August 23, 2018 / 11:42 AM / 3 months ago

Réunion à La Rochelle d'un PS en plein doute

PARIS (Reuters) - Quelque 400 cadres socialistes se retrouvent de jeudi à samedi à La Rochelle (Charente-Maritime) autour du premier secrétaire Olivier Faure pour tenter de redonner des couleurs à un parti dont François Rebsamen, organisateur du rendez-vous, redoute la disparition.

Quelque 400 cadres socialistes se retrouvent de jeudi à samedi à La Rochelle autour du premier secrétaire Olivier Faure (photo) pour tenter de redonner des couleurs à un parti dont François Rebsamen, organisateur du rendez-vous, redoute la disparition. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer

Beaucoup plus modeste que les universités d’été de l’ère pré-Macron, la réunion émane de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNESR) dirigée par le maire de Dijon, de retour sur la scène politique après quelques mois occupés à soigner un cancer.

“C’est un moment important”, dit François Rebsamen dans Le Monde à l’adresse des participants qui “ne viennent pas en pèlerinage mais en formation pour partager leurs expériences locales.”

Olivier Faure arrivera vendredi dans le port charentais et prononcera le discours de clôture le lendemain à la mi-journée.

Les sujets d’inquiétude ne manquent pas pour la formation que l’échec des élections présidentielle et législatives de 2017 a laissée exsangue, avec une trentaine de députés regroupés dans le groupe “Nouvelle gauche” à l’Assemblée nationale.

Si elle a redonné de l’énergie à l’opposition cet été, l’affaire Benalla ne saurait exempter le PS de poursuivre son travail de proposition pour tenter de retrouver des électeurs.

Critiqué en interne, Olivier Faure doit convaincre de sa capacité à relever le défi, à neuf mois des élections européennes et moins de deux ans des municipales.

“Il faut être plus présent et plus offensif”, conseille François Rebsamen dans Le Monde. “Il ne faut pas avoir peur de François Hollande, ni de notre histoire. Si on continue d’avoir peur de notre nom ou de notre histoire, le PS peut disparaître.”

LA PETITE MUSIQUE DE HOLLANDE

Presque rayé du paysage par le raz-de-marée de La République en marche (LaRem), le PS doit aussi faire face à la concurrence de La France insoumise, qui séduit une partie de son aile gauche.

Le parti de Jean-Luc Mélenchon a invité des élus de tous bords - hors Rassemblement national - à ses universités d’été de Marseille au nom d’une convergence des colères contre Emmanuel Macron. Le député PS Boris Vallaud, porte-parole du groupe à l’Assemblée, devrait participer à un débat.

Dans ce concert de doutes au PS, la petite musique de François Hollande se fait entendre. Porté par le succès de son livre “Les leçons du pouvoir” dont il fait la promotion dans toute la France, il a finalement choisi de ne pas se montrer à La Rochelle, préférant faire sa rentrée le 31 août à Cherbourg (Manche), fief de son ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve.

“François Hollande aura d’autres occasions de prendre la parole”, a déclaré Michel Sapin, proche de l’ex-chef de l’Etat, jeudi sur France 2.

L’ex-ministre de l’Economie dit aussi “se méfier” d’un sondage Ifop paru dans Le Figaro, selon lequel 17% des 1.004 personnes interrogées du 14 au 16 août souhaitent voir François Hollande se replacer dans la course à l’Elysée en 2022. La proportion monte à 44% chez les sympathisants PS.

“J’ai beaucoup discuté avec lui cet été, sa passion pour la politique est intacte. Il s’exprime et sa parole nous est utile”, témoigne François Rebsamen dans Le Monde.

Comme la plupart des autres formations françaises, le Parti socialiste cherche sa tête de liste pour les élections européennes. Le Belge Paul Magnette, pressenti par Olivier Faure, a décliné, de même que l’ex-ministre Christiane Taubira.

Les rares figures à se dire intéressées pour l’instant auront du mal à incarner le renouveau : l’ancien député de l’Essonne Julien Dray, l’ex-secrétaire d’Etat Christian Eckert et le commissaire européen Pierre Moscovici, qui annoncera sa décision “à l’automne.”

Le sénateur Rachid Témal, présent à La Rochelle, plaide quant à lui pour la nomination d’un binôme et la mise au point rapide d’un programme européen.

“Je souhaite que dès septembre nous arrêtions une stratégie, un projet, par exemple dix mesures qui changent la vie de nos concitoyens”, a-t-il dit à Reuters. “Pour la première fois, l’Europe telle que nous l’avons imaginée est en péril. Notre génération peut la voir disparaître.”

Autant de sujets à débattre à La Rochelle en prélude au prochain Bureau national du PS, le 4 septembre.

Elizabeth Pineau, édité par Simon Carraud

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