March 15, 2018 / 10:11 AM / 9 months ago

Les syndicats de la SNCF appellent à une grève longue

PARIS (Reuters) - Les syndicats de la SNCF, décidés à faire reculer l’exécutif sur la réforme du système ferroviaire, ont appelé jeudi les cheminots à entamer à partir des 3 et 4 avril une grève perlée qui pourrait s’étaler sur plusieurs semaines.

Les syndicats de la SNCF, décidés à faire reculer l'exécutif sur la réforme du système ferroviaire, ont appelé jeudi les cheminots à entamer à partir des 3 et 4 avril une grève perlée qui pourrait s'étaler sur plusieurs semaines. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé

Les quatre organisations représentatives, la CGT-Cheminots, l’Unsa-Ferroviaire, Sud-Rail et la CFDT-Cheminots, se sont mises d’accord sur un calendrier de deux jours de grève sur cinq allant potentiellement jusqu’au 28 juin.

“Face à un gouvernement autoritaire, il sera nécessaire d’être en capacité de tenir un conflit intensif sur une très longue durée”, a déclaré à la presse le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Laurent Brun, lors d’une pause au milieu des discussions entre fédérations.

Pour Didier Aubert, de la CFDT-Cheminots, c’est une forme de mobilisation “innovante”.

“L’avenir du ferroviaire ne se jouera pas qu’avec la mobilisation des cheminots, il se jouera aussi avec l’opinion publique, nos usagers, nos clients”, a-t-il ajouté.

Le calendrier retenu fait alterner deux jours de grève avec trois jours d’activité normale, une formule qui permet de ne pas empiéter sur certains week-ends.

Les organisations syndicales doivent se retrouver à nouveau le 21 mars pour “établir plus précisément l’appel”, selon Laurent Brun.

Sud-Rail consultera sa base à partir du 4 avril pour confirmer la méthode.

Déjà échaudées par la remise du rapport dit Spinetta remis à la mi-février, les quatre organisations dénoncent entre autres la fin programmée du statut des cheminots pour les nouvelles recrues, l’ouverture à la concurrence et le recours de l’exécutif aux ordonnances pour faire passer la réforme.

“DU GRAIN À MOUDRE”

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a dit ne pas comprendre ce mouvement qui survient alors que la concertation ouverte avec l’ensemble des acteurs du transport ferroviaire doit en théorie se poursuivre jusqu’à la fin avril.

“Ça serait très pénalisant pour les usagers donc (...) personne n’a intérêt à entrer dans une logique de conflit et c’est d’autant moins compréhensible que la concertation, la négociation est en cours et je le redis, il y a du grain à moudre”, a-t-elle réagi sur BFMTV.

Les discussions ont porté leurs premiers fruits, a-t-elle dit plus tôt dans la journée, répétant que le détail du texte de loi serait bâti à partir de ces discussions.

Elisabeth Borne a présenté mercredi au conseil des ministres le projet de loi autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances, en soulignant qu’il s’agissait de remplacer les articles d’habilitation par des articles classiques au fur et à mesure de la concertation.

Le projet de loi sera examiné en avril à l’Assemblée et au Sénat en mai. Il prévoit notamment l’organisation de l’ouverture à la concurrence et une transformation de la gestion du personnel permettant l’arrêt des recrutements au statut de cheminot.

“POINTS D’INQUIÉTUDE”

Le gouvernement a parallèlement demandé à la SNCF d’engager un plan stratégique “pour aligner ses coûts sur les standards européens”, en soulignant que le rapport Spinetta établissait un écart de 30%, mieux organiser le travail et renforcer la productivité.

Les dirigeants de la SNCF ont présenté jeudi le programme de travail visant à établir ce plan à l’issue d’une concertation avec les salariés prévue jusqu’à la fin juillet.

Les discussions porteront notamment sur l’élaboration du cadre contractuel pour ceux qui seront embauchés après l’arrêt des recrutements au statut de cheminot - à une date que la concertation avec le ministère doit établir.

“Ce cadre reste à construire. Aujourd’hui, il y a 15.000 contractuels dans l’entreprise mais on a envie de rendre ce cadre contractuel plus attractif et plus motivant”, a dit le président du directoire de SNCF, Guillaume Pepy.

“Il y a du grain à moudre à partir d’objectifs qui sont clairs mais les moyens d’atteindre ces objectifs sont à construire dans la concertation”, a-t-il ajouté.

Interrogé sur l’opposition des syndicats à la réforme, il a répondu : “face à des points d’inquiétude, la seule réponse, c’est la discussion et ensuite l’action.”

Selon un sondage Odoxa pour BFM Business, Challenges et Aviva Assurances publié jeudi, 63% des Français jugent “injustifiée” la menace de grève reconductible des syndicats de la SNCF.

Caroline Pailliez, Jean-Baptiste Vey et Sophie Louet, édité par Yves Clarisse et Simon Carraud

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below