April 6, 2018 / 2:35 PM / in 8 months

Primeurs d’un Bordeaux millésimé 2017 marqué par le gel

BORDEAUX (Reuters) - La semaine de dégustation en primeurs de la dernière vendange s’ouvre lundi dans le vignoble de Bordeaux, marqué par un millésime 2017 très hétérogène en raison du gel printanier qui a réduit considérablement les volumes.

La semaine de dégustation en primeurs de la dernière vendange s’ouvre lundi dans le vignoble de Bordeaux, marqué par un millésime 2017 très hétérogène en raison du gel printanier qui a réduit considérablement les volumes. /Photo d'archives/REUTERS/Régis Duvignau

Les 20 et 26 avril 2017, la température nocturne est descendue à deux reprises jusqu’à -6° en Gironde.

Les parcelles des 116.000 hectares du vignoble ont été différemment affectées, selon leur situation géographique et leur exposition. La grêle de la fin du mois d’août n’a pas amélioré la situation de certaines propriétés qui ont parfois été touchées par le gel à près de 100% quand d’autres s’en tiraient quasiment sans dommage.

    Au final, le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) a annoncé un volume de récolte de 3,50 millions d’hectolitres, soit une baisse de 39% par rapport à 2016 (5,77 millions d’hectolitres), et la plus faible vendange depuis 1991, année d’un gel massif en Bordelais.

    Dans ce contexte, la semaine de dégustation des primeurs, vitrine des grands crus qui donne le ton d’un millésime, s’annonce cruciale.

    Depuis plus de 40 ans, ce marché accueille quelque 6.000 professionnels du monde entier, des négociants, importateurs, grossistes, journalistes spécialisés qui viennent goûter et noter des vins encore en élevage dans les chais.

    C’est à partir de ces dégustations que seront ensuite fixés les prix d’un vin qui ne sera livré que 18 mois plus tard.

    “J’attends une bonne surprise de la part de nos clients et de la presse concernant un millésime qui a été malmené localement par des aléas climatiques. Il va falloir déguster de façon assez large. Mais globalement, on n’a pas à avoir honte de ce qu’on a fait à Bordeaux cette année”, juge Ariane Khaida, directrice générale du groupe Duclot, un des grands négociants de la place.

“DE TRÈS BONNES SURPRISES”

Dans le Bordelais, certains crus ont été tellement touchés qu’ils ne présenteront pas de millésime 2017 en primeurs. D’autres ont eu plus de chance comme dans une partie du Médoc.

    “Certaines appellations de la rive droite (Saint-Emilion, Pomerol, Fronsac-NDLR), Pessac-Léognan et les Graves font partie des appellations les plus touchées”, relève Philibert Perrin, président du syndicat viticole des Pessac-Léognan.

Certaines propriétés ont été particulièrement affectées avec 2/3 de récolte en moins voire plus. “Sur notre appellation Pessac-Léognan, on est en moyenne à 33% de moins sur le rouge et à 42% sur le blanc par rapport à l’année précédente.”

Celui qui est aussi co-propriétaire du Château Carbonnieux reconnaît que « pour les rouges, la climatologie ayant été moins parfaite que les deux années précédentes, on n’est pas sur un millésime de la qualité des deux précédents”. Il s’attend toutefois à de “très bonnes surprises ».

   Olivier Bernard, qui préside l’Union des grands crus de Bordeaux, confirme : “On n’est pas sur du 2015 et 2016”.

“On est sur une certaine hétérogénéité, avec de grandes différences dans une même appellation ou dans des appellations très voisines. Mais, globalement, ce qui n’a pas été gelé s’en sort bien”.

Les exploitations en difficulté ne seront-elles pas tentées de faire monter les prix ?

    “C’est un millésime qui aura coûté plus cher en raison du travail supplémentaire post-gel, et qui est porté par une quantité moindre. Ça peut tendre le marché, mais ça ne le tendra qu’à partir du moment où le prix final sera en adéquation avec la demande du consommateur”, estime Ariane Khaida.

    “Pour moi, il n’y a aucune raison d’imaginer que les consommateurs achètent le 2017 au même prix que le 2015 et le 2016. Le Bordeaux, pour moi, devrait se situer entre le 2014 et le 2015”, note Olivier Bernard.

Claude Canellas, édité par Sophie Louet

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