June 1, 2018 / 1:09 PM / 3 months ago

Le gouvernement dévoile ses pistes pour l'audiovisuel public

PARIS (Reuters) - Le gouvernement dévoilera lundi les grandes orientations de sa réforme de l’audiovisuel public qui vise à l’adapter aux nouveaux usages et à la révolution numérique, un dossier explosif qui suscite l’inquiétude des salariés du secteur en raison des économies et des fusions qui pourraient en découler.

Le gouvernement dévoilera lundi les grandes orientations de sa réforme de l'audiovisuel public qui vise à l'adapter aux nouveaux usages et à la révolution numérique, un dossier explosif qui suscite l'inquiétude des salariés du secteur en raison des économies et des fusions qui pourraient en découler. Une réunion aura lieu autour du Premier ministre Edouard Philippe en présence de la ministre de la Culture Françoise Nyssen (photo) et de parlementaires de la majorité. /Photo prise le 8 mai 2018/REUTERS/Jean-Paul Pelissier

Une réunion aura lieu autour du Premier ministre Edouard Philippe en présence de la ministre de la Culture Françoise Nyssen et de parlementaires de la majorité.

Françoise Nyssen présentera ensuite à son ministère et aux côtés des présidents des groupes de l’audiovisuel public ses “priorités stratégiques”, selon Matignon. Le “chiffrage”, qui fait l’objet de toutes les inquiétudes, ne sera pas évoqué.

Un groupe de personnalités va ensuite être mis en place et sera chargé de travailler sur les orientations du gouvernement.

Si rien n’a officiellement fuité sur les arbitrages de l’exécutif, un document du ministère de la Culture dévoilé par Le Monde en novembre laissait entrevoir plusieurs pistes, notamment un regroupement des sociétés au sein d’une structure commune, la suppression de la chaîne France Ô, une diffusion exclusivement numérique de France 4, ou encore un “rapprochement” de France Bleu avec le réseau France 3.

“La question c’est comment est-ce qu’on fait en sorte que l’audiovisuel public puisse affronter un paysage concurrentiel objectivement totalement bouleversé”, souligne un conseiller d’Emmanuel Macron. “Quand vous regardez la structure d’audience et l’âge de son audience et sa présence sur les médias, si rien n’est fait dans 20 ans, même probablement avant, ce sont des entreprises qui sont extrêmement fragilisées.”

“Il est très important qu’on fasse une réforme dans laquelle on leur permette de répondre à la fois aux attentes des auditeurs et des spectateurs et aux enjeux de l’évolution du marché, ça veut dire investir davantage dans les contenu, dans le producteur que dans le diffuseur”, ajoute-t-il.

ENJEU FINANCIER

La réforme de l’audiovisuel public français a donné lieu ces dernières années à plusieurs projets de loi. Plusieurs mesures emblématiques ont été prises, de la suppression de la publicité sur France Télévisions après 20h et la fusion de RFI et France 24 dans l’entité France Médias Monde décidée sous Nicolas Sarkozy à la désignation des présidents des groupes par le CSA et non plus par le chef de l’Etat sous François Hollande.

Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron s’est lui engagé à renforcer l’audiovisuel public et “à accélérer sa transformation numérique en concentrant les moyens sur des chaînes moins nombreuses mais pleinement dédiées à leur mission de service public.”

Il a également appelé à une révision du mode de désignation des dirigeants des groupes qui ne serait plus dévolue au CSA mais aux conseils d’administrations.

Au-delà de la nécessaire adaptation du secteur aux nouveaux usages et à la révolution numérique face à une concurrence accrue notamment de Netflix, l’enjeu est également financier. Quelque 3,9 milliards d’euros ont été consacrés en 2017 à l’audiovisuel public (France Télévisions, Radio France, Arte et France Médias Monde), et sa situation financière est fragile.

Dans un rapport publié en 2017, la Cour des Comptes soulignait que ses résultats nets sont constamment négatifs depuis 2013 et fustigeait “une gouvernance inadaptée, [des] réformes inabouties, [un] modèle économique structurellement fragile et [des] résultats financiers négatifs”.

“Il y a beaucoup d’argent public et c’est légitime qu’il y ait de l’argent public”, a souligné Emmanuel Macron en février lors d’une rencontre avec des journalistes.” Mais il faut qu’on redéfinisse clairement les finalités, les moyens de le faire, la bonne gouvernance, qu’on assure l’indépendance des contenus, leur pluralisme, leur exigence, la vocation même de ce qu’est l’audiovisuel public et qu’on le fasse de manière très apaisée”.

MARCHE SUR DES OEUFS

Pour l’heure, l’exécutif marche sur des oeufs avec un secteur encore échaudé par les propos rapportés - puis démentis - du chef de l’Etat sur un audiovisuel public “honte de la République”, et refuse de parler “chiffrage” et potentielles coupes budgétaires. Selon les Echos, le gouvernement envisagerait toutefois de demander à ces groupes quelque 500 millions d’euros d’économies en cumulé d’ici à 2022.

“On va demander des économies à tous les opérateurs de l’Etat et donc il paraît normal et légitime que l’audiovisuel public y participe”, a souligné vendredi dans un entretien à l’Opinion le député LaRem Gabriel Attal, membre de la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée.

Quant aux effectifs, “il faut regarder société par société, antenne par antenne, comment les moyens sont alloués”.

Les conclusions du comité Action publique (CAP 2022), attendues pour le courant du mois de juin, devraient toutefois donner une première indication, avant la présentation du projet de loi qu’Emmanuel Macron souhaite voir présenter “avant la fin de l’année” en conseil des ministres.

Marine Pennetier, avec Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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