March 15, 2018 / 11:15 AM / 9 months ago

Les retraités se mobilisent contre la CSG, l'exécutif inflexible

PARIS (Reuters) - Le gouvernement est resté inflexible face aux revendications des retraités, qui ont manifesté jeudi pour la seconde fois en France pour dénoncer l’érosion de leur pouvoir d’achat lié à la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG).

Le gouvernement est resté inflexible face aux revendications des retraités, qui ont manifesté jeudi pour la seconde fois en France pour dénoncer l'érosion de leur pouvoir d'achat lié à la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG). /Photo prise le 15 mars 2018/REUTERS/Gonzalo Fuentes

Les retraités, qui avaient déjà défilé en septembre dernier, répondaient à l’appel de neuf syndicats et organisations pour protester contre l’augmentation de 1,7 point de CSG appliquée depuis le 1er janvier dernier pour financer la baisse des cotisations des salariés du privé.

Le mouvement se doublait d’une nouvelle mobilisation des personnels des Ehpad (maisons de retraite médicalisées) qui réclament plus de moyens humains et financiers.

Les “seniors”, qui ont massivement voté pour Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle (74%), ont découvert pour beaucoup avec désenchantement les répercussions de cette mesure sur les premières pensions de 2018 versées début février.

Dans la manifestation parisienne, Simone Roger, 71 ans et une retraite de 2.200 euros par mois, regrette d’avoir contribué à envoyer le jeune candidat Macron à l’Elysée.

“Il devrait faire attention, parce que les retraités votent beaucoup”, a-t-elle dit. “Je trouvais bien son idée d’être à la fois de droite et gauche. Mais en fait il n’est que de droite.”

France Raulet, 64 ans et 3.500 euros de retraite avec son mari, n’a pas voté l’an dernier mais n’en pense pas moins.

“On est ici parce que cette mesure (la hausse de la CSG-NDLR) est profondément injuste”, a-t-elle dit. “Et en plus on doit subir des leçons de morale, on nous dit qu’on doit faire un effort pour aider nos enfants et petits-enfants.”

MACRON ASSUME

Les manifestants étaient 10.000 dans les rues de Bordeaux selon les organisateurs - 2.200 selon la préfecture -, et la préfecture de Paris a compté 7.200 retraités dans la capitale.

Le gouvernement avait annoncé que seuls les retraités percevant plus de 1.200 euros bruts mensuels seraient concernés mais l’équation est plus complexe, puisque le revenu fiscal de référence et le quotient familial du foyer sont pris en compte.

Les retraites subissent en outre les effets de la taxe de 0,3% sur leur pension au titre de la CASA (Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie) mise en oeuvre en 2013, de la suppression de la demi-part fiscale pour les parents isolés (2008) et du gel de la revalorisation des pensions.

Lors d’un déplacement à Tours mercredi, Emmanuel Macron a été interpellé par plusieurs retraités qui accusaient le gouvernement de “pomper” leurs revenus. “Je vous demande un petit effort pour ceux qui travaillent, sinon il n’y aura personne pour payer vos retraites”, a répondu le chef de l’Etat.

Dans un communiqué diffusé jeudi, La République en marche souligne la nécessité d’une “solidarité intergénérationnelle pour soutenir la génération au travail”.

“UNE QUESTION DE CALENDRIER”

“La contribution demandée aux retraités sera compensée par la suppression progressive de la taxe d’habitation (...) et par le crédit d’impôt sur les services à la personne dont bénéficient, cette année aussi, tous les retraités”, déclare le parti majoritaire.

L’exonération de la taxe d’habitation pour 80% des contribuables s’amorcera en octobre avec une première baisse de 30%, puis de 65% en 2019 jusqu’à la suppression en 2020.

Le gouvernement souligne que 40% des retraités ne sont pas concernés par l’augmentation de la CSG et que pour les 60% restants, le préjudice se chiffrera en “quelques dizaines, ou quelques centaines d’euros”.

“La suppression de la taxe d’habitation pour l’ensemble des Français permettra aux retraités de s’y retrouver. Mais c’est une question de calendrier”, a plaidé sur Sud Radio Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l’Intérieur.

Christophe Castaner, délégué général de La République en Marche et secrétaire d’Etat aux Relations avec le parlement, a défendu une mesure “impopulaire” mais “juste”.

“Peut-être qu’on parlera plus le mois prochain aussi des trente euros d’augmentation du minimum vieillesse, (...), ça n’est pas arrivé depuis cinq ans”, a-t-il dit sur franceinfo.

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, juge “normale” la colère des retraités.

“La solidarité intergénérationnelle, ce sont les actifs qui cotisent pour payer les pensions des retraités et acquérir des droits pour leur retraite. Là, il y a une perte réelle de pouvoir d’achat”, a-t-il estimé sur LCI.

“Quand on touche 1.200 euros par mois, la perte de 25 euros c’est beaucoup”, a-t-il ajouté.

Sophie Louet, avec Ingrid Melander et Julie Carriat, édité par Yves Clarisse

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