIS (Reuters) - L’Association des familles de victimes de Lactalis (AFVLCS) a annoncé jeudi le dépôt d’une plainte pour dissimulation de preuves, après les révélations du Canard Enchaîné sur le vol d’un ordinateur à la Direction générale de la concurrence, la consommation et la répression des fraudes (DGCCRF).

Le site de Craon. L'Association des familles de victimes de Lactalis (AFVLCS) a annoncé jeudi le dépôt d'une plainte pour dissimulation de preuves, après les révélations du Canard Enchaîné sur le vol d'un ordinateur à la Direction générale de la concurrence, la consommation et la répression des fraudes (DGCCRF). /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé

Cet ordinateur contenait des documents relatifs à la contamination à la salmonelle de lait infantile produit sur le site Lactalis de Craon (Mayenne), qui avait touché plus de 200 bébés entre 2005 et 2017 et au sujet de laquelle la justice a ouvert une enquête préliminaire le 22 décembre dernier.

D’autres familles de victimes ont déposé une plainte pour dissimulation de preuves dès mercredi par l’intermédiaire de leur avocat, Me Yassine Bouzrou.

Selon le Canard enchaîné, trois ordinateurs portables ont été dérobés le 10 mai dans les locaux de la DGCCRF, dont celui contenant ces documents, et une tablette numérique.

La DGCCRF a confirmé que du matériel informatique avait été volé ce jour-là dans une annexe du ministère de l’Economie et des Finances. Elle a précisé qu’un des ordinateurs contenait “des informations relatives à la gestion administrative du retrait-rappel des produits Lactalis” concernés, qu’une plainte avait été déposée et qu’une enquête de police était en cours.

La DGCCRF assure cependant qu’aucun document issu de l’enquête pénale à laquelle elle participe concernant Lactalis n’a été dérobé, ce que conteste Me Bouzrou et l’AFVLCS.

“L’enquête préliminaire a été également ouverte parce que des lots n’ont pas été retirés à temps et ont été redistribués. Cela concerne évidemment l’enquête pénale”, a ainsi déclaré l’avocat à Reuters. Un point de vue partagé par l’AFVLCS.

L’association et Me Bouzrou disent ne pas croire au hasard.

“Des petits voleurs d’ordinateurs ne s’aventurent pas dans un ministère ; ils sont passés par un endroit où il n’y avait pas d’alarme à un moment où il y avait des travaux, ce qu’il fallait savoir”, explique ainsi Yassine Bouzrou.

“Il y avait 280 ordinateurs à l’étage où ils sont intervenus mais ils n’en ont volés que trois et comme par hasard l’un deux contenait des documents concernant Lactalis”, ajoute-t-il.

Pour l’avocat, le vol de ces documents entrave l’enquête sur la responsabilité de Lactalis et des autorités de contrôle.

“Nous demandons que la lumière soit faite sur les circonstances et les mobiles de ce vol, dont on peut douter qu’il s’agisse d’un hasard”, renchérit le président de l’AFVLCS, Quentin Guillemain, qui dit soupçonner ce vol de n’être qu’un signe parmi d’autres d’une volonté de dissimulation.

“Nous demandons la nomination rapide d’un juge d’instruction parce que, au fur et à mesure que le temps passe, les preuves disparaissent”, ajoute-t-il.

Emmanuel Jarry, édité par Jean-Michel Bélot et Marc Joanny

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