May 30, 2018 / 1:26 PM / 6 months ago

Des liens entre proches de Mélenchon et prestataires scrutés

PARIS (Reuters) - La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) a fait savoir mercredi qu’elle s’interrogeait sur les liens entre des prestataires de service et l’équipe de campagne de Jean-Luc Mélenchon en 2017.

La CNCCFP a fait savoir mercredi qu'elle s'interrogeait sur les liens entre des prestataires de service et l'équipe de campagne de Jean-Luc Mélenchon en 2017. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé

C’est ce qui a motivé le signalement adressé le 14 mars par la CNCCFP au parquet de Paris, lequel a ordonné en avril une enquête préliminaire pour procéder à des “vérifications”, a dit à Reuters la responsable de la communication de la commission.

Ce signalement portait sur l’association “L’Ère du Peuple”, la société Mediascop et une société civile immobilière gérante d’un local de campagne du leader de La France insoumise (LFI), arrivé en quatrième position au premier tour de la présidentielle, a précisé Frédérique Dooghe.

“La commission s’est interrogée sur des liens qui pourraient exister entre ces trois organismes et l’équipe de campagne”, a-t-elle expliqué. “Apparemment, elle n’a pas eu les réponses qu’elle souhaitait.”

La CNCCFP s’interroge donc notamment sur d’éventuels conflits d’intérêts.

Le parquet a confié à l’Office central de la lutte contre les infractions financières et fiscales (OCLIFF) “le soin de procéder à des vérifications sur une éventuelle violation des prescriptions du code électoral relatives au financement des campagnes électorales”, a déclaré mardi une source judiciaire.

Jean-Luc Mélenchon conteste cette procédure et dit ne pas comprendre comment la CNCCFP a pu à la fois valider ses comptes de campagne et faire un signalement au parquet.

La CNCCFP a répondu mercredi qu’il n’y avait pas là de contradiction. “Ce ne sont pas les mêmes sujets”, a dit à Reuters Frédérique Dooghe. “La commission n’a pas compétence pour répondre aux questions qu’elle a soulevées et donc c’est le parquet qui appréciera.”

Dans sa décision du 21 décembre 2017 sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon, dans laquelle elle a rejeté au demeurant quelque 435.000 euros de dépenses et de recettes, la CNCCFP laisse entrevoir ce qui a pu lui provoquer ses doutes.

MÉLENCHON S’EN PREND À MACRON

Elle suggère ainsi que “L’Ère du Peuple” a surfacturé des “prestations intellectuelles” de quatre de ses salariés, dont trois étaient aussi membres de l’équipe de campagne, et du matériel initialement loué ou obtenu à titre gratuit.

La CNCCFP souligne au passage que “L’Ère du Peuple” relève de la loi de 1901 sur les associations à but non lucratif et n’a pas d’activité commerciale déclarée.

Elle indique par ailleurs que le prix facturé pour 11 prestations par Mediascop “présente des écarts significatifs”, évalués à plus de 35.000 euros au total, avec la grille tarifaire de cette société de communication.

Mediascop avait déjà été chargée de la communication de Jean-Luc Mélenchon lors de sa campagne présidentielle de 2012 et son unique actionnaire, Sophia Chikirou, a été la directrice de communication de sa campagne de 2017.

La commission pointe également du doigt des prestations facturées par Mediascop hors campagne officielle, après le scrutin présidentiel ou pour les élections législatives.

Jean-Luc Mélenchon a de nouveau juré mercredi devant la presse, à l’Assemblée nationale, qu’il avait scrupuleusement respecté les règles du financement électoral.

“Je préviens, je ne tendrai pas la joue gauche”, a déclaré le dirigeant et député de LFI, avant de s’en prendre au chef de l’Etat, Emmanuel Macron.

“Je peux garantir que je n’ai pas réuni de dirigeants de grandes entreprises pour collecter leur argent, je n’ai pas surpayé de collaborateurs dans la campagne (...), je n’ai pas affrété de jet privé pour me déplacer à l’étranger, je n’ai pas bénéficié d’aide d’une collectivité locale, toutes choses qui, aujourd’hui sont en discussion pour ce qui concerne le candidat Macron”, a-t-il dit.

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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