August 30, 2018 / 7:28 AM / 4 months ago

Macron assume ses propos sur les Gaulois, parle d'humour

HELSINKI/PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron a assumé jeudi ses propos sur le “Gaulois réfractaire au changement”, à l’origine d’un tollé dans l’opposition, en réfutant tout mépris de sa part et en invoquant l’humour.

Emmanuel Macron a assumé jeudi ses propos sur le "Gaulois réfractaire au changement", à l'origine d'un tollé dans l'opposition, en réfutant tout mépris de sa part et en invoquant l'humour. /Photo prise le 29 août 2018/REUTERS/Ritzau Scanpix/Liselotte Sabroe

“Il faut prendre un peu de distance avec les polémiques”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue finlandais, Sauli Niinistö. “Ce n’est pas du mépris que de dire les choses et la vérité.”

“Je pense que nous sommes un pays, moi le premier, qui n’aime pas les changements et les ajustements permanents mais on est un pays qui dans les moments graves de l’histoire sait se transformer en profondeur”, a ajouté le président français, en déplacement à Helsinki après un passage par le Danemark.

“Nous ne sommes pas un pays dont la culture est le consensus, les ajustements pas à pas” mais, a-t-il encore dit, “si je pensais que nous n’étions que réfractaires, je ne serais pas devant vous et d’ailleurs je n’aurais sans doute pas été élu.”

Selon le chef de l’Etat, le “peuple français” se distingue avant tout par “son goût de l’intelligence, de l’humour, de l’ironie, de l’humour sur soi-même, et sans doute de la complexité”.

A Copenhague, Emmanuel Macron avait opposé mercredi la culture danoise, issue d’après lui d’un “peuple luthérien, qui a vécu les transformations des dernières décennies”, au réflexe du “Gaulois réfractaire au changement”.

“LANGUE DE BOIS EN CHÊNE MASSIF”

Jeudi, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a lui aussi présenté cette sortie comme un trait d’humour.

“Si on ne peut plus manier un peu l’ironie et la plaisanterie et si à chaque fois qu’un mot est employé, il est décortiqué, instrumentalisé, on va vous faire de la langue de bois en chêne massif, on va tous s’ennuyer ferme”, a-t-il dit.

A ses yeux, les Gaulois rétifs sont en réalité “les partis politiques qui depuis trente ans ne veulent rien changer, qui depuis 15 jours nous jouent la surviolence dans les mots politiques, qui veulent retrouver le confortable clivage gauche-droite”.

La comparaison d’Emmanuel Macron a suscité des réactions courroucées dans l’opposition.

Sur Europe 1, le président des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, a jugé jeudi “inadmissible d’entendre le président de la République critiquer et caricaturer les Français” alors même qu’il devrait, selon lui, jouer les ambassadeurs du pays.

Emmanuel Macron “méprise les Français depuis l’étranger”, a pour sa part fustigé Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (ex-FN), sur Twitter.

Pour le député de La France insoumise (LFI) Alexis Corbière, qui a également réagi via Twitter, le président français s’est montré, avec ses “propos d’une sottise confondante”, “non seulement très méprisant contre son propre peuple, mais aussi très ignorant sur les Gaulois”.

Cette polémique en rappelle d’autres, Emmanuel Macron étant coutumier de ce genre de déclarations interprétées par ses opposants comme la preuve d’une arrogance supposée.

En septembre 2017, il avait déclaré devant la communauté française d’Athènes qu’il entendait réformer la France et que, pour ce faire, il ne céderait en rien “ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes”.

Simon Carraud, avec le bureau à Helsinki, édité par Marine Pennetier

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