August 22, 2018 / 11:55 AM / a month ago

Trump dans la tourmente judiciaire avant les "midterms"

par Steve Holland et James Oliphant

Donald Trump a replongé mardi dans la tourmente judiciaire lorsque deux de ses anciens conseillers ont pris la direction de la prison. /Photo prise le 21 août 2018/REUTERS/Leah Millis

WASHINGTON/CHARLESTON, Virginie occidentale (Reuters) - Donald Trump a replongé mardi dans la tourmente judiciaire lorsque deux de ses anciens conseillers ont pris la direction de la prison pour des délits que l’un d’eux dit avoir commis à la demande du président américain, mais les conséquences de ces revers sur les prochaines échéances électorales demeurent difficiles à évaluer.

A quelques minutes d’intervalle, mardi, Donald Trump a vu son discours sur la “chasse aux sorcières” dont il ferait l’objet sérieusement écorné par la condamnation de son ancien directeur de campagne, Paul Manafort, pour fraude fiscale et bancaire, et la décision de son ex-avocat, Michael Cohen, de plaider coupable pour plusieurs délits.

Michael Cohen, qui comparaissait devant un tribunal fédéral de Manhattan, a aussi déclaré sous serment qu’il avait acheté le silence de deux femmes qui disaient avoir eu une liaison avec le milliardaire, à la demande de ce dernier et “avec l’intention d’influencer l’élection” présidentielle de 2016.

Cette déclaration, qui contredit la ligne de défense de Donald Trump, selon laquelle les paiements ont été effectués pour épargner une situation embarrassante à sa famille et non pour influencer l’élection, fait peser une nouvelle épée de Damoclès judiciaire sur le président américain.

La décision d’un jury de l’Etat de Virginie de reconnaître Paul Manafort coupable de diverses malversations financières à l’issue du premier procès lié à l’enquête sur l’ingérence russe présumée dans l’élection présidentielle de 2016 a dans le même temps conforté le procureur Robert Mueller, cible régulière des attaques de Donald Trump.

Robert Mueller cherche à déterminer s’il y a eu collusion entre l’équipe de campagne du candidat républicain et Moscou et si Donald Trump s’est rendu coupable d’obstruction à la justice en limogeant le directeur du FBI, James Comey, qui était à l’origine en charge de l’enquête.

LA PETITE MUSIQUE D’UNE PROCÉDURE D’”IMPEACHMENT”

Trump ne cesse de dénoncer une “chasse aux sorcières” et a fait planer à plusieurs reprises la menace d’une mise à l’écart de Mueller - option qui paraît bien trop risquée politiquement depuis la condamnation de Manafort, ce qui signifie que l’enquête sur l’ingérence russe va empoisonner durablement l’agenda de la Maison blanche.

“C’est une mauvaise journée pour nous”, a reconnu mardi une source proche de la présidence, qui a tenu à rester anonyme.

A court terme, la crainte de la présidence est que ces revers judiciaires pèsent sur le résultat des élections de mi-mandat, en novembre, où la majorité républicaine de 23 sièges à la Chambre des représentants apparaît menacée.

Une victoire des démocrates limiterait en effet la capacité de Trump à mettre en oeuvre son programme tout en relançant la petite musique d’une procédure d’”impeachment”, qui avait perdu en intensité ces derniers temps.

Le débat autour d’une éventuelle destitution se nourrira en tout état de cause du fait que Cohen affirme que Trump s’est lui-même rendu coupable d’un crime et que l’avocat de son ancien conseil, Lanny Davis, a assuré que son client serait “plus que ravi” de dire tout ce qu’il sait.

L’opposition s’est engouffrée dans la brèche. “Les Américains ont le droit d’obtenir des réponses sur le rôle du président dans ces actes de corruption et criminels”, a déclaré la représentante démocrate Rosa DeLauro.

LA BASE ÉLECTORALE DE TRUMP GALVANISÉE

Les démocrates se raccrochent à l’espoir que l’accumulation d’affaires va finir par peser sur le vote des indépendants qui avaient choisi Trump en 2016, voire de certains républicains modérés, même si la base électorale du milliardaire paraît insensible aux attaques dont il fait l’objet, qui auraient même plutôt tendance à la galvaniser.

“Lors des élections de mi-mandat, les électeurs du parti au pouvoir ont tendance à être moins motivés pour voter. Mais s’il y a bien une chose qui peut les mobiliser, c’est le sentiment que leur parti est injustement attaqué”, souligne Andy Smith, directeur du centre de sondage de l’Université du New Hampshire.

Aucun dirigeant républicain, même parmi les plus critiques envers Trump, ne s’est d’ailleurs aventuré à monter au front après la condamnation de Manafort et le plaider-coupable de Cohen.

Mardi, au moment où tombaient ces mauvaises nouvelles, le président était en meeting devant une foule de partisans déchaînés à Charleston, en Virginie occidentale.

“Où est la collusion ? Où est-elle ?”, a-t-il raillé, lançant une nouvelle charge contre Mueller sans dire un mot de Manafort ou Cohen.

Les enquêtes d’opinion Ispos/Reuters montrent que la cote de popularité de Trump se maintient autour de 40% depuis son arrivée à la Maison blanche, quels que soient les évènements extérieurs.

Nombre de commentateurs disent donc douter que les dernières affaires judiciaires changent la donne.

“Je ne crois pas que cela va avoir le moindre effet”, dit Larry Sabato, directeur du Center for Politics de l’université de Virginie. “C’est ce qui est incroyable. La base électorale de Trump et pour ainsi dire tout le parti républicain s’en moquent complètement. Les sondages me donneront raison.”

Tangi Salaün pour le service français

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