May 22, 2018 / 2:14 PM / 4 months ago

Macron donne rendez-vous aux banlieues en juillet

PARIS (Reuters) - Pas de chiffres mais “une mobilisation générale” pour les quartiers prioritaires : Emmanuel Macron a donné mardi rendez-vous en juillet pour la mise en place d’une première série de mesures visant à améliorer le sort d’habitants désabusés par la dizaine de plans banlieues de ces quarante dernières années.

Pas de chiffres mais "une mobilisation générale" pour les quartiers prioritaires : Emmanuel Macron a donné mardi rendez-vous en juillet pour la mise en place d'une première série de mesures visant à améliorer le sort d'habitants désabusés par la dizaine de plans banlieues de ces quarante dernières années. /Photo prise le 22 mai 2018/REUTERS/Ludovic Marin

“Dans ce contexte de doute extrême, de fêlures où la quatrième génération ne croit plus dans les discours politiques et dans ce contexte de mobilisation, nous nous devons d’inventer ensemble une méthode, un rythme différent”, a dit le chef de l’Etat lors d’un discours à l’Elysée.

Il faut que “partout nos concitoyens retrouvent leur dignité”, mettre en place “une politique d’émancipation” et en finir avec l’”assignation à résidence”, a-t-il souligné devant 600 personnes, dont des habitants et des chefs d’entreprises.

Au-delà d’un point d’étape réalisé “tous les deux mois”, le chef de l’Etat a annoncé qu’il réunirait en juillet les 120 plus grosses entreprises françaises côtées - le SBF 120 -, pour la signature d’une série “de chartes concrètes” en faveur des 1.500 quartiers labélisés “politique de la ville” (QPV).

Plus de 5,5 millions de personnes vivent dans ces quartiers qui affichent encore des taux de chômage et de pauvreté nettement supérieurs à la moyenne nationale et comptent toujours deux fois moins de médecins généralistes, près de cinq fois moins de crèches.

Comme l’avait laissé entendre l’Elysée ces derniers jours, le chef de l’Etat n’a repris que partiellement les mesures du plan de l’ancien ministre de la Ville Jean-Louis Borloo, remis fin avril au Premier ministre Edouard Philippe.

S’exprimant peu avant Emmanuel Macron, Jean-Louis Borloo a souligné que les “banlieues ne demand[aien]t pas d’argent, pas d’assistance, simplement une place dans la République” et défendu son plan “massif de création d’emplois et de reconquête républicaine”.

SÉCURITÉ

Sur le plan de la sécurité, Emmanuel Macron a rappelé la mise en place de la police de sécurité du quotidien (PSQ) et a annoncé un plan de “mobilisation générale contre les trafics de drogue” qui sera finalisé d’”ici le mois de juillet”.

Dans le cadre de la lutte antiterroriste, il a également souhaité la mise en place d’un protocole “très clair” entre les maires et les préfets, notamment concernant les personnes fichées FSPRT (Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste). Des “propositions concrètes” seront faites en ce sens d’ici juillet.

Plus généralement, Emmanuel Macron a appelé à construire “une société de la vigilance” et “non de délation”, avec la mobilisation de l’ensemble des acteurs des quartiers (maires associations, citoyens...) contre “les violences et les dérives”.

AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE/LOGEMENT

D’ici à juillet, l’initiative “coeur de quartiers”, à l’image de l’initiative “coeur de villes”, sera lancée avec une série de projets prioritaires de reconfiguration de certains territoires qui devront voir le jour dans les “six mois”.

“Le temps, c’est aussi de l’argent”, a souligné Emmanuel Macron. “On va bousculer les habitudes prises dont nous avons été parfois complices”.

EDUCATION/EMPLOI

Rappelant son engagement à créer 30.000 places de crèche supplémentaires dans le quinquennat, Emmanuel Macron a estimé que cet effort pouvait être “accéléré” et indiqué que dans les quartiers les plus difficiles l’Etat prendrait sa part avec financement de 1.000 euros par classe.

“Si on veut pousser les parents à reprendre le travail, à avoir une vie normale, il faut pouvoir mettre les enfants à la crèche”, a-t-il dit.

Autre mesure annoncée mardi, la mise à disposition de 30.000 stages par an dans les entreprises publiques et privées afin de répondre à “la grande difficulté pour ces collégiens de trouver des stages de troisième”. Une bourse des stages sera mise en place en septembre “pour des résultats concrets en décembre ou janvier”.

LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS

Sur ce sujet, “j’ai besoin d’une mobilisation générale et je vais demander à tous les partenaires sociaux de se mobiliser pour l’automne dans un grand travail de concertation” et “de me faire des propositions”, a dit Emmanuel Macron. “On ne va pas rajouter une loi anti-discrimination, on a des instruments, c’est déjà interdit”.

Le “testing” sera lui généralisé afin de s’assurer qu’il n’y a pas de discrimination à l’embauche, a précisé le chef de l’Etat, et commencera en septembre avec quarante entreprises du SBF 120 par année.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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