June 8, 2018 / 3:57 PM / 6 months ago

Des demandeurs d'asile de 2016 repassés au crible, dit Collomb

PARIS (Reuters) - Les autorités françaises ont entrepris de repasser au crible des demandeurs d’asile susceptibles d’être venus du Proche-Orient en 2016 en même temps qu’un Irakien soupçonné d’avoir été un cadre de l’organisation Etat islamique (EI), mis en examen et écroué en mars dernier, a déclaré vendredi le ministre de l’Intérieur.

Les autorités françaises ont entrepris de repasser au crible des demandeurs d'asile susceptibles d'être venus du Proche-Orient en 2016 en même temps qu'un Irakien soupçonné d'avoir été un cadre de l'organisation Etat islamique (EI), mis en examen et écroué en mars dernier, a déclaré vendredi le ministre de l'Intérieur. /Photo prise le 15 mai 2018/REUTERS/Philippe Wojazer

Le cas d’Ahmed H., 33 ans, arrêté dans le Calvados début mars, illustre une des questions qui hantent les gouvernements et les services de renseignements européens : des extrémistes islamistes susceptibles de commettre des attentats en Europe se sont-ils mêlés aux flux de migrants venant du Proche-Orient ?

Cela a semble-t-il été le cas de plusieurs membres des commandos qui ont tué 130 personnes et en ont blessées plus de 400 le 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis.

Gérard Collomb a déclaré à des journalistes, en marge d’un déplacement en Dordogne, qu’Ahmed H. avait été surveillé par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) tout de suite après qu’il ait obtenu le statut de réfugié, en 2017.

“L’asile est donné en mai 2017 et nous le suivons avec la DGSI dès le mois suivant”, a-t-il expliqué. “Et la personne n’a jamais cessé d’être suivie par nos services de renseignement depuis cette période.”

Il a confirmé qu’Ahmed H. était soupçonné d’avoir été un cadre de l’EI et d’avoir participé à des massacres en Irak.

Selon des sources proches de l’enquête, les autorités irakiennes disent qu’il a été un responsable de l’organisation de l’EI dans la région de Tikrit et qu’il y a participé en juin 2014 au massacre de 1.700 soldats irakiens prisonniers.

Une information judiciaire a été ouverte le 6 novembre 2017 et Ahmed H. a été mis en examen le 9 mars dernier pour crimes de guerre, a précisé jeudi le parquet de Paris. Il a été placé en détention provisoire dans la foulée.

CAS ISOLÉ ?

Les juges des pôles antiterroriste et crimes de guerre et contre l’humanité qui l’ont mis en examen ont aussi retenu les chefs d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, association de malfaiteurs terroriste et participation à un groupement formé en vue de préparer des crimes de guerre.

La question est maintenant de savoir si Ahmed H. auquel les autorités françaises ont retiré son statut de réfugié, est un cas isolé ou si d’autres djihadistes ont suivi le même chemin.

“Aujourd’hui, il y a un examen global des personnes qui auraient pu venir à la même période en France et demander un statut de réfugié”, a déclaré Gérard Collomb.

“Nous essayons de regarder l’ensemble de l’entourage, l’ensemble des personnes qui ont pu arriver par les mêmes voies (...), de manière à s’assurer qu’il n’y ait pas eu d’autres personnes qui l’aient accompagné”, a-t-il ajouté.

De façon plus générale, le projet de loi sur l’immigration en cours d’examen au Parlement renforcera le “criblage” et le “rétro-criblage” des demandeurs d’asile, a-t-il fait valoir.

“Lorsque des événements comme celui-ci se produisent, ce n’est plus simplement le passé de la personne qui est exploré mais le passé de toutes celles et de tous ceux qui auraient pu venir dans la même cohorte en France”, a expliqué le ministre.

L’article 4 étend notamment la faculté, pour l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), de refuser ou de mettre fin au statut de réfugié pour les personnes condamnées pour des faits graves, notamment de terrorisme, dans un autre pays de l’Union européenne.

Il étend aussi l’obligation pour l’autorité judiciaire de communiquer à l’Ofpra toute information pouvant justifier le refus ou la fin du statut de réfugié pour des motifs graves de sécurité nationale.

“Ce sont des situations sur lesquelles nous sommes extrêmement vigilants, en lien avec les services compétents”, a assuré pour sa part à Reuters le directeur général de l’Ofpra, Pascal Brice, sans autre commentaire sur le cas Ahmed H.

Emmanuel Jarry, édité par Myriam Rivet

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