August 27, 2018 / 5:01 AM / 24 days ago

Verdict reporté pour les journalistes de Reuters en Birmanie

RANGOUN, Birmanie (Reuters) - L’annonce du verdict du procès des deux journalistes birmans de l’agence Reuters poursuivis pour détention de secrets d’Etat a été reportée d’une semaine, au lundi 3 septembre, le juge saisi du dossier étant malade, a annoncé un de ses confrères.

L'annonce du verdict du procès des deux journalistes birmans de l'agence Reuters poursuivis pour détention de secrets d'Etat a été reportée d'une semaine, au lundi 3 septembre, le juge saisi du dossier étant malade. /Photo prise le 27 août 2018/REUTERS/Ann Wang

“Le juge est en mauvaise santé. Je suis donc ici pour annoncer que le verdict est reporté au 3”, a dit le juge Khin Maung Maung, qui a remplacé lundi le juge Ye Lwin pour une brève audience au tribunal de Rangoun, l’ancienne capitale de la Birmanie.

L’avocat de la défense, Khin Maung Zaw, a déclaré à la presse que le verdict était prêt mais qu’il devait être prononcé par le juge chargé de l’affaire.

“Nous sommes déçus de ne pas avoir reçu aujourd’hui la décision du juge”, a réagi Reuters dans un communiqué.

“Wa Lone et Kyaw Soe Oo ont déjà passé plus de huit mois en prison sur la base d’allégations d’un crime qu’ils n’ont pas commis. Nous attendons avec impatience de connaître le verdict la semaine prochaine et nous espérons fortement qu’ils seront acquittés et retrouveront leurs familles.”

Des dizaines de journalistes et de diplomates s’étaient rassemblés au tribunal pour entendre le verdict concernant Wa Lone, 32 ans, et Kyaw Soe Oo, 28 ans, arrêtés en décembre dernier. Leur procès est considéré comme un test des progrès de la Birmanie vers la démocratie.

Au moment de leur arrestation, le 12 décembre, les deux hommes menaient une enquête sur l’assassinat de dix Rohingyas, des musulmans apatrides, dans un village de l’Etat de Rakhine (Arakan), dans l’ouest de la Birmanie, au cours d’une opération de l’armée et de la police.

Les reporters de Reuters sont accusés d’avoir enfreint la loi sur les secrets d’Etat, qui date de l’ère coloniale, pour s’être procurés des documents relatifs aux forces de sécurité birmanes.

Lors de leur procès, ils ont déclaré au tribunal que deux agents de police leur avaient remis des documents dans un restaurant du nord de Rangoun, quelques instants avant leur arrestation par d’autres policiers.

Selon le témoignage d’un policier au procès, la rencontre au restaurant a été organisée pour piéger les journalistes afin de les punir d’avoir écrit sur le meurtre des dix Rohingyas et d’autres abus impliquant soldats et policiers à Inn Din.

“Nous n’avons pas peur. La vérité est de notre côté. (...) Ils ne peuvent pas nous affaiblir”, a déclaré Wa Lone à la presse.

Plus de 700.000 Rohingyas ont fui la Birmanie pour le Bangladesh, selon les Nations unies.

Une commission d’experts indépendants mandatés par les Nations unies doit rendre ce lundi son rapport définitif sur la répression visant les Rohingyas à l’origine de cet exode.

John Chalmers; Danielle Rouquié et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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