August 26, 2018 / 9:19 AM / 3 months ago

USA: Décès du sénateur républicain John McCain à l'âge de 81 ans

WASHINGTON (Reuters) - Le sénateur républicain américain John McCain, ancien prisonnier de guerre au Vietnam, candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2008 et détracteur du président Donald Trump, est décédé samedi après-midi dans son ranch de l’Arizona.

Le sénateur de l'Arizona - il a siégé pendant plus de 30 ans - était atteint d'un cancer au cerveau découvert par ses médecins en juillet 2017. Il n'avait pas pu siéger au Congrès cette année. /Photo prise le 26 août 2018/REUTERS/Joshua Roberts

Il aurait eu 82 ans le 29 août.

Le sénateur de l’Arizona - il a siégé pendant plus de 30 ans - était atteint d’un cancer au cerveau découvert par ses médecins en juillet 2017. Il n’avait pas pu se rendre au Congrès cette année.

Sa famille avait annoncé vendredi qu’il avait décidé de mettre fin à son traitement. Elle a fait savoir dimanche que ses funérailles auraient lieu à la cathédrale de Washington et qu’il serait inhumé à Annapolis, dans le Maryland. Son cercueil sera auparavant exposé à Phoenix, dans l’Arizona, puis dans la rotonde du Capitole des Etats-Unis, à Washington.

Les drapeaux ont été mis en berne dimanche à la Maison blanche et les cinq anciens présidents américains encore en vie - Barack Obama, George W. Et H.W Bush, Bill Clinton et Jimmy Carter - ont rendu hommage à son courage et son tempérament.

Tour à tour affable et revêche, John McCain était devenu un personnage public pendant la guerre du Vietnam. Son avion avait été abattu lors d’une mission de bombardement au-dessus de Hanoï, la capitale du Vietnam du Nord. Détenu notamment à la célèbre prison “Hanoï Hilton”, il avait été battu et torturé. Il en était sorti en mars 1973 avec une infirmité permanente.

Ce fils et petit-fils d’amiraux de la Navy avait brigué en 2000 l’investiture du Parti républicain à la présidentielle, mais il avait été évincé par George W. Bush.

Il était devenu le candidat du Grand Old Party huit ans plus tard mais avait été battu par le démocrate Barack Obama, devenu le premier président noir des Etats-Unis.

Rendant hommage à son ancien adversaire, Barack Obama a déclaré dans un communiqué que bien que très différents sur les plans personnel et politique, lui et McCain partageaient “une fidélité à quelque chose de plus élevé - les idéaux pour lesquels des générations d’Américains et de migrants ont lutté, ont manifesté et se sont sacrifiés.”

TRUMP PAS INVITÉ AUX FUNÉRAILLES

John McCain, qui présidait la Commission de la défense du Sénat, avait souvent la dent dure contre le président Donald Trump, un républicain comme lui, et était aussi la cible de celui-ci.

Le sénateur de l’Arizona critiquait notamment Donald Trump pour son soutien au président russe Vladimir Poutine et à d’autres dirigeants étrangers qu’il qualifiait de “tyrans”.

“La flatterie permet d’obtenir son amitié et la critique son inimitié”, a écrit McCain à propos de Trump dans ses mémoires, “The Restless Wave”, publiés en mai dernier.

Dans l’entourage du sénateur, certains ont fait savoir que le président ne serait pas invité aux funérailles à la demande expresse de McCain. C’est le vice-président, Mike Pence, qui devrait représenter l’administration Trump à la cérémonie, a indiqué dimanche sa famille.

Le chef de la Maison blanche a tweeté, peu après l’annonce du décès : “Ma sympathie et mon respect les plus profonds à la famille du sénateur John McCain.”

Ce dernier joua un rôle central dans un des épisodes les plus dramatiques de la présidence Trump à son retour à Washington peu après le diagnostic de son cancer, lors d’un vote en pleine nuit, en juillet 2017.

Encore affaibli, il refusa de voter un texte présenté par Donald Trump annulant l’Obamacare, la loi emblématique du président Obama qui avait permis à des millions d’Américains d’obtenir une couverture maladie.

Ce vote avait rendu Donald Trump furieux. Il y faisait souvent allusion dans des meetings, sans pour autant mentionner McCain par son nom.

RÉPUTATION DE NON-CONFORMISTE

Aux critiques de McCain sur ses propos xénophobes pendant la campagne pour l’élection présidentielle de 2016, le futur président avait déjà répondu que le sénateur n’était “pas un héros de guerre”. Il avait ajouté : “J’aime les gens qui n’ont pas été faits prisonniers.”

Après avoir servi plus de 20 ans dans la marine, John McCain avait d’abord été élu député à la Chambre des représentants pour l’Arizona en 1982. Après quatre ans passé à la Chambre, il avait été élu au Sénat, toujours pour l’Arizona, en 1986.

Son bilan au Congrès est conforme à son appartenance au camp conservateur. Il était opposé à l’avortement et partisan d’une augmentation des dépenses militaires.

Il avait soutenu la guerre en Irak lancée par George W. Bush en 2003 et critiqué Barack Obama pour ne pas être davantage intervenu dans la guerre civile en Syrie.

Il se targuait toutefois d’une réputation de non-conformiste. Il n’hésitait pas à voter contre son camp sur des textes concernant l’immigration ou le changement climatique.

Il s’était exprimé contre l’utilisation du waterboarding (simulation de noyade) et autres techniques d’interrogatoires apparentées à de la torture prônées par l’administration Bush dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.

Il avait demandé la fermeture de la prison de Guantanamo à Cuba où sont toujours détenus les étrangers soupçonnés de terrorisme.

De l’autre côté de l’Atlantique, le président français Emmanuel Macron a salué un “véritable héros américain” dont la “voix manquera”. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a rendu hommage à un “excellent interlocuteur pour la France et souvent un soutien de premier plan, notamment au moment de l’intervention française au Mali” en 2013.

“J’ai eu l’occasion de mesurer ces dernières années (...) la profondeur de ses analyses sur l’état du monde et la sécurité internationale”, a ajouté l’ancien ministre de la Défense de François Hollande.

A Berlin, la chancelière Angela Merkel a salué la fermeté des convictions de John McCain en faveur de la liberté, de la démocratie et de l’Etat de droit.

Avec Jason Lange, Maria Caspani, Paul Grant, Richard Cowan, Patricia Zengerle et Bill Trott; Danielle Rouquié et Tangi Salaün pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse

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