June 1, 2018 / 5:54 PM / 6 months ago

Le FN s'appellera désormais Rassemblement national

BRON, Rhône (Reuters) - Les adhérents du Front national ont ratifié le changement de nom du parti d’extrême droite en “Rassemblement national”, une appellation conçue pour le sortir de son isolement et ouvrir une nouvelle ère après quasiment 40 ans de présidence de Jean-Marie Le Pen et les défaites électorales de 2017.

Les adhérents du Front national ont approuvé à 80,81% le changement de nom du parti d'extrême droite en Rassemblement national, a annoncé vendredi Marine Le Pen lors d'un discours à Lyon. /Photo prise le 1er juin 2018/REUTERS/Emmanuel Foudrot

“Cinquante-trois pour cent des adhérents ont participé à ce scrutin et 80,81% ont répondu ‘oui’ à ce changement de nom”, a annoncé Marine Le Pen vendredi soir à l’issue d’un conseil national du FN à Bron, en banlieue lyonnaise.

“Le nom ‘rassemblement national’ (...) ne correspond pas seulement à la stratégie du mouvement national qui est aujourd’hui de s’ouvrir, d’accueillir en son sein et à ses côtés de nouveaux talents, mais il sonne aussi comme un cri de ralliement de tous ces Français qui ne veulent pas se résigner au goutte-à-goutte du déclin”, a-t-elle déclaré.

Cette mue est la manifestation la plus tangible de la “transformation” annoncée par l’ex-candidate à la présidentielle au soir de son échec face à Emmanuel Macron.

Depuis lors, elle s’est évertuée à vanter les mérites d’un changement de nom auprès d’une base parfois dubitative - seuls 52% des adhérents en approuvaient l’idée selon un précédent questionnaire dont les résultats sont demeurés invérifiables.

Aux yeux de Marine Le Pen, cette opération permet notamment de conjurer la méfiance qu’inspire le FN, auquel reste attaché le souvenir de 46 ans de controverses, et donc de faciliter la conclusion d’alliances avec des alliés potentiels.

A cette fin, elle a adressé jeudi une lettre ouverte au souverainiste Nicolas Dupont-Aignan l’appelant à renouveler le pacte scellé dans l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2017, cette fois-ci en vue des élections européennes de 2019.

Concrètement, elle voudrait faire liste commune avec son parti, Debout la France, et rédiger à quatre mains une charte de transformation de l’Union européenne.

Une telle alliance “nous permettrait de sortir en tête” des élections européennes, a estimé Marine Le Pen au cours de son discours prononcé vendredi soir devant environ 200 cadres du mouvement.

Joint par Reuters vendredi, le député de l’Essonne a fait savoir qu’il apporterait sa réponse dimanche, sur France 3, mais récemment il n’a donné aucun signe montrant qu’il serait disposé à répéter l’expérience de 2017.

OMBRE

Depuis son intronisation à la tête du parti, en 2011, Marine Le Pen s’est efforcée de le “dédiaboliser” en le débarrassant des oripeaux de l’époque Jean-Marie Le Pen, exclu en 2015 après des déclarations polémiques sur la Deuxième Guerre mondiale.

Dans un communiqué publié vendredi, l’ex-patriarche de l’extrême droite française a “condamn(é) les inspirateurs comme les exécutants” du changement de nom.

“Le honteux effacement de son identité est le coup le plus rude que le Front national ait jamais reçu depuis sa fondation”, a fustigé le cofondateur du parti, pour qui “c’est aussi une longue et courageuse histoire militante que l’on renie”.

En dévoilant le nom “Rassemblement national” le 11 mars dernier, la députée du Pas-de-Calais avait donné un gage aux partisans du statu quo en promettant de conserver le logo historique, la flamme bleu-blanc-rouge, désormais entourée d’un cercle ouvert.

La dénomination choisie évoque par ailleurs le groupe éphémère que le parti a constitué à l’Assemblée nationale, de 1986 à 1988 - “Front national - Rassemblement national”.

Une autre ombre plane sur Marine Le Pen, celle de sa nièce Marion Maréchal, retirée de la vie politique active depuis un an mais toujours populaire auprès des militants frontistes, qui fait ces temps-ci un retour médiatique retentissant.

L’ex-députée se consacre pour l’heure à la création d’une école de sciences politique, à Lyon, mais elle entretient parallèlement le doute sur sa volonté de redescendre un jour dans l’arène.

Catherine Lagrange avec Simon Carraud à Paris, édité par Yves Clarisse et Myriam Rivet

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