August 23, 2018 / 1:12 PM / a month ago

France: Revigorée mais dispersée, la droite fait sa rentrée

PARIS (Reuters) - Eclaircies et risques d’averse à droite : la météorologie est indécise en cette fin d’été pour Les Républicains (LR), qui espèrent tirer profit des difficultés du gouvernement mais redoutent les effets de leurs propres tourments, à commencer par la rivalité sourde entre Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez.

Eclaircies et risques d'averse à droite : la météorologie est indécise en cette fin d'été pour Les Républicains, qui espèrent tirer profit des difficultés du gouvernement mais redoutent les effets de leurs propres tourments, à commencer par la rivalité entre Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez. /Photo d'archives/REUTERS/Stephane Mahe

Les deux présidents de région organisent séparément leur rentrée médiatique, l’une vendredi à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), l’autre dimanche sur le Mont Mézenc, non loin de son ancien fief du Puy-en-Velay (Haute-Loire).

Signe des divisions persistantes, il n’y aura pas cette année de grand rassemblement oecuménique avec la galerie complète des hauts dirigeants LR, comme ont pu l’être les campus de La Baule (Loire-Atlantique) et du Touquet (Pas-de-Calais).

“Il aurait pu être plus intéressant de pouvoir organiser une rentrée commune”, a déploré jeudi le député Pierre-Henri Dumont, l’une des figures de la génération montante, sur France Inter, le but étant selon lui d’éviter “les querelles d’égo ou de chapelles”.

“Au sein des Républicains, à mon avis nous ne sommes pas assez forts pour faire plusieurs courants”, a-t-il mis en garde.

A 300 kilomètres de distance et à deux jours d’intervalle, Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse pourront compter leurs partisans respectifs et reprendre les hostilités contre l’exécutif, après un été tout en discrétion pour le président du parti, y compris au plus fort de l’affaire Benalla.

Dans une interview à L’Express publiée jeudi, Valérie Pécresse a affûté son argumentaire anti-Emmanuel Macron, sans un mot pour son ancien collègue de gouvernement si ce n’est sur le mode de l’allusion - “il y a eu une tentation de casser l’Europe. Certains, chez Les Républicains (LR), ont appelé à revenir à une Europe à six et à élaborer un nouveau traité”.

Voilà en réalité pratiquement un an que les deux anciens collègues de gouvernement tracent des sillons parallèles, chacun poursuivant une stratégie autonome.

A la tête de son mouvement Libres !, la présidente de la région Île-de-France s’efforce en effet de fédérer les partisans d’une droite pro-européenne, souple et ouverte au centre afin de faire pièce à Laurent Wauquiez, élu par les militants en décembre 2017 sur une ligne franchement droitière.

“COMPLÈTEMENT ANARCHIQUE”

Au-delà de ce duel, les “juppéistes” doivent se retrouver le week-end du 8 septembre à Bordeaux pour méditer sur leur avenir, en priorité sur la marche à suivre en vue des élections européennes de mai 2019.

“Il y a un foisonnement qui peut paraître complètement anarchique”, concède le porte-parole Gilles Platret. “C’est une étape indispensable mais elle n’aura eu de sens que si elle nourrit une réflexion que tout le monde défend au bon moment”, autrement dit à l’approche des élections.

Les querelles se déclinent à l’échelon local, significativement dans les Alpes-Maritimes où le conflit désormais ouvert entre Eric Ciotti, soutien de Laurent Wauquiez, et le maire de Nice, Christian Estrosi, ne cesse de s’envenimer.

Dans un courrier daté du 8 août et révélé par L’Opinion, le premier a accusé son ex-parrain en politique de “grave trahison” pour avoir participé, selon Le Canard enchaîné, à une réunion à l’Elysée sur l’avenir des métropoles.

Dans la foulée, il a annoncé sa candidature à la présidence de la fédération LR du département, actuellement aux mains de Christian Estrosi, qui sera remise en jeu à la mi-octobre.

La conjoncture est pourtant plus favorable qu’en tout début de quinquennat pour la droite, qui a trouvé avec l’affaire Benalla et les performances en demi-teinte de l’économie française des munitions face à une Macronie moins triomphante.

Selon un sondage Elabe pour BFM TV paru mercredi, 54% des Français se disent déçus par l’action du chef de l’Etat.

“Il y a bien le signe d’une éclaircie”, observe Erwan Lestrohan, directeur d’études à l’institut BVA, car “on sort d’une séquence politique qui a vu la droite se remobiliser dans un contexte de remise en cause de l’exemplarité de l’exécutif”.

Cette remobilisation s’est produite à la fois chez les élus - l’affaire Benalla a donné lieu à un sursaut des députés LR contre le gouvernement - et dans l’électorat - BVA a enregistré une chute de six points d’Emmanuel Macron en juillet parmi les sympathisants de droite.

“Mais cette consolidation qui doit être confirmée par un regain de crédibilité politique”, selon Erwan Lestrohan, qui souligne l’importance à ce titre de la période qui s’ouvre en septembre, marquée par le débat sur le budget 2019.

Le gouvernement cherche en effet des gisements d’économies pour tenir ses engagements de réduction de déficit, un exercice politiquement périlleux au moment où la croissance ralentit.

Simon Carraud avec Julie Carriat, édité par Elizabeth Pineau

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