May 17, 2018 / 5:48 PM / 5 months ago

Paris veut enclencher une "dynamique" contre les armes chimiques

PARIS (Reuters) - La France réunit vendredi les membres du “Partenariat international contre l’impunité de l’utilisation d’armes chimiques”, qu’elle a lancé en janvier, pour tenter de pousser son projet de mécanisme d’enquête et d’incrimination malgré l’hostilité de la Russie et de l’Iran.

La France réunit vendredi les membres du "Partenariat international contre l'impunité de l'utilisation d'armes chimiques", qu'elle a lancé en janvier, pour tenter de pousser son projet de mécanisme d'enquête et d'incrimination malgré l'hostilité de la Russie et de l'Iran. /Photo prise le 23 janvier 2018/REUTERS/Philippe Wojazer

Cette coalition, dont 33 Etats et organisations sont parties prenantes, a pour ambition de contribuer aux enquêtes internationales sur des attaques chimiques présumées et de compléter les listes de personnes et entités impliquées dans l’usage d’armes chimiques.

Paris a pris cette initiative à la suite du veto de la Russie, en novembre dernier, au renouvellement du Mécanisme d’enquête conjoint créé en 2015 par le Conseil de sécurité de l’Onu avec l’Organisation internationale pour l’interdiction des armes chimiques afin de déterminer les responsabilités dans les attaques chimiques présumées en Syrie.

Si l’OIAC, créée en 1997 et basée à La Haye, veille au respect de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques de 1992 et travaille à établir la survenance d’attaques dans ce domaine, elle n’est pas habilitée à en déterminer l’origine.

“Nous n’acceptons pas que le blocage de la Russie nous amène à cette situation d’un régime incomplet”, souligne-t-on de source diplomatique française.

La France, explique-t-on de même source, entend faire du “Partenariat” une “force motrice” au sein de l’OIAC. “Avec l’élargissement du Partenariat, nous voulons ancrer cette dynamique politique”.

Le projet français risque toutefois de se heurter à l’opposition de la Russie et de l’Iran, notamment.

Les décisions de l’OIAC doivent être approuvées par un vote de son conseil exécutif, formé de 41 membres, avec un quorum minimal de 28 voix. Ce seuil n’ayant pu être atteint, les dernières initiatives de l’organisation pour condamner les frappes chimiques imputées aux forces syriennes ont échoué.

L’initiative pourrait toutefois être soumise directement aux 192 Etats membres de l’OIAC, qui peuvent être sollicités pour assurer le respect de la Convention sur les armes chimiques.

Vendredi, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, évoquera notamment avec ses interlocuteurs l’attaque du 7 avril dans la localité syrienne de Douma, le rapport de l’OIAC sur l’attaque au chlore survenue le 7 février à Saraqeb, ainsi que la tentative d’empoisonnement de l’ex-agent des services de renseignement russes Sergueï Skripal et de sa fille, le 4 mars à Salisbury.

L’OIAC, récompensée en 2013 du prix Nobel de la paix pour ses efforts de démantèlement de l’arsenal chimique syrien, attend actuellement le rapport de ses enquêteurs dépêchés à Douma.

John Irish, Sophie Louet pour le service français, édité par Yves Clarisse

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