August 27, 2018 / 10:42 AM / 3 months ago

Le Maire assume une politique pro-entreprises et pro-travail

PARIS (Reuters) - Le gouvernement assume une politique pro-entreprises et pro-travail, a déclaré lundi le ministre de l’Economie et des Finances en réponse à la salve de critiques qui a salué les arbitrages budgétaires annoncés par le Premier ministre, Edouard Philippe pour 2019, dans le Journal du Dimanche.

Le gouvernement assume une politique pro-entreprises et pro-travail, a déclaré lundi le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire (photo), en réponse à la salve de critiques qui a salué les arbitrages budgétaires annoncés par le Premier ministre, Edouard Philippe pour 2019. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer

L’opposition de droite comme de gauche a notamment choisi comme angle d’attaque la désindexation de prestations sociales et des retraites, déjà touchées en 2018 par une hausse de la CSG (contribution sociale généralisée).

“Nous aimons les retraités, nous aimons tous les Français. Simplement, nous faisons des choix politiques”, a contre-attaqué Bruno Le Maire sur RTL. “Nous faisons le choix de rétablir l’équilibre des comptes publics, de valoriser le travail d’améliorer l’offre des entreprises.”

“Cette stratégie économique, je suis convaincu que c’est la bonne, qu’elle donnera des résultats sur le long terme et qu’il faut la garder et même l’accélérer”, a ajouté le ministre de l’Economie et des Finances.

“Que nous fassions une politique pro-entreprises c’est évident et je le revendique. Mais nous le faisons pour les Français, pour tous ceux qui n’ont pas d’emploi, pour les jeunes qui désespèrent de trouver un travail, pour ceux qui sont licenciés à 50 ans”, a insisté Bruno Le Maire.

Plus tard, devant l’Association des journalistes économiques et financiers, il a cependant mis en garde les entreprises sur la façon dont elles utiliseraient les mesures en leur faveur.

“Nous souhaitons que ces gains de trésorerie (...), qui sont importants avec la bascule du CICE, soient employés en priorité à l’investissement et au désendettement des entreprises non financières plutôt qu’au versement des dividendes”, a-t-il dit.

INTÉRESSEMENT

La transformation en 2019 du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisse de cotisations pérenne de six points, jusqu’à 2,5 fois le smic, permettra aux entreprises de bénéficier l’an prochain à la fois du crédit d’impôt pour 2018 et des baisses de charges pour 2019.

Bruno Le Maire a cependant fait valoir que les entreprises contribueraient aussi à la réduction des déficits publics à hauteur de plus de trois milliards d’euros en 2019, notamment grâce au report au 1er octobre 2019 d’une baisse de charges patronales prévue initialement pour le 1er janvier.

Il a assuré que le gouvernement avait à coeur de “préserver les plus fragiles” et de faire en sorte que le travail “paye plus”. Il a ainsi insisté sur la suppression du forfait social de 20% sur l’intéressement prévue par le projet de loi Pacte pour la croissance et la transformation des entreprises.

“J’espère bien que toutes les PME, tous les commerçants, toutes les très petites entreprises vont se saisir de cette suppression du forfait social pour verser de l’intéressement aux salariés et que le travail paye plus”, a-t-il déclaré sur RTL.

Mais alors que le gouvernement comptait jusqu’ici voir cette mesure entrer en vigueur dès le 1er janvier 2019, Bruno le Maire prévoit désormais une mise en place “plutôt au printemps 2019”.

LES CRITIQUES CONTINUENT

Les éléments de langage sur une stratégie assumée ont également été repris par le ministre de l’Action et des Comptes public. “C’est un choix politique que de choisir le travail”, a notamment répété Gérald Darmanin sur BFM TV.

Face aux critiques de l’opposition, il s’est, lui aussi, efforcé d’allumer des contre-feux, notamment en promettant de nouvelles baisses d’impôts pour les particuliers comme les entreprises - “On aura l’occasion fin septembre d’y revenir.”

Des responsables de l’opposition ont continué lundi à s’en prendre au chef de l’Etat, Emmanuel Macron, dont la cote de popularité a chuté au cours de l’été, ainsi qu’au Premier ministre et à son gouvernement.

“Ils sont face au mur, tentent des économies de bout de chandelle et les retraités sont de véritables vaches à lait”, a ainsi déclaré à Sud-Radio la porte parole du parti Les Républicains Laurence Sailliet.

A gauche, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a vu dans les arbitrages annoncés par Edouard Philippe le symptôme d’une “politique qui échoue”.

“Les arbitrages qui ont été rendus ne sont pas le fait du hasard, ils sont liés au fait que depuis un an les résultats qui on été tant vantés ne sont pas venus”, a-t-il dit sur France 2. “C’est un gouvernement qui (...), pour l’essentiel, en a fini avec l’idée même de la lutte contre les inégalités.”

Les critiques sont également venues du camp syndical. La CFDT a ainsi dénoncé dans un communiqué une logique budgétaire “injuste et inquiétante”.

Après une année de “cadeaux aux premiers de cordée”, “maintenant on attaque les derniers de corvée, les plus faibles et les plus démunis”, a pour sa part déploré le secrétaire général de Force ouvrière, Pascal Pavageau, sur LCI.

Emmanuel Jarry et Myriam Rivet

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