May 30, 2018 / 3:37 PM / 4 months ago

Philippe nie tout désaccord sur les aides sociales

PARIS (Reuters) - Edouard Philippe a démenti mercredi tout désaccord au gouvernement sur une potentielle baisse des aides sociales, une perspective qui continue de faire polémique dans les rangs de l’opposition et suscite des réserves dans la majorité.

Edouard Philippe a démenti mercredi tout désaccord au gouvernement sur une potentielle baisse des aides sociales, une perspective qui continue de faire polémique dans les rangs de l'opposition et suscite des réserves dans la majorité. /Photo prise le 30 mai 2018/REUTERS/François Mori

La réforme du système social actuel, jugé “inefficace” par le couple exécutif, a été l’un des sujets abordés lors du séminaire gouvernemental sur la “transformation de l’action publique” qui s’est tenu à l’Elysée à la mi-journée autour d’Emmanuel Macron.

Deux semaines après un exercice similaire à Matignon, ce rendez-vous gouvernemental est organisé à quelques semaines du très attendu rapport du Comité Action publique 2022 chargé d’identifier des pistes d’économies dans la dépense publique.

Le gouvernement a prévu de diminuer les dépenses publiques de trois points de PIB sur le quinquennat, soit près de 70 milliards d’euros répartis entre Etat, Sécurité sociale, assurance chômage et collectivités locales.

Signe de la sensibilité du sujet, la publication de ce rapport, initialement prévue pour février, a été à plusieurs reprises reportée et devrait être effective au mois de juin.

Les rumeurs sur les pistes qui seront retenues par l’exécutif se sont elles multipliées ces dernière semaines, alimentées notamment par un rapport de la direction du Budget proposant de réduire les prestations sociales.

A ce rapport se sont greffées plusieurs déclarations alambiquées qui ont semé la confusion. Le 20 mai, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a évoqué une baisse des aides sociales à l’emploi conditionnée à l’amélioration de la situation du marché du travail pour redresser les finances publiques.

Trois jours plus tard, revendiquant une “sensibilité différente”, son collègue de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin avait assuré qu’on ne “touchera[it] pas les prestations sociales des gens”.

“À JUSTE TITRE”

Gérald Darmanin “a indiqué à juste titre que le foisonnement, la complexité des aides sociales pouvaient devenir un problème”, a réagi mercredi Edouard Philippe, démentant tout désaccord au sein de son gouvernement.

Plus globalement, “la question n’est pas de savoir s’il y a trop ou pas assez d’aides sociales, la question c’est de savoir si notre modèle social est efficace, s’il produit les résultats que nous espérons voir se produire, s’il est efficace dans son combat contre la pauvreté”, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.

Dans les rangs de l’opposition, qui dénonce depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron une politique “favorable aux plus riches”, la perspective d’une baisse des aides sociales passe mal.

“Il y a la volonté de venir rogner sur les aides des gens qui sont dans la difficulté”, a déploré mardi devant la presse à le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure. “La balance penche toujours du même côté : pour les plus riches, rien n’est assez beau ni assez grand. Pour les autres, c’est toujours trop.”

La présidente du Front national, Marine Le Pen, fait quant à elle un lien entre cette thématique et “la politique ultra- libérale et d’austérité qui est imposée par la Commission (européenne) à l’ensemble des pays européens à l’Italie, à la France, avec les résultats électoraux que l’on connaît”.

Le sujet fait débat jusqu’au sein du groupe La République en marche (LaRem) de l’Assemblée, où une aile “sociale” commence à se détacher tout en restant pour l’instant solidaire du gouvernement au moment de voter les textes.

“Que le gouvernement travaille sur un système social plus efficace, c’est normal”, temporise Pacôme Rupin, député LaRem. “On est tous d’accord pour dire que le système tel qu’il est ne fonctionne pas, qu’il coûte beaucoup trop cher au pays, et donc qu’il faut le transformer”.

“Pour ceux qui ont besoin des aides sociales, il n’est pas question de les baisser”, a-t-il assuré.

Marine Pennetier et Elizabeth Pineau, avec Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below