August 22, 2018 / 4:39 AM / a month ago

L'ex-directeur de campagne de Trump jugé coupable de fraude

ALEXANDRIA, Virginie (Reuters) - Paul Manafort, l’ex-directeur de campagne de Donald Trump, a été reconnu coupable mardi de diverses malversations financières à l’issue de ce premier procès lié à l’enquête sur le rôle de la Russie dans l’élection présidentielle de 2016 aux Etats-Unis.

L'avocat de Paul Manafort, Kevin Downing, regarde par la fenêtre du du tribunal d'Alexandria, en Virginie. Manafort, l'ex directeur de campagne du président américain Donald Trump, a été jugé coupable mardi de fraudes fiscale et bancaire pour huit des 18 chefs d'inculpation qui le visaient. /Photo prise le 21 août 2018/REUTERS/Mary F. Calvert

A l’issue de près de quatre jours de délibérations, un jury composé de 12 membres a déclaré Paul Manafort coupable de deux chefs de fraude bancaire, de cinq chefs de fraude fiscale et d’un fait de non divulgation de comptes bancaires étrangers.

Les jurés, qui se trouvent au tribunal d’Alexandria, en Virginie, près de Washington, ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur les dix autres chefs d’inculpation visant Manafort.

Les charges contre Paul Manafort concernent certes des faits essentiellement antérieurs à son travail pour Donald Trump lors de la campagne de 2016, mais le verdict constitue dans son ensemble une victoire pour Robert Mueller, le procureur spécial chargé depuis mai 2017 d’enquêter sur le rôle de la Russie et sur une éventuelle collusion entre des membres de l’équipe de campagne du président américain et des responsables russes.

Donald Trump a réagi au verdict concernant Paul Manafort, en déclarant que cette affaire n’avait rien à voir avec lui ni avec les soupçons d’ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016.

“Paul Manafort est un homme bien. (...) Cela ne me concerne pas, mais je me sens toujours, vous savez... C’est une chose très triste qui s’est produite”, a déclaré le président. “Cela n’a rien à voir avec la collusion russe. Cela a commencé comme une collusion russe; cela n’a absolument rien à voir. C’est une chasse aux sorcières et c’est une honte”.

La condamnation de Manafort pour les huit chefs d’accusation est intervenue en même temps que l’ancien avocat personnel de Donald Trump, Michael Cohen, plaidait coupable à New York d’avoir organisé des versements pour acheter le silence de deux femmes.

Paul Manafort est resté calme pendant la lecture du verdict. Son avocat, Kevin Downing, a déclaré à la presse que son client était déçu par le verdict et étudiait la suite à donner à cette affaire.

Le bureau de Robert Mueller a refusé de commenter le verdict.

SECOND PROCÈS ATTENDU EN SEPTEMBRE

Paul Manafort était accusé d’avoir dissimulé au fisc américain 16 millions de dollars qu’il avait gagnés en tant que consultant politique pour des politiciens pro-russes en Ukraine afin de financer un train de vie somptueux et ensuite d’avoir menti aux banques pour obtenir un prêt de 20 millions de dollars quand sa source de revenu ukrainienne s’est tarie.

Les deux condamnations pour fraude bancaire sont passibles chacune d’une peine d’emprisonnement de 30 ans. Mais plusieurs spécialistes judiciaires estiment que Paul Manafort, qui est âgé de 69 ans, sera condamné à une peine d’emprisonnement d’environ 10 ans.

Dans l’opposition, le sénateur démocrate Mark Warner, qui siège à la commission du Renseignement du Sénat, a déclaré que toute tentative de la part de Donald Trump d’utiliser ses pouvoirs présidentiels pour gracier Paul Manafort ou pour intervenir dans l’enquête de Robert Mueller “serait un abus de pouvoir flagrant et nécessiterait une action immédiate de la part du Congrès”.

Dans le camp de président, le sénateur républicain Lindsey Graham a souligné que, pour l’instant, il n’y avait encore “aucune charge ni condamnation pour collusion avec le gouvernement russe de la part d’aucun membre de l’équipe de campagne de Trump lors de l’élection présidentielle de 2016.”

“Il est important de laisser ce processus se poursuivre sans ingérence”, a ajouté le sénateur républicain, semblant ainsi adresser une mise en garde au chef de la Maison blanche dans le cas où il serait tenté de s’immiscer dans l’enquête du procureur Mueller.

Moscou a nié toute ingérence dans l’élection présidentielle américaine de 2016 et Trump a déclaré qu’il n’y avait pas de collusion.

Le juge Ellis a donné à l’accusation jusqu’au 29 août pour décider s’il fallait rejuger Manafort pour les accusations sur lesquelles le jury n’a pu parvenir à se mettre d’accord.

En conséquence, le juge n’a pas fixé de date pour l’annonce de la condamnation pour les autres accusations.

Un second procès attend Paul Manafort, le 17 septembre à Washington pour lequel il est accusé de blanchiment d’argent et d’entrave à la justice.

Le second procès devrait permettre de préciser la nature des relations de Paul Manafort avec la Russie de Vladimir Poutine. Il sera notamment question de ses relations avec Konstantin Kilimnik, un consultant politique russo-ukrainien qui a été inculpé en même temps que Paul Manafort et qui, selon Robert Mueller, a des liens avec les services de renseignement russes.

Avec Pete Schroeder et Katanga Johnson à Alexandria et Jonathan Landay à Washington; Arthur Connan et Danielle Rouquié pour le service français

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