August 27, 2018 / 1:27 PM / 3 months ago

Macron fourbit ses armes face aux "nationalistes"

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron a esquissé lundi la ligne que portera son camp face aux “nationalistes” aux élections européennes de mai, qui vise selon lui à renforcer l’Europe pour renforcer la France.

Emmanuel Macron a esquissé lundi la ligne que portera son camp face aux "nationalistes" aux élections européennes de mai, qui vise selon lui à renforcer l'Europe pour renforcer la France. /Photo prise le 27 août 2018/REUTERS/Philippe Wojazer

“Ce combat européen ne fait que commencer. Il sera long, il sera difficile”, a dit le chef de l’Etat devant les ambassadeurs de France réunis à l’Elysée, avant de désigner des défis et des adversaires.

“Nous sommes au milieu d’une crise européenne”, a-t-il souligné, citant le départ du Royaume-Uni de l’Union en mars prochain, une montée des extrêmes dans de nombreux pays, les divisions Nord-Sud sur les questions économiques et Est-Ouest sur les questions migratoires.

Face aux crises et aux doutes, il faut selon lui “ne rien renoncer de l’ambition qui est née il y a un an”, avec son élection sur un programme pro-européen et ses propositions pour réformer l’Union et la zone euro.

La réponse à ceux qui lient nationalisme et opportunisme - le Premier ministre hongrois Viktor Orban et des membres du gouvernement italien, une allusion au ministre de l’Intérieur Matteo Salvini - viendra d’un camp défendant “un humanisme progressiste”, qui doit porter une ligne claire : “celle d’une volonté de souveraineté européenne”, a dit Emmanuel Macron.

“Nous devons écrire et raconter l’Histoire de l’Europe que nous voulons, en démontrer les résultats concrets, afin de convaincre nos concitoyens que la voie de la coopération en Europe, dans le monde, est la seule qui puisse conduire à des relations de confiance mutuelles dans l’intérêt de la France.”

Il a évoqué sa vision d’une Europe plurielle, parfois plus large que l’Union et parfois plus intégrée : “cette Europe sera une Europe de plusieurs cercles”.

EN FINIR AVEC LES “TABOUS”

Pour accroître l’intégration et renforcer la zone euro, il faut selon lui poursuivre les travaux sur la base de l’accord trouvé avant l’été avec la chancelière allemande, Angela Merkel, qu’il rencontrera début septembre.

Réformer l’UE et la zone euro, “ça suppose d’avoir un peu d’audace et d’accepter de revisiter des tabous de part et d’autre : des tabous de transferts (financiers) d’un côté du Rhin, les tabous de changement de traités de l’autre”, a-t-il dit.

“La vision que porte la France aujourd’hui, celle que nous porterons dans le cadre des échéances à venir, suppose une révision des traités”, a-t-il ajouté.

Pour résoudre la “crise politique” sur les migrations, il a souhaité que les Européens acceptent de renforcer la solidarité entre Etats membres.

Evoquant les négociations d’adhésion de la Turquie, il a jugé préférable de “sortir de l’hypocrisie” et de travailler plutôt à un partenariat stratégique.

En France, le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a espéré la semaine dernière pouvoir faire des élections européennes “un référendum anti-Macron”.

“Nous voulons lui mettre une raclée démocratique”, a-t-il dit, en accusant le chef de l’Etat d’être “le petit copiste de la Commission européenne et de Mme Merkel”.

avec Marine Pennetier, édité par Sophie Louet

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