June 8, 2018 / 1:36 PM / 5 months ago

Triomphalement réélu, Berger prêt à aller "à la bataille"

PARIS (Reuters) - Fort du soutien que ses militants lui ont renouvelé, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, s’est dit prêt vendredi à “aller au combat” contre le gouvernement et le patronat pour les prochaines réformes sociales.

Fort du soutien que ses militants lui ont renouvelé, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, s'est dit prêt vendredi à "aller au combat" contre le gouvernement et le patronat pour les prochaines réformes sociales. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Les militants de la CFDT se sont réunis à Rennes de lundi à vendredi pour leur 49e congrès confédéral afin de déterminer la ligne de conduite du syndicat pour les quatre prochaines années et renouveler le mandat de leur secrétaire général.

Laurent Berger a été réélu jeudi au Bureau national du syndicat avec 94,42% des voix, puis reconduit dans la foulée à son poste pour un nouveau mandat. La veille, son rapport d’activité avait été approuvé par plus de 83% des militants.

“Nous repartons avec une ligne claire et offensive”, a déclaré le numéro un de la CFDT lors de son discours de clôture. “Démocratisons le travail, donnons un nouveau visage au syndicalisme, c’est le titre de la résolution qui va nous guider désormais ces quatre prochaines années”.

La résolution générale se donne pour objectif de transformer le travail, sécuriser les parcours professionnels et donner plus de pouvoirs aux travailleurs.

Elle propose d’imposer un rapport maximal entre les plus hautes et les plus basses rémunérations, de mettre en place une “banque des temps” pour mieux organiser le travail tout au long de la vie, ou encore exiger plus de partage du pouvoir dans les entreprises.

Sur la réforme des retraites, qui vise à unifier les 42 régimes existants, Laurent Berger, se dit prêt à “aller à la concertation, comme on peut dire (...) aller au combat, pour faire entendre” ses revendications. “Ce ne sera pas simple, mais nous sommes bien armés”.

Il repartira “à la bataille dès lundi” sur la loi Pacte réforme pour la croissance et la transformation des entreprises, une loi qui est “une vraie opportunité” pour partager le pouvoir dans l’entreprise et “répartir les richesses”.

“NOUS NE NOUS LAISSERONS PAS FAIRE”

Aux récentes interventions du gouvernement qui laissent entendre une réorganisation des aides sociales, il répond: “nous ne laisserons pas faire sur la question des minima sociaux, nous ne nous laisserons pas faire sur les prestations sociales”.

Il se dit “extrêmement vigilant” sur le plan Action publique 2022, réforme qui doit mener selon le gouvernement à “un service public plus efficace”. Elle prévoit notamment la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires sur le quinquennat. Laurent Berger se dit prêt à porter “une vision exigeante de l’action publique (...) mais pour mieux rendre le service aux usagers”.

Malgré les reproches adressés à Emmanuel Macron sur sa façon de considérer les corps intermédiaires, Laurent Berger dit vouloir repartir avec lui “sur de nouvelles bases”.

Il demande “officiellement” la tenue d’”un rendez-vous social” dès septembre avec les partenaires sociaux pour que le chef de l’Etat dise “ce qu’il envisage de faire” et “ce qu’il attend des partenaires sociaux et de la démocratie sociale”.

Il dit vouloir continuer “d’interpeller le patronat” et propose de “co-construire un agenda de négociation social autonome” pour traiter du travail, de la transformation des activités et de l’emploi ou encore des discriminations.

Pour gagner en influence, le numéro un de la CFDT se donne pour objectif de remporter suffisamment de voix aux élections professionnelles de la fonction publique en décembre pour devenir premier syndicat de France, secteurs public et privé confondus. La centrale était passée est en tête dans le privé.

“À 20.000 voix, nous pouvons transformer l’essai de notre victoire dans le privé”, a-t-il dit. “20.000 voix, c’est à la fois peu et beaucoup parce qu’il va falloir aller les chercher une à une ces voix. C’est aussi cela qui déterminera notre poids dans les années à venir. Alors, allons-y à fond.”

La CFDT, qui a changé le mode de calcul de ses adhérents cette année, revendique 623.802 membres. Elle se fixe comme objectif d’augmenter de 10% ce nombre d’ici quatre ans.

Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below