May 15, 2018 / 5:28 AM / 3 months ago

Merkel au secours de l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien

BERLIN/LONDRES (Reuters) - Au lendemain de l’accord de principe trouvé à Bruxelles entre l’Iran et les Européens, Angela Merkel a de nouveau plaidé mercredi pour le respect de l’accord de Vienne sur le programme nucléaire iranien, malgré le retrait américain annoncé la semaine dernière par Donald Trump.

Au lendemain de l'accord de principe trouvé à Bruxelles entre l'Iran et les Européens, Angela Merkel a de nouveau plaidé mercredi pour le respect de l'accord de Vienne sur le programme nucléaire iranien, malgré le retrait américain annoncé la semaine dernière par Donald Trump. /Photo prise le 16 mai 2018/REUTERS/Hannibal Hanschke

“La question est de savoir si on se parle mieux en mettant fin à un accord ou en le préservant (...) Nous répondons qu’on se parle mieux en le préservant”, a déclaré la chancelière allemande devant le Bundestag.

“Cet accord est tout sauf idéal, mais, d’après ce qu’en savent les autorités nucléaires internationales, l’Iran respecte les engagements pris dans ce cadre”, a-t-elle poursuivi.

L’accord conclu le 14 juillet 2015 à Vienne par l’Iran, les membres permanent du Conseil de sécurité de l’Onu (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, chine) et l’Allemagne au terme de 12 ans de difficiles négociations limite strictement les activités nucléaires de la République islamique en échange d’une levée progressive des sanctions internationales.

Donald Trump, qui le qualifie de “pire accord” jamais négocié par les Etats-Unis, lui reproche notamment de ne couvrir ni le programme balistique de Téhéran ni son rôle dans les conflits du Moyen-Orient. Les signataires européens cherchent désormais à le convaincre qu’il s’agit du meilleur moyen de garantir que l’Iran ne devienne pas une puissance nucléaire.

Les ministres français, allemand et britannique des affaires étrangères, qui ont reçu leur homologue iranien mardi à Bruxelles, ont promis de tout faire pour le sauver, mais reconnaissent qu’il leur sera difficile de fournir aux autorités iraniennes les garanties qu’elles réclament pour continuer à respecter leurs engagements.

“L’OPTIMISME N’EST PAS DÉBORDANT”

Federica Mogherini, porte-parole de la diplomatie européenne, a annoncé la formation d’une équipe d’experts chargée de réfléchir aux moyens à mettre en oeuvre pour permettre à l’Iran et aux compagnies étrangères qui y sont actives d’échapper aux sanctions américaines, notamment dans les secteurs pétrolier et bancaire.

Quelques minutes avant le début de la réunion de mardi à Bruxelles, le département américain du Trésor avait annoncé de nouvelles sanctions à l’encontre du gouverneur de la banque centrale iranienne pour des transferts de fonds en faveur des gardiens de la Révolution.

“Avec des mesures aussi destructrices, le gouvernement américain cherche à influencer les autres signataires (...)” s’est indigné mercredi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

Pour le président iranien, Donald Trump ne s’attendait pas à ce que Téhéran cherche à sauver l’accord après le retrait américain. “Trump a joué sa première carte, mais n’avait pas prévu la deuxième”, a ironisé Hassan Rohani, cité mercredi par l’agence Isna.

Les Etats-Unis, a-t-il poursuivi, “pensent qu’ils peuvent faire plier la nation iranienne avec des sanctions ou même des menaces de guerre (...) La nation iranienne résistera au complot américain”.

Le plus proche conseiller de l’ayatollah Khamenei, guide suprême de la Révolution, a quant à lui douté que Paris, Londres et Berlin soient en mesure de sauver l’accord. “J’espère que nous aurons des résultats, mais (...) nous devons devenir autonomes”, a estimé Ali Akbar Velayati.

A Bruxelles, on admet que les efforts déployés par les Européens pour sauver le Plan d’action global conjoint (PAGC) risquent de ne pas suffire.

“Ne nous leurrons pas. Il n’y a pas grand-chose que nous puissions faire. Nous n’avons pas grand-chose pour menacer les Américains. L’optimisme n’est pas débordant”, a reconnu un diplomate.

Selon des sources proches des discussions, un représentant de la compagnie pétrolière iranienne NIOC a rencontré lundi des responsables chinois pour leur demander de continuer à importer du brut iranien, mais n’a pas pu obtenir de garanties.

Jean-Philippe Lefief pour le service français

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