May 20, 2018 / 1:50 PM / 6 months ago

Vers une baisse des aides à l'emploi avec la baisse du chômage

PARIS (Reuters) - Le gouvernement envisage de réduire les prestations sociales dans le domaine de l’emploi si la conjoncture économique le permet pour contribuer à l’amélioration des finances publiques, a déclaré dimanche le ministre de l’Economie et des Finances.

Le gouvernement envisage de réduire les prestations sociales dans le domaine de l'emploi si la conjoncture économique le permet pour contribuer à l'amélioration des finances publiques, a déclaré dimanche le ministre de l'Economie et des Finances. /Photo prise le 27 avril 2018/REUTERS/Stoyan Nenov

“A partir du moment où nous réussissons à créer des emplois dans le secteur privé, à trouver des emplois pour chacun, à mieux qualifier, à mieux former (...), il peut être légitime de réduire la politique sociale sur l’emploi parce que nous aurons résolu économiquement le problème de l’emploi”, a dit Bruno Le Maire lors du Grand Rendez-vous Europe 1-Les Echos-CNEWS.

“Nous ne sommes pas condamnés à compenser les inégalités par toujours plus de dépenses publiques, c’est-à-dire toujours plus d’impôt au bout du compte pour le contribuable”, a-t-il ajouté.

Selon Le Monde, un rapport de la direction du Budget évoque des économies sur les prestations sociales.

Le cabinet du ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a cependant précisé à Reuters qu’il s’agissait d’un “document de travail technique” et souligné que la préparation du budget 2019 n’en était qu’au stade des travaux préparatoires.

Bruno Le Maire a pour sa part rappelé que le volet social constituait quasiment 50% de la dépense publique : “Donc expliquer qu’on va réduire la dépense publique sans rien toucher aux aides sociales ce ne serait pas cohérent et ce ne serait pas juste ni lucide vis-à-vis des Français.”

Pour autant, “cela ne nous interdit pas de continuer à aider les plus fragiles”, a-t-il ajouté, citant notamment les hausses de l’allocation adulte handicapé (AAH) et du minimum vieillesse, ainsi que le maintien du crédit d’impôt pour emploi à domicile.

NI “RABOT” NI “HACHE”

“On ne passe pas le rabot ici ou là, on ne coupe pas à la hache dans des dépenses qui peuvent être utiles, on invente un nouveau modèle économique et social qui traite les inégalités à la racine”, a assuré le ministre.

Le gouvernement a prévu de diminuer les dépenses publiques de trois points de PIB sur le quinquennat, soit près de 70 milliards d’euros répartis entre Etat, Sécurité sociale, assurance chômage et collectivités locales.

Ainsi, 322 grandes collectivités doivent signer d’ici fin juin des contrats de performance financière limitant le rythme de croissance de leurs dépenses.

Les options envisagées concernant l’Etat n’ont pas encore été précisées et le rapport du Comité Action publique 2022 chargé d’identifier des pistes, d’abord annoncé pour février 2018, devrait être présenté début juin, selon Bruno Le Maire.

“Nous allons continuer à réduire la dépense publique dans les ministères”, car “chacun doit porter sa part du fardeau”, a dit le ministre de l’Economie et des Finances.

Bercy réduira, par exemple les moyens engagés pour les directions régionales des entreprises et baissera de 10% ceux de la représentation du ministère de l’Economie et des Finances à l’étranger, a-t-il précisé en évoquant un “effort important”.

Au-delà de la dépense publique, le gouvernement vise une baisse d’un point du taux de prélèvements obligatoires d’ici 2022 et Bruno Le Maire s’est engagé à plusieurs reprises à ne pas créer de nouvel impôt au cours du quinquennat.

SUJETS SENSIBLES EN SUSPENS

Restant sur cette ligne, il a précisé qu’il n’était “pas favorable” à la proposition d’autoriser les départements à augmenter le plafond des droits de mutation à titre onéreux (DMTO, appelés communément “frais de notaires”, qui recouvrent également les taxes liées à la vente d’un bien immobilier).

Il estime que ce n’est pas une bonne solution parce que cela alourdirait les impôts et réduirait la mobilité des salariés, décisive pour lutter contre le chômage.

Cette proposition faite jeudi lors d’une réunion de la Conférence nationale des territoires avec le Premier ministre, Edouard Philippe n’a été définitivement validée “ni par les uns ni par les autres”, a précisé Bruno Le Maire.

L’Association des départements de France avait annoncé jeudi avoir “accueilli avec intérêt” l’idée de déplafonner les DMTO, “qui permettrait de dégager de nouvelles recettes et d’abonder les ressources des départements les plus démunis”.

Bruno Le Maire s’est par ailleurs prononcé en faveur d’un maintien de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires mais l’arbitrage définitif n’a pas encore été rendu, a-t-il dit.

“Nous avons dit que nous supprimerions la taxe d’habitation, nous le ferons, mais nous le faisons (...) sur la résidence principale. Ça ne me paraît pas juste d’aller expliquer que l’on va aussi la supprimer sur la résidence secondaire.”

Myriam Rivet, édité par Emmanuel Jarry

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