August 23, 2018 / 8:51 AM / 3 months ago

Un homme tue sa mère et sa soeur à l'arme blanche à Trappes

PARIS (Reuters) - Un homme de 36 ans a tué jeudi matin sa mère et sa soeur à l’arme blanche et blessé grièvement une troisième personne à Trappes, dans les Yvelines, avant d’être abattu par la police.

La police française a sécurisé une rue après qu'un homme ait tué deux personnes dans une attaque au couteau à Trappes, près de Paris (photo). Un homme de 36 ans a tué jeudi matin sa mère et sa soeur à l'arme blanche et blessé grièvement une troisième personne à Trappes, dans les Yvelines, avant d'être abattu par la police. /Photo prise le 23 août 2018/REUTERS/Philippe Wojazer

L’attaque a été revendiquée par le groupe Etat islamique (EI) mais les enquêteurs privilégient pour le moment la piste d’un différend familial et de problèmes psychiatriques, selon le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, qui est allé sur place.

Le parquet antiterroriste n’a pas été saisi à ce stade et l’enquête a été laissée aux soins de la police judiciaire et du parquet de Versailles. Mais le parquet de Paris, compétent pour les affaires de terrorisme, a fait savoir qu’il suivait “de très près les premières investigations, en observateur”.

Le procureur de Paris, François Molins, s’est rendu sur les lieux avec des membres de la section antiterroriste, a-t-on précisé à Reuters de source judiciaire.

Selon Gérard Collomb, des policiers ont été appelés à 9h30 (07h30 GMT) pour un différend dans une rue de Trappes et ont constaté à leur arrivée que deux personnes gisaient au sol: la soeur de l’assaillant, qui succombera à ses blessures, et une personne grièvement blessée, n’appartenant pas à la famille.

L’agresseur, identifié sous le nom de Kamel S., est ensuite entré dans la villa de sa mère, qu’il a alors tuée.

Retranché dans le domicile familial, il en est ressorti un couteau à la main devant les policiers avant de se réfugier à l’intérieur et de crier à leur intention: “Allahu Akbar (Dieu est grand), si vous rentrez je vous fume”, a précisé le parquet de Versailles dans un communiqué.

Il est ensuite ressorti du pavillon pour s’avancer vers les policiers, les mains dissimulées dans le dos. Comme il refusait d’obtempérer à leurs sommations, les agents ont ouvert le feu.

Une enquête de flagrance des chefs d’assassinat, tentative d’assassinat et menaces de mort sur personnes dépositaires de l’autorité publique a été confiée à la Direction régionale de la police judiciaire de Versailles.

Parallèlement, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie pour vérifier la régularité de l’ouverture de feu.

“PROBLÈME PSYCHIATRIQUE”

“On a plutôt quelqu’un avec un problème psychiatrique qui apparaît important (...), plutôt que quelqu’un d’engagé, qui pouvait, par exemple, répondre aux ordres et aux consignes d’organisation de terroristes et de Daech en particulier”, a expliqué Gérard Collomb à la presse.

Selon le ministre, Kamel S. était néanmoins enregistré au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT).

Il avait été condamné en 2003 pour une infraction militaire, a précisé le parquet. Il a depuis fait l’objet de trois procédures distinctes n’ayant pas donné lieu à de poursuites, dont l’une, en 2016, pour des faits d’apologie du terrorisme.

Il avait été licencié par la RATP en 2016, où il travaillait comme conducteur de bus, pour “non respect d’une clause de son contrat de travail relative à la laïcité”, a fait savoir la société de transport.

Ses motivations restent toutefois floues et sont en cours de vérification. “La qualification des faits doit être complétée”, a souligné le ministre de l’Intérieur.

L’EI a revendiqué l’attaque mais sans donner la moindre preuve de son implication, au lendemain de la diffusion d’un appel de son chef Abou Bakr Al-Baghdadi à perpétrer de nouvelles attaques avec des bombes, des couteaux ou des véhicules.

Pour le moment, François Molins “n’a pas reconnu la qualification de terrorisme mais évidemment les enquêtes se poursuivent”, a précisé Gérard Collomb.

“Et donc on en saura plus lorsqu’on aura pu examiner son téléphone, l’appartement, etc, de manière à pouvoir voir la nature du conflit qui pouvait exister au sein de la famille”, et les documents qui seront éventuellement trouvés, a-t-il conclu.

Les trois femmes avaient respectivement 71, 66 et 49 ans.

Emmanuel Jarry avec Caroline Pailliez, édité par Simon Carraud et Henri-Pierre André

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below