August 24, 2018 / 4:50 PM / 3 months ago

Pas d'accord à Bruxelles sur le sort des migrants du Diciotti

BRUXELLES/ROME (Reuters) - Les représentants de dix Etats membres de l’Union européenne réunis vendredi à Bruxelles pour trouver une solution à la crise des migrants recueillis à bord du Diciotti, un bateau de la garde-côtes italienne, se sont séparés sans résultat, malgré l’ultimatum de Rome.

Les représentants de dix Etats membres de l'Union européenne réunis vendredi à Bruxelles pour trouver une solution à la crise des migrants recueillis à bord du Diciotti, un bateau de la garde-côtes italienne, se sont séparés sans résultat, malgré l'ultimatum de Rome. /Photo prise le 21 août 2018/REUTERS/Antonio Parrinello

Luigi Di Maio, vice-président du Conseil italien, avait sommé jeudi soir la Commission européenne de trouver une solution sur leur répartition, faute de quoi la contribution italienne au budget de l’UE pourrait être suspendue à compter de l’année prochaine.

L’Union a failli à ses principes de “solidarité et de responsabilité”, a déploré sur Facebook le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, dénonçant le fossé teinté d’”hypocrisie” entre les paroles et les actes après l’échec de la réunion.

“L’Italie faisait pression en faveur d’une solution pour le Diciotti, mais ce n’était pas l’élément le plus important pour les autres. Ils voulaient plutôt parler de solutions structurelles pour les navires de Méditerranée. Il n’y a donc pas eu d’accord sur le Diciotti”, a annoncé un diplomate.

Le bateau à bord duquel se trouvaient 177 migrants, a pu accoster lundi soir dans le port de Catane, en Sicile. Vingt-sept mineurs ont été autorisés à débarquer tard mercredi soir, mais pas les 150 adultes qui sont toujours confinés à bord, l’Italie refusant toujours de les accueillir.

Davide Faraone, député du Parti démocrate qui est allé constater leurs conditions de vie, a annoncé vendredi qu’ils avaient entamé une grève de la faim, alors que Luigi Di Maio renouvelait ses menaces.

“LIGNE DURE”

“La ligne douce ne fonctionne pas. La ligne dure, ce sera de retirer notre argent s’ils ne nous écoutent pas”, a averti le chef de file du Mouvement 5 Etoiles qui a formé une coalition gouvernementale avec la Ligue, un parti d’extrême droite.

La Commission européenne a par suite estimé que les menaces n’avaient aucune utilité dans le débat.

“Trouver une solution pour les gens à bord est notre principale priorité. C’est ce sur quoi nous nous focalisons et c’est ce sur quoi nous pensons que chacun devrait se focaliser”, a répondu Alexander Winterstein, porte-parole de la Commission, lors d’un point de presse.

“Ne nous lançons pas dans des accusations mutuelles. Nous croyons aussi que les déclarations non constructives, a fortiori les menaces, ne sont pas utiles et qu’elles ne nous rapprocheront pas d’une solution”, a-t-il poursuivi. “L’Union européenne est une communauté de règles et elle fonctionne sur la base des règles, pas des menaces.”

L’affaire du Diciotti illustre à nouveau les tensions entre Rome et ses partenaires européens depuis l’arrivée au pouvoir de la coaltion début juin.

L’Italie, où plus de 650.000 migrants ont débarqué depuis 2014, “ne sera plus le camp de réfugiés de l’Europe”, ne cesse d’affirmer Matteo Salvini, vice-président du Conseil et numéro un de la Ligue.

Jean-Philippe Lefief pour le service français

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