August 24, 2018 / 4:44 PM / 3 months ago

Pécresse se veut une force de proposition à droite

PARIS (Reuters) - La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a marqué vendredi en Corrèze son désir d’être une force de proposition chez Les Républicains (LR), dont le chef de file, Laurent Wauquiez, s’exprimera dimanche dans son fief auvergnat.

La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a marqué vendredi en Corrèze son désir d'être une force de proposition chez Les Républicains (LR), dont le chef de file, Laurent Wauquiez, s'exprimera dimanche dans son fief auvergnat. /Photo prise le 30 juin 2018/REUTERS/Eric Gaillard

Signe de leur rivalité, ces deux figures de LR ont organisé séparément leur retour médiatique après la pause estivale, l’une à Brive-la-Gaillarde, l’autre sur le Mont Mézenc, en Haute-Loire.

Dans un entretien au Figaro, Laurent Wauquiez déclare ne pas s’inquiéter d’une rentrée en ordre dispersé, qui est selon lui “le signe d’une droite qui reprend du tonus et tant mieux!”

Il précise ne pas avoir été invité à Brive. “Cela ne me choque pas, car c’est le rassemblement de son microparti, et je n’en suis pas membre”, ajoute-t-il.

Quinze mois après l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, les questions relatives à la sécurité, au pouvoir d’achat et à la solidarité entre les territoires ont dominé le discours de Valérie Pécresse devant les sympathisants de son mouvement Libres!, qui avaient fait le déplacement en Corrèze.

Dénonçant tour à tour la situation dans les prisons, le “repli communautariste qui menace la cohésion nationale” et la présence sur le sol français de personnes fichées “S” d’origine étrangère, l’ancienne ministre a promis pour la rentrée des “propositions sans tabou” sur ces sujets.

En matière de dépenses publiques, elle a appelé à un “big bang de baisse des dépenses de fonctionnement de l’Etat pour faire baisser les impôts et les taxes et libérer des énergies.”

“La France a besoin d’un contrechoc fiscal, il y a urgence”, a-t-elle considéré.

WAUQUIEZ VEUT “UNE PAROLE CLAIRE DE LA DROITE”

Pour lutter contre les “ghettos”, la présidente de région propose de limiter à 30% la proportion de logements sociaux dans les banlieues défavorisées et la destruction de “quartiers en déshérence”, sur l’exemple danois.

“L’abandon par Emmanuel Macron d’un vrai plan banlieue, c’est une bombe à retardement”, a lancé celle qui défend l’idée d’un “social efficace”.

“La droite a des idées, vous pouvez le constater : à Libres !, nous élaborons un projet politique pour la France”, a-t-elle résumé.

A dix mois des élections européennes, dont la perspective fait débat à LR, Valérie Pécresse s’est prononcée pour un projet et une liste “puissamment pro-européens”, jugeant “impensable de laisser le monopole européen à La République en Marche”, le parti du chef de l’Etat.

Sans jamais citer Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse a lancé des coups de griffe au président de LR sur le thème de la ruralité et dénoncé “l’impasse” qui conduit selon elle “certains à droite à opposer les habitants des villes et des campagnes”.

“La France a plus que jamais besoin de cohésion et de rassemblement, pas de clivage et de ressentiment”, a-t-elle ajouté à l’adresse de Laurent Wauquiez.

Plus tôt dans la journée, à Brive, le maire LR de Nice, Christian Estrosi, avait eu des mots sévères à l’adresse du président des Républicains, élu en décembre dernier à la tête du parti héritier de l’UMP.

“Si certains pensent reconstruire notre mouvement en utilisant les même méthodes, le même type de gouvernance, le même type de mépris des militants, la même centralisation bureaucratique, la même pensée manichéenne, le même sectarisme, la même passion de l’exclusion et la même aversion pour la confrontation d’idées, le même culte du chef, alors je vous le dis : il n’y aura ni rénovation, ni résilience, il n’y aura plus ni succès, ni victoire”, a-t-il prévenu.

En réponse à ses détracteurs, Laurent Wauquiez rappelle dans le Figaro qu’il reste “le chef” de sa famille politique et lance une mise en garde contre les “petites chapelles personnelles”.

“Maintenant que les illusions du macronisme se dissipent, les Français sont en attente d’une parole claire de la droite”, dit-il. “Le temps n’est pas aux petites chapelles personnelles. Le temps est à la construction d’une église commune.”

“Chaque choix est respectable mais ceux qui pratiquent la division devraient méditer cela : à force de ne pas monter dans le train, on risque de rester à quai”, ajoute-t-il.

Elizabeth Pineau, édité par Emmanuel Jarry

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