June 4, 2018 / 1:37 PM / 2 months ago

Le FMI applaudit les réformes de Macron, le presse d'aller plus loin

PARIS (Reuters) - Le Fonds monétaire international (FMI) salue “les progrès impressionnants” de la France en un an, doublés selon lui de perspectives de croissance favorables, mais alerte sur les risques de dégradation et insiste sur la nécessité de réduire les dépenses publiques à “tous les niveaux” de l’administration.

Le Fonds monétaire international salue le rythme "ambitieux" des réformes en France, porté selon lui par des perspectives de croissance favorables, mais alerte sur les risques de dégradation et insiste sur la nécessité de réduire les dépenses publiques à "tous les niveaux" de l'administration. /Photo prise le 4 juin 2018/REUTERS/Philippe Wojazer

Dans les conclusions préliminaires de sa revue annuelle de l’économie française, publiées lundi, le FMI souligne que la France est devenue “un chef de file” des réformes en Europe et invite les autorités à poursuivre plus avant “pour s’attaquer aux problèmes structurels qui subsistent et accroître la résilience aux chocs”.

“Le gouvernement a un programme de réformes ambitieux, qui se concentre sur les principaux problèmes” de l’économie française, a déclaré lors d’une conférence de presse Delia Velculescu, cheffe de la mission du FMI pour la France.

Selon elle, le défi auquel est désormais confronté l’exécutif est de “maintenir la cadence des réformes et de mettre en place et de préciser celles qui restent à entreprendre”.

Pour l’instant, la mission n’a pas fourni de prévisions de croissance chiffrées et Delia Velculescu a simplement évoqué une croissance “qui devrait rester solide mais (...) pas aussi forte que (celle de 2,3% enregistrée) l’an dernier”.

A ses yeux, il est encore trop tôt pour déterminer si le ralentissement de la croissance au premier trimestre résulte d’une simple correction après le dynamisme de la fin 2017 ou s’il reflète une tendance structurelle.

“NUAGES À L’HORIZON”

Par ailleurs, malgré “cette tendance globalement positive, nous voyons des nuages à l’horizon”, a-t-elle souligné en évoquant des risques baissiers “à surveiller attentivement au cours des prochains mois”, en lien avec les tensions commerciales croissantes avec les Etats-Unis, l’incertitude géopolitique et l’érosion de la confiance en Europe.

Pour l’instant, le FMI table sur une croissance de 2,1% cette année et 2,0% en 2019 mais ces prévisions pourraient encore être revues en juillet.

Malgré ces risques, les “perspectives sont favorables” et “la reprise en cours offre l’occasion de poursuivre (l)es réformes”, souligne le FMI dans le document de synthèse des conclusions de sa mission.

Il appelle notamment à une application résolue des réformes du marché du travail, de la formation professionnelle et de l’apprentissage, au besoin complétées de “mesures supplémentaires” comme une révision des allocations chômage ou l’élargissement de la concurrence pour les professions réglementées, par exemple les pharmacies.

Alors que le projet de loi “pour un nouveau pacte ferroviaire” poursuit son parcours législatif au Sénat et que le treizième épisode de la grève intermittente des cheminots s’est déroulé ce week-end, le FMI juge également favorablement la restructuration annoncée de la SNCF.

S’agissant des “objectifs budgétaires ambitieux” du nouvel exécutif français sur la trajectoire des finances publiques, l’organisme basé à Washington demande une nouvelle fois des précisions sur les baisses envisagées pour la dépense publique.

CRÉDIBILISER LA TRAJECTOIRE DES FINANCES PUBLIQUES

Invitant les autorités à “résister aux appels à de nouvelles baisses d’impôts non financées”, le rapport des experts du FMI souligne en effet qu’”il reste à définir dans une large mesure les mesures qui permettront de réduire le déficit à moyen terme”.

Le gouvernement, qui compte réduire de trois points la dépense publique sur le quinquennat, n’a pas encore précisé les options envisagées pour contenir les dépenses de l’Etat.

Le rapport du Comité Action publique 2022 (CAP 22), chargé d’identifier les pistes d’économies possibles via des réformes structurelles devrait être présenté dans les prochaines semaines.

“Pour assurer la crédibilité de la stratégie, il est essentiel de procéder à des réformes des dépenses à tous les niveaux des administrations publiques à compter de la loi de finances 2019”, peut-on lire dans les conclusions de la mission.

Le FMI estime par exemple que les prestations sociales pourraient être mieux ciblées et simplifiées - sujet de polémiques ces dernières semaines - et une rationalisation des niches fiscales et subventions aux entreprises - envisagée dans le cadre du futur projet de loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises).

La réforme des retraites à l’étude “pourrait aussi prévoir de relever progressivement l’âge effectif de départ à la retraite”, est-il souligné dans le rapport.

En ce qui concerne le secteur financier, le FMI valide l’approche des autorités macroprudentielles face à la croissance dynamique de l’endettement privé et les appellent à se tenir prêtes à prendre des mesures supplémentaires.

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, membre du Haut conseil de stabilité financière (HCSF) a déclaré à plusieurs reprises ces derniers mois que cette autorité de supervision du secteur financier se tenait prête à agir pour ralentir la croissance rapide du crédit en France.

Les conclusions de la mission du FMI:

bit.ly/2JcFKuJ

Sophie Louet et Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse

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