August 24, 2018 / 2:34 PM / 3 months ago

Nyssen au coeur d'une nouvelle tempête politique

Décriée depuis son arrivée rue de Valois, dépossédée de plusieurs dossiers-clefs, Françoise Nyssen affronte en cette rentrée une nouvelle tempête politique avec l'ouverture d'une enquête sur de possibles infractions aux règles d'urbanisme commises par les éditions Actes Sud qu'elle a fondées. /Photo d'archives/REUTERS/Jean-Paul Pelissier

PARIS (Reuters) - Décriée depuis son arrivée rue de Valois, dépossédée de plusieurs dossiers-clefs, Françoise Nyssen affronte en cette rentrée une nouvelle tempête politique avec l’ouverture d’une enquête sur de possibles infractions aux règles d’urbanisme commises par les éditions Actes Sud qu’elle a fondées.

La ministre de la Culture est, depuis les révélations du Canard enchaîné de mercredi sur un agrandissement présumé illégal des locaux parisiens d’Actes Sud, dans le collimateur de l’opposition et de l’association de défense du patrimoine Sites et Monuments.

“Aucune entreprise n’est au-dessus de la loi”, a-t-elle déclaré mercredi lors d’un déplacement dans les Bouches-du-Rhône, ajoutant que le souhait exprimé par Actes Sud de régulariser la situation était “une évidence”.

Cette affaire constitue un nouveau coup dur pour la cofondatrice d’Actes Sud âgée de 67 ans qui, depuis son entrée au gouvernement en mai 2017, a dû faire face à plusieurs polémiques et fait l’objet de critiques récurrentes, notamment sur sa communication et son manque présumé de sens politique.

En un an et demi, cette ministre issue de la société civile s’est vue déposséder de plusieurs dossiers-clefs au profit de personnalités du monde culturel : le patrimoine a été confié à l’animateur de télévision Stéphane Bern, la question de la francophonie à l’écrivaine Leïla Slimani et les bibliothèques à l’académicien Erik Orsenna.

Si elle reste officiellement en première ligne dans la délicate réforme de l’audiovisuel public, elle a perdu cet été le dossier de la régulation économique du secteur de l’édition ainsi que la tutelle du Centre national du livre afin d’éviter tout risque de conflit d’intérêt avec ses anciennes fonctions d’éditrice..

Citée dans la presse comme potentielle sortante en cas de remaniement gouvernemental, elle conserve le soutien et la “confiance” du Premier ministre, Edouard Philippe, l’exécutif s’en tenant à la règle non écrite qui veut que seule une mise en examen entraîne une démission au nom de la lutte contre la “République du soupçon”.

Face aux critiques sur son style, celle qui avait demandé de “l’indulgence” le jour de son arrivée rue de Valois a exprimé en avril dans le Journal du Dimanche sa “stupéfaction” face à la “violence” du “théâtre de la politique”.

“Je mène une politique, j’aime faire mais je ne suis pas une femme politique au sens du pouvoir et de l’aura”, reconnaissait-elle alors.

Marine Pennetier, édité par Elizabeth Pineau

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