August 29, 2018 / 5:10 AM / a month ago

Le gouvernement ouvre l'acte II de la réforme de l'assurance chômage

PARIS (Reuters) - Le gouvernement lance mercredi une nouvelle phase de la refonte du marché du travail, affichant sa volonté de renouer le dialogue avec les partenaires sociaux après une année de tensions lors de réunions bilatérales à Matignon sur la réforme de l’assurance chômage et le financement des arrêts maladie.   

Le gouvernement lance mercredi une nouvelle phase de la refonte du marché du travail, affichant sa volonté de renouer le dialogue avec les partenaires sociaux après une année de tensions lors de réunions bilatérales à Matignon sur la réforme de l’assurance chômage et le financement des arrêts maladie. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard

Le Premier ministre Edouard Philippe, aux côtés des ministres Muriel Pénicaud (Travail) et Agnès Buzyn (Solidarités et Santé), entame dans l’après-midi les discussions avec Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT.

Ces rencontres s’échelonneront jusqu’au 4 septembre afin de préparer le terrain pour la renégociation de la convention de l’assurance chômage souhaitée par Emmanuel Macron. 

“Ce qui est à l’ordre du jour – comme le président de la République le leur a dit en juillet -, c’est la nécessité de parvenir à des avancées majeures dans deux domaines : la santé au travail et l’assurance chômage”, a résumé le Premier ministre dans Le Journal du Dimanche.

L’exécutif a déjà concrétisé partiellement les engagements de campagne d’Emmanuel Macron sur l’assurance chômage avec l’intégration sous conditions de certains démissionnaires et indépendants, assortie d’un renforcement des contrôles des bénéficiaires.

Il compte désormais agir “partout où il y a des mécanismes qui n’incitent pas à retrouver rapidement un emploi”, a précisé Edouard Philippe dans le JDD.

Pour mettre sur pied “un système financièrement équilibré qui garantisse la justice sociale et favorise le retour à l’emploi”, il s’agit notamment de s’attaquer au recours abusif aux contrats de courte durée via un système de bonus-malus.

Sont également dans le viseur les règles qui favorisent selon l’Elysée “un enfermement dans le chômage”, à savoir la possibilité de cumuler salaire et allocations.

Autre disposition au menu des discussions: une éventuelle dégressivité des allocations chômage des cadres, comme proposé récemment par le député Aurélien Taché (La République en Marche).

Edouard Philippe a précisé dans le JDD n’avoir “ni tabou ni présupposés” à ce sujet, pomme de discorde potentielle avec les partenaires sociaux.

L’exécutif souhaite par ailleurs contenir les dépenses liées aux arrêts maladie, une perspective qui inquiète les entreprises mais qui est également susceptible de déclencher l’ire des syndicats, selon la solution retenue.

Si le Premier ministre a assuré écarter l’hypothèse d’une “mesure brutale de transfert vers les entreprises” - une éventualité qui avait été évoquée dans la presse - il a insisté sur la nécessité de “trouver une solution pour contenir ces dépenses”, dont la progression ampute d’autant le financement des hôpitaux ou de nouveaux traitements.

La renégociation des règles de l’assurance chômage menée par les organisations patronales et syndicales du privé s’étalera jusqu’à la fin janvier-début février, et la nouvelle convention devra être soumise au gouvernement pour approbation.

Caroline Pailliez, avec Myriam Rivet, édité par Sophie Louet

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