August 26, 2018 / 1:44 PM / 25 days ago

Wauquiez réserve ses coups à Macron, pas un mot pour Pécresse

MONT MÉZENC (Haute-Loire) (Reuters) - Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, s’est livré dimanche à un réquisitoire contre Emmanuel Macron, dont il a souligné l’”échec” à ses yeux et la fin des “illusions”, tout en passant sous silence les dissensions au sein de son parti.

Laurent Wauquiez (photo) s'est livré dimanche à un réquisitoire contre Emmanuel Macron dont il a souligné l'"échec" et la fin des "illusions", tout en passant sous silence les dissensions au sein des Républicains. /Photo prise le 30 juin 2018/REUTERS/Eric Gaillard

Après une cure médiatique observée cet été, le chef de file de la droite a prononcé son discours de rentrée au pied du mont Mézenc (Haute-Loire), comme il le fait rituellement depuis 2012, devant environ 1.300 personnes - élus, dirigeants LR quasiment au complet et militants venus donner une image de rassemblement.

En bras de chemise sur l’estrade, il n’a jamais mentionné le nom de Valérie Pécresse, de plus en plus résolue à jouer le rôle de contrepoids dans un registre moins droitier, voire de rivale.

Entourée de ses propres soutiens, parmi lesquels Christian Estrosi, et soutenue à distance par Xavier Bertrand, la présidente de la région Île-de-France a fait sa rentrée séparément vendredi à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), non loin des anciennes terres chiraquiennes.

A 300 kilomètres de là, Laurent Wauquiez, venu avec femme et enfants, a laissé à d’autres le soin de critiquer Valérie Pécresse, à l’image de Nadine Morano qui a ironisé sur un “bidule médiatique”, et a réservé ses coups au seul chef de l’Etat.

“A mesure que les illusions du macronisme se dissipent, notre responsabilité n’en est que plus grande car nous devons, nous, offrir aux Français un autre chemin”, a déclaré le chef de parti, qui tente depuis son intronisation il y a neuf mois d’endosser le costume de premier opposant.

“En un an, la situation s’est dégradée. Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, la France ne va pas mieux. Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, les Français ne vivent pas mieux”, a-t-il insisté, citant en exemple le ralentissement de la croissance, le niveau des dépenses publiques et le faible dynamisme du pouvoir d’achat.

“C’est Emmanuel Macron qui est responsable d’avoir asphyxié (la croissance) en ayant autant augmenté les impôts sur les Français”, a-t-il accusé.

Au total, la première année du quinquennat est un “échec” selon le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui a salué par contraste la gestion de son exécutif local.

Fidèle à son positionnement franchement à droite, il a par ailleurs appelé à une “refondation complète” de la politique migratoire européenne passant par la fermeture des ports aux navires transportant des migrants. [nL8N1VH0CQ]

“EMPÊTRÉ DANS LES AFFAIRES”

Ses critiques du gouvernement ont trouvé un écho chez Christian Jacob, président du groupe LR à l’Assemblée nationale, pour qui “les masques sont tombés”.

“La réalité du macronisme est ce qu’elle est, c’est-à-dire inefficace sur le plan économique” et “empêtrée dans les affaires, Benalla, Kohler, Nyssen” - autant de références à des enquêtes visant un ex-chargé de mission à l’Elysée, le secrétaire général de la présidence et la ministre de la Culture pour des motifs différents.

Mais, a-t-il prévenu, la critique de la gouvernance Macron “ne suffit pas, il faut être capable de reconstruire”.

En cette rentrée, Emmanuel Macron est sous le feu croisé de toutes les oppositions, de La France insoumise au Rassemblement national (ex-Front national), qui profitent des difficultés de l’exécutif, particulièrement celles apparues cet été, pour retrouver de la voix.

C’est dans ce contexte que Laurent Wauquiez a repris l’offensive, après avoir laissé les parlementaires LR à la manoeuvre au plus fort de l’Affaire Benalla au mois de juillet - quitte à susciter alors des interrogations dans ses rangs sur sa capacité à incarner l’opposition.

Sur sa lancée, il devrait faire une mini tournée des fédérations LR au cours du mois de septembre.

Après son discours, Laurent Wauquiez a gravi par environ 10 degrés le haut du mont Mézenc, qui culmine à 1.750 mètres, en compagnie de ses fidèles, respectant là un cérémonial répété chaque année depuis 2012.

L’ex-ministre de Nicolas Sarkozy avait fait cette année-là l’ascension avec Valérie Pécresse. L’année dernière, il a parcouru le chemin avec Virginie Calmels, elle aussi venue de la droite modérée, mais démise en juin de son titre de vice-présidente pour avoir publiquement remis en cause la ligne officielle.

édité par Julie Carriat

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below